Charlotte,

 

Je t’imagine dans Paris, cette ville qui t’attire autant qu’elle te détruit. Cette ville si mystérieuse et si banale.

Je t’imagine les cheveux au vent parcourir les rues étroites, les boulevards. Longer les terrasses garnies de regards qui te traversent pour ton plus grand plaisir.

J’imagine être l’air frais qui pénètre dans ton chemisier par hasard dégrafé et découvrant une peau sucrée, témoin de ta jeunesse insouciante.

Je t’imagine au travail. Curieuse, indépendante, n’acceptant pas l’acceptable et défendant l’innaceptable. Corps tendu, prêt à se détendre pour construire des projets irréels mais dont l’existence te paraît vitale pour satisfaire ton besoin d’absolu.

J’imagine tes yeux tristes et rieurs  lorsqu’ils regardent un film X et que, d’une  main  tu te donnes du plaisir tandis que l’autre, posée sur le portable, t’invites à crier ta solitude.

Et puis, je t’imagine pleurant seule dans ton lit. Pleurant sur ton sort. Sur des erreurs dont tu ne sais plus si elles sont accomplies ou à venir. Pleurant parce que le corps qui se trouvait là, il y a quelques instants est parti, te laissant avec tes incompréhensions, tes interrogations, tes envies.

J’imagine la petite fille que tu étais et que tu es encore. Ne restons-nous pas des éternels enfants aux besoins de tendresse inassouvie. Une tendresse que tu pensais retrouver dans ton monde d’adulte, mais qui, à nouveau s’échappe dès que tu l’approches.

J’imagine les vapeurs de l’alcool recouvrant le temps d’un instant tes souffrances.

J’imagine ton imaginaire. Mon imaginaire se trompe sûrement, mais insiste et s’imagine qu’il peut te sauver.

Il faut que tu te reposes Charlotte. Il faut que tu dormes. Que tu fermes les yeux très fort.

Ps : Toute ressemblance avec une lectrice serait purement fortuite. ( Quoique !- ue)

 

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  1. Lidia dit :

    Oups, un message pour Charlotte !

    Puisque je ne suis pas Charlotte, je me sauve… 🙂
    chutttt…

  2. motpassant dit :

    Jalouse ?

  3. Lidia dit :

    rires… Non en fait je ne suis pas jalouse, enfin si, avec l’homme que j’aime un petit (trop)quand même.

    Mais là, dans ton texte, c’est ta jalousie
    (pudique et discrète) presque une tristesse, un regret que j’ai ressenti. Mais je me trompe souvent…

  4. motpassant dit :

    Lidia, c’est de la fiction ! Inspirée, mais fiction !
    Je dois reconnaître que mon imaginaire en « matière » féminine est très fertile. va savoir pourquoi !

  5. Charl' dit :

    Ce sera ma berceuse pour ce soir… (ça va nettement mieux là tout de suite) (merci) 🙂

  6. Gicerilla dit :

    Restons-nous tous des enfants rêveurs ? Certains semble mieux que d’autres « grandir ». Pourtant je crois qu’en chacun(e) de nous sommeille une Charlotte et il suffit de peu de choses parfois pour la faire ressortir en explosant la gangue d’adulte bien policée que nous mettons tant de tant à tisser…

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