Dès la sortie de l’avion, ce qui frappe en premier, c’est la senteur enivrante des argousiers et de la garrigue. Mais ce qui frappe également c’est cette lumière douce et tamisée qui fait tourner la tête.

Le moulin n’est distant que de quelques kilomètres et il faut peu de temps pour pour qu’au détour d’un virage, mon Aleph de dévoile.

Je l’ai vu naître. Je l’ai mis au jour telle une renaissance après un long sommeil.

C’est tellement fort qu’il me faut fermer les yeux pour me fondre dans dans cette nature si accueillante de la Corse.

Pour me fondre dans ce torrent où chaque trou d’eau recèle une truite sauvage.

Pour me fondre dans l’éblouissement de la cascade d’où retentissent les cris des enfants qui plongent dans l’eau fraîche.

Pour me fondre dans ces sentiers abrupts, tournoyant, menant toujours, telle une récompense, vers des endroits idylliques.

Pour me fondre dans l’écume des vagues de la capricieuse Méditerranée.

Pour me fondre dans ces sommets, si proches de la mer qu’ils semblent s’y refléter.

Pour me fondre parmi les petits villages isolés, peuplés de rares habitants curieux et dérangés dans leurs habitudes ancestrales.

Pour me fondre dans ces récitals de chants polyphoniques dont les mélodies passent au travers des corps et les remplissent de frissons.

Et puis aussi pour me fondre dans le maquis hostile et caillouteux, souvent bordé de longs murets de pierres sèches délimitant d’improbables propriétés et se prolongeant parfois jusqu’à toucher la mer et au sein duquel le promeneur peut se perdre aisément.

Pour me fondre dans cette nuit claire au ciel étoilé.

Pour me fondre encore et encore dans ses retrouvailles familiales et admirer le visage des enfants redécouvrant ce qu’ils avaient quitté à regret l’année précédente.

Mon Aleph ne me quitte jamais, il est en moi et même si depuis quelques années, je n’ai pu le côtoyer, physiquement il est toujours au fond de mon coeur, comme un amour non caché, un amour dont je suis fier et que je veux partager.

J’aime aussi cet Aleph pour me fondre dans ses senteurs, dans ses vents, dans ses courants, dans dans sa chaleur, mais aussi dans sa fraîcheur et même parfois sa froideur d’hiver.

Pour me fondre encore dans ses paysages d’automne où les arbres se couvrent d’or chatoyant et rassurant.

Et encore pour me fondre dans ce petit territoire au caractère si particulier, mais à la mesure de l’homme.

Enfin, pour me fondre dans les souvenirs de ma jeunesse.

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