Praza do Obradoiro 6 (Santiago de Compostela) by Manuel Bóo.

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Fichier:Muszla Jakuba.svg Jeudi 30 juillet 2009. J’arrive sur la Praza do Obradoiro. Il est tout juste midi. Je ne lève pas de suite les yeux vers la cathédrale, mais, paradoxalement, mon regard se tourne davantage vers les nombreux pèlerins déjà arrivés comme si je voulais retarder le moment de la séparation, le moment où inévitablement, il faudrait commencer la coupure de liens très forts. Ils ont posé leur sac et  assis sur celui-ci ou debout forment de petites tâches colorées. Leurs visages reflètent ce que je ressens dans cet instant unique, .Je peux y lire la satisfaction d’avoir surmonté les difficultés, mais surtout d’avoir eu ce bonheur unique, indéfinissable d’être arrivés au bout de leurs rêves, celui d’arriver à Santiago. J’observe autour de moi d’autres pèlerins, je cherche si j’en connais un. J’aurais voulu partager ce moment avec un de mes compagnons. La magnifique place, immense, dont les pavés usés témoignent du passage de   milliers d’hommes et de femmes ressemble à une mère qui retrouve ses enfants. Assis contre un pilier du Ayuntamiento de Santiago de Compostela, je lève les yeux, la cathédrale s’impose à mes yeux émerveillés. J’avais tant vu d’affiches, de photos, je l’avais tant imaginé et elle était enfin là. Toute son histoire rendait encore plus belle mon aventure. Que l’on soit croyant ou non, à ce moment, émerge en soi un bien-être, une sorte de repos du corps et de l’âme. L’ambiance est empreinte de solennité due au lieu, aux édifices chargés d’histoire qui entourent la cathédrale, aux couleurs, aux mouvements des touristes, aux nombreux jeunes qui apportent une note festive, détendue, presque silencieuse, respectueuse de l’instant.

 Fichier:Muszla Jakuba.svgJ’avais rêvé de ce moment, et comme  pour tout rêve qui se réalise, l’émotion est souvent accompagnée dans l’instant d’une certaine nostalgie. Nostalgie qui déjà dans les dernières étapes commençait à germer. Déjà, la grande aventure de ma vie allait se terminer. Malgré mes efforts, l’idée qu’il allait falloir rentrer, interrompre cette vie “ d’aventurier”, cette vie de nomade, amenait en moi un flot d’interrogations. Que m’avait réellement apporté le Chemin. A quoi avait servi tous ces efforts, ces moments de solitude ? Qu’allais-je faire de tous ces flots d’émotion quotidien ? Comment allais-je assimiler toutes ces rencontres d’hommes et de femmes de tous âges, de toutes nationalités  qui, pendant deux mois étaient devenus mes compagnons. Des compagnons proches puisque nous étions unis dans le même but, même si chacun construisait son propre Chemin ?

File:Santiago Concello 604.jpg

Ayuntamiento de Santiago de Compostela

 

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Fichier:Muszla Jakuba.svgDepuis de nombreuses années, l’idée de “ faire “ Compostelle était en moi. Pour quelle raison ? Je ne saurais le dire. Etant pour le moins sceptique vis à vis de la religion et de sa pratique, cette idée n’en était pas moins ancrée dans mon esprit. Cette idée était en quelque sorte mon refuge quand je vivais des moments difficiles. Un refuge, c’est le mot que je pourrais utiliser pour définir cette envie persistante de partir sur le Chemin. Il est évident que l’on peut associer cette démarche a une idée de fuite, mais je pense qu’il s’agit plutôt, en tout cas pour ma part, de rupture. Partir sur le Chemin pour tenter de se retrouver. De créer une coupure dans mon parcours de vie. Je n’ai pas associé cette démarche à une recherche religieuse, mais plus sûrement à une espérance. L’espérance de voir en moi, de voir les autres, l’espérance d’un nouveau départ.

Et c’est probablement cette espérance qui m’a fait surmonter tous les efforts physiques que représente une marche de plus de 1500 km. C’est cette volonté d’arriver au but que je me suis fixé qui m’a permis d’avancer le long de ces chemins de France et d’Espagne. Car finalement, il est important d’avoir un but pour avancer. Sans but on avance pas, ou on piétine. Un peu comme quand je n’étais pas sûr d’avoir pris le bon chemin et que pendant quelques centaines de mètres j’avançais sans certitude. Et dès que je retrouvais le bon chemin la certitude revenait et mes pas redevenaient plus puissants et plus légers. Avoir un but, un objectif est essentiel et accomplir le Chemin , tellement chargé d’histoire de souffrances, de rencontres, de joies était mon but.

Mon retour étant récent, je me rends compte que Le Camino Françès a pris beaucoup de place dans ma mémoire par rapport au chemin parcouru en France. Cette impression va-t-elle s’atténuer ou est-ce naturellement que le Camino Françès occupe une place particulière ? J’étais frappé et étonné lors de mes rencontres avec des pèlerins qu’ils évoquent eux aussi plus souvent l’Espagne. Est-ce du au temps écoulé ? Pourtant, je voudrais dans ces lignes mettre en évidence le plaisir que j’ai eu à marcher jusqu’à Saint Jean-Pied de Port. Ces magnifiques chemins aux dénivelés variés dans les bois, les forêts. L’Aubrac en particulier, que j’ai eu la chance de parcourir par un temps magnifique. Ces gîtes d’étape, la plupart bien équipés. Ces villes comme Saint Privat d’Allier  St Privat d'Allier en Haute-Loire (GR65 St Jacques de Compostelle).

avec l’accueil chaleureux de Jean-Marc et Marie Lucien, Saint Côme d’Olt où j’ai dormi au Couvent de Malet, magnifique bâtiment.

Estaing petite ville à l’architecture exceptionnelle où l’on a envie de rester quelques jours. Estaing, le château et le pont gothique sur le Lot.

Conques

 

 

 

 

 

 

 

 

             

           Moissac et son cloître    

Auvillar

La Romieu

cloitre de la romieu   Navarrenx Navarrenx (64) <br>Fortifications Vauban: porte des remparts 

Ostabat magnifiée par l’environnement majestueux des Pyrénées. Tous ces lieux qui auraient mérité un arrêt plus long. A ce propos, mais peut-être est-ce un regret, et après tout cela est tout à fait personnel, mais je n’ai jamais pu associer tourisme et Chemin. J’ai peut-être eu tort, mais tout au long de ces deux mois, mon esprit a été entièrement mobilisé par l’accomplissement du Chemin et la recherche de tout ce qu’il pouvait m’apporter et de tout ce que je pouvais apporter aux autres et, il me semblait que je ne devais pas déroger à cette règle. J’aurais vécu cela comme une infidélité à la mission que je devais accomplir. Mais je comprends tout à fait que d’autres pouvaient avoir une vision tout à fait différente. Il en est pour preuve un compagnon Néo-Zélandais avec qui j’ai marché pendant une dizaine de jours, mais cela est bien compréhensible quand on vient de si loin, qui ne voulait rien rater et passait ses après-midi à visiter, prendre des photos. Il était tellement heureux qu’il me donnait l’impression qu’il était à Disneyland. Tout l’étonnait et c’est avec des yeux d’enfants qu’il découvrait la France. J’en étais heureux pour lui. Il a du s’arrêter à Aire-sur-Adour pour repartir chez lui, mais avec la certitude de revenir en 2010 pour finir son Chemin et ce malgré sa hantise de la chaleur, au point qu’il utilisait un parapluie dès que le soleil pointait son nez !! Aire-sur-Adour où je m’en voudrais de ne pas signaler l’accueil d’André et Odile dans leur gîte l’Hospitalet où tout est organisé pour le bien-être des pèlerins qui va jusqu’aux soins des pieds prodigués avec sérieux par André. Merci à tous les deux !

Fichier:Muszla Jakuba.svg Et puis, je ne peux m’empêcher d’évoquer avec nostalgie Le Pays Basque. Ses doux reliefs majestueux. Ses couleurs apaisantes. Son architecture, émouvante de simplicité. Ses chevaux semi-sauvages surgissant au détour du chemin.

 

 

 Fichier:Muszla Jakuba.svg Au départ du Puy, il m’était difficile d’imaginer le Camino Francès, tellement le chemin à parcourir me paraissait long avant d’arriver en Espagne. Il me fallait d’abord parcourir les premières étapes. Découvrir mes possibilités morales et physiques pour enchaîner chaque jour au moins une vingtaine de kilomètres, ce qui ne me paraissait pas évident lorsque je m’entraînais autour de chez moi et qu’il m’arrivait de revenir éreinté alors que je n’avais parcouru qu’une dizaine de kilomètres ! Je ne savais pas, je ne connaissais pas encore la puissance de l’inconscient qui fait que l’on intègre avant chaque étape, la longueur et les difficultés du parcours. Il me fallait être rassuré sur mon rythme de marche, sur la gestion de mes efforts, sur ma faculté d’adaptation à la vie communautaire en gîte, même si j’avais déjà effectué, en matière d’entraînement le trajet de chez moi au Puy pendant une semaine à la mi-avril, qui s’était très bien passé. Il est étonnant se constater quells facultés possède notre esprit à intégrer un certain nombre de kilomètres que celui-ci soit important ou non et constater aussi que s’il faut rajouter des kilomètres à la “ programmation “ ceux-ci deviennent alors des plus difficiles ! Si l’on part avec le projet de parcourir 30 km, pas de problème, mais si l’on part pour 18 km et que l’on doive en parcourir 12 de plus, ceux-ci seront parcourus avec beaucoup de difficultés. Le Chemin se fait autant dans la tête que physiquement. Chaque jour on puise dans nos forces morales lesquelles sont alimentées en permanence par les rencontres, la découverte des paysages, mais surtout par la rencontre avec soi-même au fil du Chemin. Ce qui fait que pour ma part je me suis trouvé souvent dans ma solitude, confronté avec un trop plein d’émotions dont la conséquence se traduisait par des larmes dont il m’était difficile de définir si celles-ci étaient le résultat d’une trop grande sensibilité, de trop de découvertes à la fois, de la confrontation avec moi-même ou encore de l’incertitude de mon état d’esprit à l’arrivée à Santiago. Allais-je, après deux mois sur le Chemin, devenir quelqu’un d’autre ? Allais-je encore me satisfaire de la vie que j’avais mené jusque là ? Allais-je devoir bouleverser celle-ci dès mon retour ? Je me posais réellement ces questions. A cela, il fallait ajouter la fatigue physique au fil des jours qui sûrement m’affaiblissait moralement, bien que chaque jour nouveau soit une nouvelle source d’exaltation face à l’aventure que j’étais en train de vivre.

Fichier:Muszla Jakuba.svg Il m’a donc fallu au moins une quinzaine de jours avant que mon corps et mon esprit s’adaptent à cette nouvelle vie. Je dois dire aussi, que je n’avais jamais marché, ni voyagé non plus et que pour moi tout était nouveau. Je sortais enfin de ma bulle et la découverte de chaque nouveau département et même de chaque village suscitait une  émotion supplémentaire. Il m’était donc difficile, au départ du Puy, d’envisager de parcourir l’Espagne. ll serait bien temps le moment venu, de me préparer à affronter ce Camino tant vanté par tous les pèlerins ! Je vivais chaque étape comme une victoire sur moi-même. Souvent, il arrivait que je découvre la ville d’étape au détour d’un virage, et qu’au loin se dessine le contour du village et de son architecture, le chemin prenait alors à ce moment là une autre dimension, le but était en vue. Puis j’entrais entrait dans la ville ou le village, un peu comme un conquérant, sous le regard soit indifférent, mais aussi parfois admiratif des habitants bien loin de mes préoccupations métaphysiques. Puis l’après-midi s’écoulait entre la douche, le repos, la découverte des compagnons d’étape, le repas du soir, la visite de la ville et pour finir, très souvent la recherche du sommeil. A ce propos, le problème des ronfleurs qui me paraissait insurmontable avant mon départ n’a été finalement qu’un problème secondaire et cela grâce à des boules efficaces !! Il y avait aussi, avant le coucher, la préparation du sac. Je me levais tous les jours à cinq heures et je mettais un point d’honneur à ne pas trop déranger mes compagnons. Je préparais donc mon sac, c’est à dire que je mettais à l’intérieur tout ce dont je n’avais pas besoin pour la nuit. Ainsi, dès le réveil, je n’avais plus qu’à sortir du dortoir avec mon sac à dos, mon sac à viande, mon téléphone et mes boules. je me préparais ensuite soit dans la cuisine, soit dans le salon quand il y en avait un, soit même une ou deux fois dehors à la lumière d’un distributeur de boisson !!

Puis la nouvelle étape se dessinait et immuablement, mais dans un cadre différent, le rituel que j’avais établi se déroulait et je dois dire qu’au bout de mes deux mois j’étais devenu un “ pro “ !

C’est ainsi que j’ai parcouru toutes les étapes françaises, que je ne peux m’empêcher de vous  présenter bien que ce ne soit pas original, tous les pèlerins les connaissent.

Le Puy en Velay – Saint Privat d’Allier ( Où Jean-Marc et Marie Lucien vous ferons passer une soirée conviviale et heureuse qui rassure quand on démarre une telle aventure. Merci encore à tous les deux. ) 24 km

Saint –Privat d’Allier – Saugues 17 km 500

Saugues – Le Sauvage

le Sauvage – Aumont Aubrac ( Surtout ne ratez pas l’aligot de “ La Ferme du Barry “ ! 27 km

Aumont-Aubrac – Nasbinals 27 km

Nasbinals – Saint Côme d’Olt ( Ma première grande étape ) 32 km + 5 km d’étourderie !

Saint- Côme d’Olt – Estaing 17 km

Estaing – Senergues 28 km

Senergues – Conques 9 km

Conques – Livinhac 24 km

Livinhac – Figeac 24 km

Figeac – Cajarc 30 km

Cajarc – Limogne en Quercy 20 km

Limogne en Quercy – Poudally 211 km

Poudally – Cahors 17 km

Cahors – Lascabannes 22 km

Lascabannes – Montcuq 9 km

Montquec – Durfort la Capelette 24 km

Durfort la Capelette  – Moissac 14 km 500

Moissac – Auvillar 20 km 500

Auvillar – Castet Arrouy 22 km

Castet Arrouy – La Romieu 29 km

La Romieu – Larressingle 21 km

Larressingle – Eauze 31 km

Eauze – Nogaro 20 km

Nogaro – Aire- sur- Adour 28 km 500

Aire- sur –Adour – Arzacq 33 km

Arzacq – Arthez en Béarn 26 km 500

Arthez en Béarn – Navarrenx 28 km 900

Navarrenx – Arroue 18 km

Arroue – Ostabat 24 km

Ostabat Saint Jean-Pied de Port 22 km 400

Saint Jean Pied de Port – Orisson 8 km

 

Vue de la terrasse du refuge d’Orisson

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’avais prévu de prendre une journée de repos à Saint Jean Pied de Port, mais après avoir cheminé seul trois semaines,l’affluence des touristes m’a surpris et j’ai préféré passer cette journée au refuge D’Orisson tenu par Jean-jacques Etchandy, un personnage très sympathique. Etant parti de bonne heure de Saint Jean Pied de Port je suis arrivé à 9 heures devant ce refuge et surtout sur cette terrasse qui donne sur la chaîne des Pyrénnées, ce fut un enchantement toute la journée. D’heure en heure, les couleurs changent, la clarté, le ciel , la vue évoluent dans une sérénité silencieuse, apaisante. On peut percevoir sur les visages des pèlerins.

Cette journée de repos me permit de reprendre des forces physiques et morales afin d’affronter cette fameuse montée de Roncevalles ( à l’école, on ne nous apprend pas que Roncevaux se situe en Espagne et que l’on prononce Roncesvalles et Orreaga en basque ) que beaucoup ont eu à faire sous la pluie ou dans le brouillard et il m’est facilement concevable de comprendre les difficultés qu’ils ont put avoir. Mais ce ne fut pas mon cas. Cette montée fut un enchantement et chaque pas dans ce cadre magnifique, par une chaleur très supportable me remplissait de bonheur. Je n’arrivais pas à croire que je marchais vers l’Espagne après avoir déjà parcouru tant de km en France ! Et c’est avec solennité que je passais la frontière symbolisée quelques mètres plus loin par la Fontaine de RFontaine de Roland vers Compostelleoland.

A ce stade, je ne peux m’empêcher d’évoquer Roncesvalles et son dortoir immense. 130 personnes dans un seul dortoir. C’est une expérience que je ne regrette pas d’avoir vécue. Une véritable fourmilière. Un va-et-vient permanent. Ce rassemblement de dizaines de nationalités se préparant a accomplir le Chemin a été un des moments forts de mon aventure.

Le lendemain, c’est la descente ! Et le premier contact avec l’Espagne ! Première étape à Larrasoana où je suis confronté avec l’hébergement, et surtout où je me rends compte qu’il va falloir que je m’organise pour la nourriture. Une seule albergue, sans cuisine. La cuisine a été supprimée, l’année dernière. Pas d’épicerie ! Mais deux restaurants avec un menu à 12 euros, payables d’avance !

Il m’a fallu quelques jours pour m’adapter et je dois avouer que mes premiers pas en Espagne ne furent pas ceux que j’avais imaginé. Dans le même temps, le mot “ aventure “ prenait tout son sens et au fil des jours, je me suis mis au rythme espagnol.Roncevaux : Cloître du XIV° siècle

1- Roncesvalles – Larrasoana  27 km

2- Larrasoanna – Cizur Menor 21 km

3- Cizur Menor –  Puente la Reina – 20 km

4- Puente La Reina – Ayegui 24 km

5- Ayegui – Torres del Rio 27 km

6- Torres del Rio – Logrono 19 km

7- Logrono – Ventosa 19 km

8- Ventosa – Santo Dominguo de la Gazalda 31 km

9- Santo Dominguo de la Gazalda – Belorado 25 km

10- Belorado – Agès 28 km

11- Agès – Burgos 24 km

12- Burgos – Huntanas 30 km

13- Huntanas – Boadilla del Camino 28 km

14- Boadilla del Camino – Carrion de los Condès 26 km 500

15- Carrion de los Condes – San Nicilas del Real Camino 32 km 500

16- San Nicolas del Real Camino – El Burgo Ranero 25 km 500

17- El Burgo Ranero – Arcahueja 29 km

18- Arcahueja – Villandangos del Paramo 29 km 500

19- Villandangos del Paramo – Astorga 29 km

20-Astorga – Rabanal del Camino 19 km 500

21- Rabanal del Camino – Ponferrada 33 km 500

22- Ponferrada – Trabaldo 33 km

23- Trabaldo – Vega de Valcrace 7 km 500 ( repos )

24- Vega de Valcrace – Triacastella 34 km

25- Triacastella – Sarria 18 km

26- Sarria – Gonzar 30 km

27- Gonzar – Melide 30 km

28- Melide – O Predruzzo-Arca de Pino 32 km 500

29- O Pedruzzo-Arca de Pino – Santiago 20 km

Fichier:Muszla Jakuba.svg

A ce stade, je voudrais mettre en exergue la satisfaction d’avoir, sur ce Camino Francès, pu côtoyer de nombreux jeunes. C’est peut-être une impression très personnelle, mais la proximité de tous ces jeunes de toutes nationalités est un des faits marquants de mon voyage. J’ai tout d’abord admiré cette force, cette volonté que souvent les gens de mon âge dénient aux jeunes. Ceux que j’ai côtoyé avaient démarré à Saint Jean Pied de Port et certains, dont des jeunes filles, avaient beaucoup de difficultés à finir les étapes, mais jamais je n’ai lu de renoncement. Tous repartaient le lendemain, plus forts que la veille. Mais ce qui m’émeut encore à cet instant, c’est ce mélange de générations qui se faisait naturellement, dans la bonne humeur et surtout avec beaucoup d’humour. Je pense tout particulièrement à Eduardo, à Yolanda, à Johane, à Héléna, à Patrizia, à Inga, à Marion, à Danièla, à Mathis. Tous ne dépassant pas la trentaine et avec qui j’ai partagé des moments inoubliables de sensibilité, de complicité, et ce malgré la barrière de la langue. Mais il y en eut des dizaines d’autres qui ont marqué mon parcours, je les remercie tous, ils sont tous dans mon cœur et j’espère être dans le leur.

Fichier:Muszla Jakuba.svgUn mois s’est déjà écoulé depuis mon retour, et je ne peux penser à ce Chemin sans que ne me vienne aussitôt à l’esprit cette envie irrépressible de repartir. Qu’ai-je retiré de cette aventure ?

En ce qui me concerne, j’ai compris l’importance du mental sur le physique. Mon mental s’est développé en même temps que mon aptitude physique à supporter les aléas du parcours, les petits bobos, les moments de détresse, de doutes, de solitude. Il m’est arrivé souvent de “ marcher davantage avec ma tête “ qu’avec mes pieds, surtout en fin de parcours. J’ai appris la concentration.

«Marcher, c’est retrouver son instinct primitif, sa place et sa vraie position, son équilibre mental et physique. C’est aller avec soi, sans autre recours que ses jambes et sa tête. Sans autre moteur que celui du coeur, celui du moral.»
[ Jacques Lanzmann ]

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  1. berdepas dit :

    Bravo pour votre courage que j’envie. Vous avez dû rencontrer des paysages , des lieux, des gens d’exception sur votre itinéraire, et ils resteront gravés dans votre mémoire. Merci de nous en faire partager quelques uns.
    Je n’ai pas fait le pélerinage. Mais J’ai visité St Jacques de Compostelle.
    N’avez vous pas été un peu déçu par la noirceur de la Basilique ???

  2. Jacques dit :

    Chapeau bas.
    Je rêve depuis mon adolescence de faire ce pèlerinage, rapport à mon prénom bien entendu.
    Mais le projet ne s’est pas encore concrétisé même si je me suis procuré nombre de documents sur le sujet et si nous en parlons régulièrement entre deux ou trois copains marcheurs.
    je vais lire et relire avec grand intérêt votre texte ci-dessus.

    jf.

  3. Annick Lecourt-VandenBroucke dit :

    Merci pour votre récit et ces magnifiques photos, je me prépare à partir le 27 avril prochain pour la première partie en France (Le Puy St Jean Pied de Port), et ces mots, cet enthousiasme d’être sur le chemin, font que je n’ai qu’une hâte c’est partir.
    Je vais m’attarder plus longuement sur votre parcours, dès que possible.Merci

  4. bonjour ami pèlerin que je reconnais sans t’avoir rencontré.
    Merci de m’avoir permis de revisiter ce magnifique périple. Nous avons réalisé le même parcours: le Gr 65, puis le Camino del Frances- Le Puy en Velay-St Jacques de Compostelle.
    Certes, pas la même année; moi, ce fut en 2005 ( 03-6 au 14-8-2005) Cependant, en regardant tes belles photos, ton parcours, j’ai ressenti une immense vague de souvenirs me submerger, et de nombreux visages sont revenus me visiter, et aussi de belles histoires ont alors resurgi; celles qu’on vit au fil des sentiers de France et d’Espagne.
    Un chanteur (Michel Fugain) dit dans une de ses chansons:
    C’est un beau roman, c’est une belle histoire …
    Nous pourrions parodier ses paroles :
    « C’est un beau chemin, c’est une belle histoire… »
    Bonne route, mon ami
    Cordialement
    Daniel Héliard

  5. chenaud dit :

    C’est curieux ! Où est passé mon commentaire ?
    « C’est un beau chemin, c’est une belle histoire… »
    Bonne route, mon ami

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