– Je peux tenir la barre avec vous ?

Sans attendre la réponse, elle se colle contre moi et pose ses mains sur les miennes.

– Attendez, je vais vous montrer.

– Oh, je connais. En fait, je voulais me rapprocher de vous.

Elle guette ma réaction. Qui ne vient pas. Manifestement, elle veut me séduire. Et elle le fait sans retenue.

– Vous voulez vous rapprocher de moi ? C’est à dire ?

Je prends conscience de l’indigence de ma réaction. Elle ne trouble pas et elle presse son corps contre le mien. Ses seins s’écrasent contre ma poitrine.

– Vous n’avez pas envie de moi ? Je ne suis pas assez belle pour vous ?

– Mais…

– Embrassez-moi. Allez, embrassez-moi !

Sa voix a changé. Elle est devenue plus rauque. Elle passe se deux bras autour de mon cou et les yeux fermés, me tend ses lèvres.

Je n’ai plus qu’une idée, c’est de la débarquer. Je ne veux pas entrer dans une aventure aussi malsaine.

– Il vaut mieux que je vous ramène, ce sera plus sage.

J’essaie de la repousser; mais elle persiste.

– Allez, embrassez-moi ! Pourquoi vouloir être sage ? Vous êtes toujours sage ? Vous n’avez jamais envie de faire des folies ? j’ai envie de vous ! J’ai envie de faire l’amour avec vous !

Je suis sûr, maintenant que sa chute n’était pas accidentelle. Qu’elle a tout calculé pour me rejoindre. Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est pourquoi elle a jeté son dévolu sur moi. On dit que j’ai du charme, mais tout de même pas au point de se jeter à l’eau pour moi ! Elle me cache quelque chose. Je dois réagir et me séparer d’elle rapidement.

Je la repousse avec fermeté. Et sur son visage, je lis un mélange de surprise et de déception. Elle recule légèrement, mais elle me touche encore.

– Je crois qu’il vaut mieux en rester là. S’il vous plaît.

– Je ne vous plaît pas ?

– Ce n’est pas le problème ! Vous êtes mariée et je n’ai pas l’habitude de ce genre de comportement.

– Quel comportement ?

D’une main, elle rejette ses cheveux en arrière, découvrant son front, ce qui lui donne un autre aspect et se détourne enfin. J’en profite pour manoeuvrer et me diriger vers la rive.

-Je me rapproche de la rive et je vous ramènerai avec l’annexe.

Elle retourne et je l’entends sangloter. Elle pleure sans retenue, comme une petite fille. Est-ce de la comédie ? Je m’en veux de m’être mis dans cette situation. mon égoïsme latent ressurgit et j’ai envie de la jeter à l’eau. Je déteste être mis devant le fait accomplit. Je préfère me passer de quelque chose plutôt que de réduire mon espace de liberté.

Je m’approche d’elle, doucement.

– Astrid. je n’ai pas voulu vous blesser, il faut me comprendre.

Soudain, sans que je n’ai pu le percevoir, elle relève la tête et ce que je vois me terrifie. Son visage est déformé. Ses yeux découvrent une personne en proie à une crise de folie. Les larmes collent ses cheveux à ses joues rougies par la haine. Elle se jette sur moi et me gifle avec une force et une rapidité étonnante. Je suis oblige de saisir ses deux mains avec forces. elle projette alors ces jambes sur les miennes. Je la prends par la taille et tente de la mettre au sol, mais c’est une véritable furie. Je ne la reconnais pas. Les dents serrées, elle émet des paroles inaudibles. Je parviens à me coucher sur elle et à maintenir son corps en immobilisant ses deux bras au-dessus de sa tête. Elle se tape la tête violemment sur le sol.

– Il faut vous calmer, maintenant, ça suffit !

J’ai crié et j’ai l’impression que cela produit de l’effet. les mouvements de sa tête cessent et elle ouvre enfin les yeux. Je n’ai jamais vécu de telle scène mais ce que je lis dans ceux-ci m’effraye. J’y lis une détresse que seul quelqu’un de malade peut exprimer. Elle est visiblement victime d’un déséquilibre psychologique ponctuel ou pire encore chronique.

– Astrid ! Regardez-moi ! Vous me voyez ?

Son regard me fixe sans me voir ou du moins ai-je cette impression. Sa poitrine se soulève par à-coups, mais peu à peu son corps se détend et je peux relâcher mon étreinte.

– Je suis fatiguée, je voudrais dormir. Laissez-moi me reposer.

– Reposez-vous. Nous verrons plus tard ce qu’il faut faire.

Je la transporte juqu’au canapé où elle s’endort immédiatement.

………….

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Une réponse "

  1. Lidia dit :

    Je souris… en fait, je souris… Il me vient une question stupide, j’ose vous la poser : Comment allait la dame au réveil ?

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