dune

Bonjour, auriez-vous de l’eau de toilette Dune.

Je prononce « dioune »pour faire anglais. Elle me regarde avec commisération.

– Dune de Dior ?

– Oui c’est ça. – Je ne sais jamais s’il faut prononcer en anglais ou en français. D’autant que je ne parle pas anglais !

Je souris bêtement, mais elle ne le voit pas puisqu’elle ne m’a pas encore regardé.

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué le décalage qu’il peut exister entre le style homme qui entre dans une parfumerie et celui des vendeuses. D’autant qu’en raison de la saison et de la chaleur, certains hommes dont je suis, s’affublent de ces affreux bermudas tellement pratiques. Certains vont même et je n’en suis pas ( veuillez me croire ) jusqu’au ridicule en se chaussant de mocassins dans lesquels ils ont gardé leurs chaussettes ! Il ne faut pas oublier le tee-short qui pend ou la chemise ouverte sur des poils autrefois symbole de virilité !

En face de ce tableau, vous avez la vendeuse en parfumerie. Au premier regard vous comprenez que vous n’avez pas affaire une vendeuse de légumes ou de poissons. Vous avez affaire à une vendeuse d’un degré  » supérieur  » qui vend des produits de luxe auquel vous aspirez, mais dont vos moyens ne vous permettent pas d’y accéder. Aussi, dès votre entrée, vous regarde-t-elle comme si vous vous étiez trompé de boutique.

Et elle, elle n’a pas de bermuda ! C’est la grande classe ! D’abord, elle sent bon ! Normal, vous me direz !

Celle de ce matin, donc sentait bon. Elle portait un chemisier d’un blanc immaculé dont le décolleté laissait entrevoir deux seins bien proportionnés enveloppés dans un soutien-gorge gris !

La classe !

Afin de satisfaire à ma demande, elle se dresse sur la pointe des pieds pour saisir le flacon situé un peu trop haut sur les rayons. Ce geste, malgré la jeunesse de la dame semble pourtant lui demander un effort dont apparemment elle n’est pas coutumière, effort qui a surtout pour effet de déranger sa belle harmonie vestimentaire. Elle doit, d’urgence réintégrer le chemisier blanc dans le pantalon de toile blanche transparente au travers duquel on peut, si l’on regarde évidemment, éviter de deviner la présence d’un string , et je ne sais trop pourquoi remonter la mèche de cheveux qui de toute manière même sans bouger lui recouvre la moitié du visage. Un visage d’où ressort principalement des lèvres rouges et brillantes. Les yeux, en revanche paraissent éteints. Était-ce du à la nuit précédente ? Ou des soucis ? Ou et sûrement à cause de ma présence aussi incongrue qu’un chat dans un aquarium ( ça, c’est de moi ) ?

– C’est pour offrir ?

Ce qui voulait dire, si j’interpréte son état d’esprit :

– Si en plus, il faut que je lui fasse un paquet !

– Non, non, c’est pour moi !

Je réponds, fier de laisser entendre que je ne suis pas aussi rustre qu’elle semble le penser, mais non rien n’y fait

– Ça fait 89 euros. Chèque ou carte bleue ?

Non, décidément les vendeuses en parfumerie ne m’aimeront jamais !

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Une réponse "

  1. MBBS dit :

    C’est si bien décrit. Beaucoup d’humour et un brin malicieux votre récit.

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