Pendant tout le trajet, elle est restée allongée, sans se préoccuper de savoir si je la voyais ou pas. Je m’efforçais de considérer cette situation comme naturelle, mais je ne pouvais rejeter l’idée que son comportement était pour le moins surprenant. En effet, comment admettre si aisément qu’une inconnue s’incruste ainsi dans ma vie sans que je me pose des questions. Après tout son arrivée sur mon bateau pourrait très bien ne pas être accidentelle. Et si elle avait prémédité cet accident pour rejoindre le bateau. Il me faudrait alors en trouver la cause. J’éprouvais la même impression de malaise que lorsque, dans la nuit, on entend un bruit mystérieux et que vous sentez que quelqu’un va surgir derrière vous.

Le déjeuner ne m’a pas apporté plus d’éclairssissements. Elle a parlé beaucoup. De choses futiles, mais aussi par moments inattendus, de sujets plus graves comme la mort de ses parents dans le crash d’un avion en Afrique. Elle me dit qu’elle avait passé une grande partie de son adolescence là-bas et qu’elle avait beaucoup de nostalgie. Ses yeux, alors s’emplissaient de larmes qu’elle ne pouvait contenir et qui disparaissaient aussi vite qu’elles étaient apparues. Puis , elle passait à autre chose et son joli visage s’éclairait à nouveau de ce sourire dont je ne doutais pas qu’elle en connaisse les effets.

Elle mangeait peu, mais avait apprécié le Bandol rouge 2002 et cela se voyait sur ses joues ! Elle avait cette habitude charmante qu’on les femmes de passer, à l’aide de l’index leurs cheveux derrière les oreilles.

Au détour de la conversation, j’ai appris qu’elle avait une soeur qui habitait dans la région, mais elle ne m’en dit pas plus à ce sujet. Je lui demandais enfin son prénom. J’ai cette timidité de ne jamais tutoyer les femmes, même après avoir fait connaissance de façon plus intime et aussi de ne jamais leur demander leur prénom. Il faut dire également que je ne me présente jamais.

– Je m’appelle Astrid. Et vous ?

– Alain

C’est en silence que nous sommes rentrés au bateau. le temps était toujours beau, mais j’avais hâte de la ramener à terre. Mon malaise ne faiblissait pas, bien que son charme et ses charmes commencaientt tout de même à agir. Elle était le genre de femme que j’apprécie et dans d’autres occasions j’aurais déjà déclenché toutes mes armes pour la séduire. Mais on aurait dit qu’elle me connaissait, je sentais qu’elle allait sans difficulté me contrer. Je sentais qu’elle avait en elle la force de me faire reculer et m’obliger à accepter qu’elle dirige ma vie.

A plusieurs reprises, au cours du repas, je l’ai surpris à me fixer. Si je m’inquiétais de ces regards, elle esquivait, elle me disait qu’elle réfléchissait et son sourire réapparaissait.

…………..

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Une réponse "

  1. MBBS dit :

    je reste sur ma faim…une suite à la suite prévue?

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