Le désir d’écrire pour celui qui le ressent est une source d’introspection, de recherche de soi-même et rien que pour ces deux motifs on doit le respecter.

Le talent, dans cette histoire selon moi, n’est que secondaire. Comment définir un talent meilleur qu’un autre ? Seuls comptent les mots qui ont touché le lecteur. Et s’il n’est pas touché, s’il ne se sent pas en phase, un autre le sera. C’est plus une affaire de sensibilité que de talent.

Ces raisons suffisent pour accorder la plus grande indulgence à celui ou celle qui a surmonté sa pudeur pour exprimer par des mots des sentiments souvent intimes.

Et ne  » voir » un texte que par sa composition, son style ne peut être que restrictif.

Il est évident qu’un texte n’est jamais fini, qu’il n’apporte jamais la satisfaction suprême, qu’il demande beaucoup de travail et de patience, d’humilité. Qu’il doit être abordé avec sérieux.

Un texte a aussi, avant d’être montré, besoin de repos, quelques heures ou même un jour. D’une heure à l’autre le regard change, des mots nouveaux apparaissent comme jaloux de ne pas avoir été choisi en premier

Bien sûr, il y a des auteurs qui à force de travail, d’expériences, de recherches arrivent à produire des mots précis, mais le principal dans l’action d’écrire n’est-il pas tout simplement de faire appel, par une exposition personnelle, aux liens communs que nous avons forcément tous sur l’essence même de la vie.

Et puis, il y a maintenant le net qui permet à chacun de se créer un espace dans lequel chacun peut venir ou pas.  Ceux qui  écrivent à travers ce média ont trouvé là un moyen d’extériorisation légitime, un moyen de s’adresser à l’autre, non pas de l’obliger, mais de l’interpeller amicalement, pacifiquement en s’accrochant à un des multiples fils de cette immense toile d’araignée.

C’est pour certains, aussi une bouée lancée au hasard, pour d’autres un exercice tout à fait personnel qui n’attend aucun retour, pour d’autres encore un espoir d’aller plus loin, pour d’autres encore une manière de conjurer une impression d’infériorité supposée.

Et puis écrire a ceci de magique c’est qu’il suffit parfois de coucher un mot sur l’écran ou sur le papier pour que vienne aussitôt d’autres mots qui formeront une idée de texte ou feront ressurgir une idée qui était, là enfouie dans un coin de la tête, mais qui semblait se cacher. D’autres fois aussi, rien ne vient et il y a alors une sensation physique de manque, comme une partie du corps qui ne voudrait pas fonctionner créant ainsi une frustration. Il suffit alors de patienter, car les mots ne se laissent pas manipuler comme ça, ils décident d’eux-mêmes quand ils doivent s’inscrire dans la réflexion.

Je voulais écrire ce petit mot, à la suite de la lecture d’un billet qui foulait aux pieds les sentiments sincères de personnes, lesquelles en accomplissant ce geste,  même si celui-ci peut paraître parfois narcissique est avant tout un geste envers l’autre et c’est cette vision des écrits du net qui devrait être perçue en premier.

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  1. dubleudansmesnuages dit :

    Très bon moment de lecture. Excellent.

  2. gballand dit :

    Billet qui incite à voir ce qui se passe à la fenêtre de l’écriture…

  3. Lidia dit :

    Tu n’as rien oublié je crois. Tu as tout dit, avec beaucoup de sagesse, de tolérance, et d’amour pour les mots.
    Un regard juste qui comme le dit gballand, incite à se percher humblement vers les autres
    Merci Motpassant.
    Belle journée à toi

  4. helenablue dit :

    oui ce texte est trés juste , autant sur l’écriture , que sur le support qu’est le net …
    Lidia a bien écrit ce que l’on ressent à cette lecture , et l’humilité dans le regard sur l’autre , de l’autre nous raméne à celle envers soi-ùême
    merci à toi
    helena

  5. motpassant dit :

    Merci pour vos mots !

  6. jacques dit :

    « Ceux qui écrivent à travers ce média ont trouvé là un moyen d’extériorisation légitime, un moyen de s’adresser à l’autre, non pas de l’obliger, mais de l’interpeller amicalement, pacifiquement en s’accrochant à un des multiples fils de cette immense toile d’araignée. »

    J’apprécie d’autant plus cette phrase de votre beau texte ci-dessus que vous n’avez pas toujours pensé ou dit cela…

    Donc c’est bien.

    Bonne journée.

    jf.

  7. Coumarine dit :

    ouh là là…comme je te rejoins dans ta vision de l’écriture…

  8. berdepas dit :

    Bien dit. Avec des mots justes. Ces mots que l’on peine parfois à faire surgir du fond de notre mémoire, reflet de nous même, pour exprimer un sentiment, une perception,une sensation.
    Mon coeur balance entre ceux qui sont capables de mettre des mots sur l’indicible, et ceux qui écrivent avec leurs tripes.
    Motpassant a du talent.

  9. laquotidienne dit :

    Ecrire, il me semble, c’est aller au confessionnal en toute liberté ou en liberté surveillée –
    Valériane.

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