Oeuvre d'art Dadaïsme

 

 

Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez consciencieusement
dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire."

In "Manifeste sur l’amour faible et l’amour amer", composé en 1920 (et paru dans La vie des lettres n°4, 1921). Reproduit p. 64 in Tristan Tzara, Sept manifestes Dada – Lampisteries, J.J. Pauvert, 160 pages, 1979,

Mots clés Technorati : ,
Publicités

"

  1. Michèle dit :

    absolument génial cette recette littéraire
    je vais essayer pour voir
    bisous bis

  2. Jacques dit :

    Vous qui aimez toujours autant les beaux textes, je vous en propose un autre qui, sûrement, va vous plaire:

    AVOIR et ÊTRE
    Loin des vieux livres de grammaire,
    Écoutez comment un beau soir,
    Ma mère m’enseigna les mystères
    Du verbe être et du verbe avoir.
    Parmi mes meilleurs auxiliaires,
    Il est deux verbes originaux.
    Avoir et Être étaient deux frères
    Que j’ai connus dès le berceau.
    Bien qu’opposés de caractère,
    On pouvait les croire jumeaux,
    Tant leur histoire est singulière.
    Mais ces deux frères étaient rivaux.
    Ce qu’Avoir aurait voulu être
    Être voulait toujours l’avoir.
    À ne vouloir ni dieu ni maître,
    Le verbe Être s’est fait avoir.
    Son frère Avoir était en banque
    Et faisait un grand numéro,
    Alors qu’Être, toujours en manque.
    Souffrait beaucoup dans son ego.
    Pendant qu’Être apprenait à lire
    Et faisait ses humanités,
    De son côté sans rien lui dire
    Avoir apprenait à compter.
    Et il amassait des fortunes En avoirs, en liquidités, Pendant qu’Être, un peu dans la lune S’était laissé déposséder.
    Avoir était ostentatoire
    Lorsqu’il se montrait généreux,
    Être en revanche, et c’est notoire,
    Est bien souvent présomptueux.
    Avoir voyage en classe Affaires.
    Il met tous ses titres à l’abri.
    Alors qu’Être est plus débonnaire,
    Il ne gardera rien pour lui.
    Sa richesse est tout intérieure,
    Ce sont les choses de l’esprit.
    Le verbe Être est tout en pudeur,
    Et sa noblesse est à ce prix.
    Un jour à force de chimères
    Pour parvenir à un accord,
    Entre verbes ça peut se faire,
    Ils conjuguèrent leurs efforts.

    Et pour ne pas perdre la face
    Au milieu des mots rassemblés,
    Ils se sont répartis les tâches
    Pour enfin se réconcilier.
    Le verbe Avoir a besoin d’Être
    Parce qu’être, c’est exister.
    Le verbe Être a besoin d’avoirs
    Pour enrichir ses bons côtés.
    Et de palabres interminables
    En arguties alambiquées,
    Nos deux frères inséparables
    Ont pu être et avoir été.

    Bien cordialement,

    jf.

  3. wail dit :

    svp un commentaire composé sur ce poeme merci de me l écrire sur ce site

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s