Michel Bozon, sociologue, directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques analyse  le << second marché amoureux >> après 35 ans.

Il présente plusieurs cas dont celui de Paul, 60 ans. Mais il y a aussi celui d’Elizabeth, 58 ans, de Nadine, 44 ans et de Annick,35 ans et Claude, 72 ans.

J’ai choisi le cas de Paul et je me contenterai de citer les réflexions de celui-ci à propos de sa vision des rapports avec les femmes à la suite de son divorce après 25 ans de vie commune.

Il avait 45 ans au moment de ce divorce.

Je cite Paul :

 

– Pourquoi se remarier puisque sa première union était parfaite ? Ma vie de famille a été une heureuse parenthèse de vingt-cinq ans.

Tout de suite après son divorce, il rencontre une jeune femme et il applique alors sa nouvelle philosophie :

je cite toujours :

– Ni engagement. Ni obligation. Ensemble dans les moments partagés, célibataire le reste du temps. Chacun fait ce qu’il veut sans comptes à rendre. Et, bien sûr, chacun chez soi, car je ne peux envisager de revivre avec quelqu’un. Devoir prévenir si j’ai deux heures de retard, savoir que quelqu’un m’attends… impossible ! Fini l’exclusivité :  » ça ne veut pas dire que je ne suis pas amoureux, il y a toujours un vrai attachement. mais, de même que je peux aimer mes trois enfants en même temps, de façon différente – car chacun l’est – je suis capable, en toute honnêteté, d’aimer deux femmes.

 

Sa première histoire d’amour dure douze ans.

 

– Au jour le jour < c’est le secret de la longévité >

– On ne se voyait que pour les moments sympas : week-end à l’étranger, soirées à l’Opéra, au théatre… A chaque fois nous avions vraiment envie de nous voir. C’est excitant quand rien n’est acquis, qu’on est toujours obligé de faire des efforts de séduction.

– Mais, attention, insiste-t-il, c’était une véritable histoire d’amour. Même si j’avais des aventures…

– Une situation qui ne convient pas forcément à sa compagne…

– Souvent les femmes ont plus besoin d’être vraiment en couple. Les hommes sont plus volages.

– Je ne mens pas puisqu’elles connaissent les règles du jeu dès le début. Et dès que je fais souffrir, je m’éloigne.

Le temps qui passe ne semble pas lui faire peur.

– Au contraire avec l’âge c’est tout bénéf ! Comme je n’ai jamais été séduisant physiquement, mes atouts se bonifient !Je suis plus cultivé qu’avant, j’ai plus d’esprit, plus d’expérience.

Il ne cherche que les femmes de son âge.

– Plus de cinq ans de différence, c’est louche. Si elle cherche un père, un financier, un protecteur ou un Pygmalion je ne suis pas le bon. j’aime les rapports d’égal à égal.

Seul bémol, la sexualité :

– Elles sont de plus en plus nombreuses à vouloir être amies plutôt qu’amantes.

Il a sa théorie :

A partir de 45 ans toutes les femmes sont disponibles. Qu’elles passent à l’acte ou pas, elles ont décidé qu’elles s’occuperaient d’elles. Ensuite, c’est en deux temps,: juste avant la ménopause, elles vivent un pic de sensualité phénoménal…avant que ça ne chute, petit à petit. Si la volonté et l’envie d’avoir une vie sexuelle persistent, le corps commence à ne plus suivre.

Depuis quatre ans, Paul a trouvé la femme idéale, une Mexicaine :

– Elle ne veut pas d’absence de plus de trois mois; j’ai constaté que treize jours ensemble me suffisaient. On a donc fait une moyenne : on se voit tous les deux mois, en Europe ou en Amérique latine. Quand on se retrouve, on s’est terriblement manqué. On ne partage que du bonheur !

 

On peut constater le  » je  » permanent de Paul ainsi que la certitude que ses nouvelles conquêtes adhèrent à sa  » philosophie  » Pas un instant, il ne s’interroge sur les désirs des femmes dans ce domaine.

 

Voilà, Mesdames, je tenais tout particulièrement à reproduire ces réflexions symboliques définissant assez bien les hommes et au nom de tous mes congénères, je vous demande pardon, mais je me rassure en me disant que ce qu’on veut faire passer pour moderne n’est en fait qu’une continuité de cette perpétuelle incompréhension entres les hommes et les femmes.

Pour être honnête, j’aurais pu choisir le cas de Nadine 45 ans. Si cela vous intéresse, vous pourrez trouver son témoignage dans le magasine Paris-Match N° 3089 du 31 juillet.

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  1. Très intéressant cette volonté bien individuelle de se rebâtir seul, mais à deux. Deux solitudes au JE qui se conjugue dans le temps par des règles très stricte pour que jamais les JE ne deviennent un NOUS. Ce NOUS étant synonyme d’abandon, et surtout du risque de se blesser. Après tout, la seule peur, c’est d’être blessé.

  2. Charl' dit :

    Il est un peu cliché ce Paul hein… 🙂

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