Les effluves de la sécheresse, le sentier caillouteux, le ciel bleu l’engourdissent de bonheur.

Sa démarche est légère et rapide et son regard ne quitte pas la petit village endormi, au loin dans la vallée. Il entend sans les voir les piaillements des oiseaux tandis qu’au-dessus  d’eux une buse glisse sur l’air à la recherche de sa proie.

Dans un coin d’ombre, des plants de menthe sauvage exhalent leur saveur exotique.

Au nord du village, il peut distinguer aisément grâce aux reflets d’une véranda, la maison de la femme qui depuis quelques mois, a transformé et emporté son corps dans un monde qu’il croyait perdu et dont la réalité ne lui est pas encore familière.

Le suit, à quelques mètres, sa femme. La femme avec qui il vit depuis vingt-sept ans et avec qui il a deux enfants, tous deux mariés.

– François, attends-moi !

Mais il ne l’entend pas. Il ne l’entend plus. Il est aux côtés de celle qui a réveillé ses sens. Celle qui lui a rappelé que ses mains pouvaient encore caresser. De procurer un plaisir qu’il ne se croyait plus  capable d’inventer.

A chacune de leurs retrouvailles, leurs corps s’embrasent avec une telle intensité que les repères forgés par la vie n’existent plus ou semblent même n’avoir jamais existé, à l’image de deux adolescents découvrant les frissons de la chair.

– François ! Si on s’arrêtait un moment ? Je suis fatiguée.

François caresse les seins de sa maîtresse. Doucement, les yeux fermés tandis qu’elle, le regard dans le sien gémit doucement. Elle écarte les jambes et le pousse vers son sexe. Il obéit lentement. Elle tient sa tête dans ses longues mains, caressant ses cheveux blancs.

Il boit son plaisir.

– Bon, moi, je m’arrête, fais comme tu veux !

Il distingue dans la vallée, la Moselotte, la rivière se son enfance,la rivière des ses premières pêches, de ses premières baignades et dans laquelle il a appris à nager. La rivière de ses premiers flirts.

Il la connaissait déjà à cette époque. C’était une jeune fille timide. Il ne la voyait que de loin et pensait à l’époque que cette fille n’était pas pour lui. Elle faisait des études et lui travaillait déjà à l’usine voisine.

– François ! Attend-moi !

Elle s’est redressée et s’est retournée. Il la contourne et la pénètre, toujours avec douceur. Elle se donne sans réserve. Il va au devant de ses désirs.

Il retarde au maximum le moment où tous deux, ils laisseront leurs corps les dominer et renverser enfin toutes barrières qui se sont installées au fil du temps.

Il finit par s’asseoir sur une pierre chaude. Il se retourne enfin et l’image de sa femme réapparaît doucement comme dans un brouillard finissant.

– Allez ! On continue ! On a encore du chemin. 

Ps : ce texte est une fiction !

Mots clés Technorati : ,,
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s