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C’ est à la suite d’ une annonce à laquelle il avait répondu sans conviction qu’ il avait rencontré sa femme. Celle-ci, originaire d’ Outre-mer et lui du Nord de la France, on aurait pu penser que les racines naturelles auraient pu influer sur leur relation, or ce n’ était pas le cas, ils bénéficiaient d’ une complémentarité qui adoucissait leur quotidien.

Cependant dès le début de leur mariage, il avait senti, deviné que la femme avec laquelle il vivait depuis une dizaine d’ années maintenant lui cachait quelque chose. Cette idée, petit à petit, s’ était insinué dans ses pensées, sans qu’ il ne puisse en aucune manière  préciser quelle en était la nature.  Cela reposait-il sur un fait concret, sur une attitude, un regard ? Il ne pouvait répondre à cette question qui devenait lancinante.

Cette incertitude l’ empêchait de se confier à sa femme, il avait peur de la choquer ou même de se rendre ridicule.

Se doutait-elle de ses interrogations ? Parfois il se disait que oui et qu’ elle en jouait. D’ autre fois il arrivait à se persuader qu’ elle était sincère. Mais cette question revenait sans cesse, impitoyablement. Il se sentait seul. Peut-être aurait-il pu se tourner vers sa belle-famille, mais l’ éloignement de celle-ci accentuait encore son malaise.

D’ autre fois, le fait qu’ il pense que sa femme lui cachait une partie de sa vie, l’ excitait. Il se disait que ce n’ était pas banal. Ou plus, il fantasmait sur le passé, sur la jeunesse de sa femme.

Il lui arrivait aussi, à travers une photo, de la piéger, mais elle ne se laissait jamais surprendre.

Quelquefois il lui semblait lire sur les lèvres de sa femme, un léger sourire qu’ il ne connaissait pas, qui semblait provenir d’ une personne qu’ il ne connaissait pas, chez qui il n’ avait pas accès et cela le plongeait dans un désarroi qu’ il ne pouvait contenir.

Pourquoi refusait-elle donc de repartir dans son pays, ne serait que pour le temps des vacances ? C’ était là-bas que se trouvait la solution, il en était sûr.

Un jour, elle finit par prendre conscience des tourments de son mari et lui affirma que sa vie était plus simple qu’ il ne se l’ imaginait. Comment avait-elle compris ses interrogations ? Jamais il n’ avait trouvé le courage de lui poser directement des questions. Souffrait-il tellement, au point qu’ elle avait senti son désarroi ?

Malgré les assurances qu’ elle lui prodigua son malaise ne fit que qu’ amplifier. leur relation devint tendue. Et un jour où la souffrance étant devenue intolérable, il quitta le foyer, abandonnant toute une construction de vie à cause d’ une présomption qu’ il n’ avait jamais réussi à identifier, à personnaliser. Il était victime d’ une pensée irréelle, immatérielle, une pensée qui tournait autour de lui comme un nuage de gaz indolore, mais nocif.

Chacun a sa part de mystère acceptée par l’ autre, mais quand cette acceptation n’ est pas au rendez-vous, il se crée un déséquilibre qui peut engloutir une personne fragile.

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