La perception d’un style est purement subjective, aussi ce billet ne représente que ma sensibilité et ne prétend pas apporter une opinion définitive.

J’ai l’impression que le livre est devenu un produit commercial à l’image d’une lessive ou d’une voiture.

Ma réflexion est sûrement naïve, mais, interpellé dans toutes les revues et hebdomadaires sur le dernier ouvrage d’ Anna Gavalda  » La consolante  » je l’ai offert à mon épouse qui avait lu tous ses précédents livres dont un que j’avais aimé particulièrement :  » Je l’aimais  »  et  j’avais été marqué par la sensibilité et surtout  la sensualité de cette femme délaissée par son mari et se retrouvant le temps d’un week-end avec son beau-père.

C’est donc avec impatience, que la semaine dernière , j’ai entamé la lecture de ce livre tant vanté dans la presse.

Mais à mon grand étonnement, je n’ai pas retrouvé ce style  » simple  » qui va droit au but, évite les mots inutiles.

L’écriture de ce livre est en fait le contraire, c’est une suite de phrases souvent incomplètes et encore plus souvent incompréhensibles, au point qu’il m’a été impossible de  » rentrer  » dans l’histoire.

Et c’est à la suite de ce constat que je me suis dit qu’un écrivain pouvait devenir une marque qu’il suffisait de mettre en avant pour faire des profits.

La marque  » Gavalda  » fait vendre, quelque soit le contenu. Elle a réussi sa campagne de marketing dont la principale réussite a été de faire d’ Anna Gavalda, un produit tendance, un produit de référence pour qui veut prétendre avoir des connaissances en littérature.

Peu importe les mots, le style, l’histoire, la marque Gavalda peut dorénavant publier régulièrement un livre en étant sûre de faire des profits importants.

D’autant que dans cette période de pensée unique, il est de plus en plus difficile d’émettre des avis différents sans risque d’imprécations définitives.

Un des précurseurs dans ce genre de produit marketing est Marc Lévy sans aucun doute. Il doit avoir installé toute une série de logiciel sur son ordinateur qui lui permettent de sortir, avec la ponctualité d’un métronome, un livre tous les ans.

Aussi, j’ai pensé vous écrire quelques lignes à la manière  » Gavalda  » :

    J’entends la porte. Elle se referme bruyamment.

    Une lettre…

    Pourquoi suis-je si fatigué ? Le froid… Et Sandra qui n’est   

    toujours pas là. Elle n’est jamais là !

    La lettre est froissée, elle me nargue…

    Le téléphone.

    – Feu-follet ! Réponds !

    Feu-follet ne réponds pas ou elle n’a pas entendu, c’est 

    toujours comme ça avec elle, on ne sait jamais ce qu’il en est.

    Remarque, c’est pareil avec sa mère. Sandra…Si belle…

    A nouveau la sonnerie. Feu-follet répond enfin.

    – C’est maman !

    Elle est loin. Elle me prévient. Pas de quoi se plaindre.

    – Allo.

    – François…

    Silence. 

    – Oui.

    – Je suis très en retard, j’arrive.

    – Où peut-elle être ?

 

Recueil de nouvelles

  • Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part Le Dilettante ( septembre 1999 )
  • Nouvelles à chute, Collectif Magnard (2004 )
Romans
  • L’Échappée belle, France Loisirs (2001 )
  • Je l’aimais, Le Dilettante ( octobre 2003 )
  • Ensemble, c’est tout, Le Dilettante ( mars 2004 )
  • A leurs bons cœurs, Cheminements (2005 ).
  • La Consolante, Le Dilettante (2008 ) (sortie officielle le 11 mars)
Roman pour la jeunesse
  • 35 kilos d’espoir, Bayard Jeunesse (2002 )
Novella
  • Ceux qui savent comprendront, Grand Livre du Mois, nouvelle de 64 pages, 2000

 

 

 

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  1. jacques dit :

    Aviez-vous lu
    « A mots découverts » d’Alain REY ?
    Ce n’est pas tout récent , certes. (2006)
    Mais moi, je suis en train de le finir.
    C’est savoureux. Un vrai régal de mots.
    Ca devrait vous plaire !!!

    jf.

  2. motpassant dit :

    S’agit-il d’Alain Rey le linguiste ?

  3. jacques dit :

    Oui, oui, il s’agit bien de lui.
    Le livre est la transcription de ses chroniques matinales et journalières sur « France Inter ».
    C’est édité chez Robert Laffont.

    jf.

  4. leunamme dit :

    Je suis entièrement d’accord avec votre constat sur certains écrivains tellement starifiés qu’ils deviennent des marques. Phénomène qui n’est pas récent mais qui s’est accéléré ces dernières années.

    Cependant, je vous conseille une revue (que peut-être vous connaissez) qui parle d’auteurs et d’éditeurs peu connus du grand public : le matricule des anges.

  5. berdepas dit :

    Ceci dit, le style Gavalda, dont vous nous donnez un échantillon, correspond, hélas, au goût des nouveaux lecteurs, qui préfèrent les dialogues, les phrases courtes, les points de suspension, aux longues digressions, même lorsqu’elles sont écrites dans un Français parfait.

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