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Depuis plusieurs mois, elle vivait seule, au treizième étage de cette  tour. Elle n’ avait pas encore eu l’ occasion de connaître son voisinage. Son travail lui prenait tout son temps et le retour dans son appartement, agréable, clair et meublé avec goût était toujours un moment de détente et de relâchement dont elle avait du mal à se priver pour sortir.

Elle avait pris l’ habitude de se promener nue. Dès la porte refermée, elle se précipitait dans sa chambre et ôtait tous ses vêtements, elle avait ainsi l’ impression de devenir quelqu’un un d’ autre, d’ échapper au quotidien. On aurait pu penser qu’ elle voulait se réfugier dans la nudité, mais au contraire d’ un refuge il s’ agissait d’ une exposition préméditée.

Volontairement, elle ne tirait pas les rideaux, elle supposait, bien qu’ elle ne l’ ai jamais vérifié, qu’ elle pouvait être observée et cette idée ajoutait à son bien-être.

Elle éprouvait la même jouissance à s’ exposer que lorsque  par ses caresses, elle se donnait du plaisir.

Peu à peu, elle était arrivée à oublier les épisodes dans lesquels l’ avait entraîné son ex-compagnon. . Cela avait été une période de fuite en avant d’ où le plaisir partagé était exclu. La sexualité ne se concevait qu’ à partir de fantasmes qu’ elle ne pouvait accepter qu’ avec un sentiment de honte. Elle avait dû céder aux caprices sexuels de cet homme qui ne pouvait arriver au bout de ses prestations sans passer par des artifices en marge d’ une sensualité aboutie.

Il ne lui restait alors qu’ un sentiment de frustration et même parfois de dégoût. Aussi, quand il décida de partir, elle ne fit aucun effort pour le retenir.

Depuis, elle vivait sa liberté sans retenue en la maîtrisant, la canalisant, dans la recherche permanente du plaisir.

Son plaisir était de se caresser. De caresser ce corps qu’ elle redécouvrait chaque jour.

Sur son lit, sur son canapé, les yeux clos, elle laissait courir ses mains sur sa peau ferme et claire. Ses longs doigts fins parcouraient chaque centimètre de son corps faisant monter en elle une douce chaleur. Ses jambes s’ écartaient, se tendaient, se repliaient, se serraient. Elle devenait une autre. Elle se soumettait au désir de son sexe dont elle recueillait la saveur.

Retardant le plus possible les frémissements incontrôlables lui annonçant qu’ elle était vaincue, elle s ‘abandonnait et recevait sans retenue les fruits de son désir.

Quand la jouissance était passée telle la vague d’ une mer agitée elle regagnait la rive en goûtant les dernières vibrations d’ un corps comblé.

Voulait-elle encore partager ces instants avec un homme ? Elle ne le savait pas et il était trop tôt. Elle éprouvait encore le besoin d’ explorer ses plus profonds désirs, de les faire vivre avant de les partager.

Et elle était sûre d’ une chose c’ est que désormais son corps serait à elle et uniquement à elle.

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Une réponse "

  1. Gballand dit :

    Hum… l’illustration du dicton « on n’est jamais mieux servi que par soi-même « ?
    Qui mieux que soit sait ce que l’autre ne saura jamais vraiment…

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