1989

Il est arrivé un matin sombre, quand j’ai ouvert le portail, j’ai vu un petit homme, le képi blanc  qu’il tenait à deux mains se détachait dans la nuit finissante.

Ses yeux brillaient. Il ne bougeait pas comme s’il voulait matérialiser sa présence.

1963

Avant de partir, je serre très fort contre moi ce petit garçon blond, si fragile que l’on a peur de le casser. Il me demande où je vais. Je ne réponds pas. Il retourne à ses jeux.

1989

– Tu me reconnais ? –

Oui, bien sûr que je le reconnais. Je ne reconnais pas l’apparence physique, mais je suis assailli par ces liens qui relient deux êtres quel que soit leur parcours.

Il me paraît toujours aussi fragile, pourtant il me raconte les parachutistes, la Guyane, les opérations de guerre.

Il a sommeil. Il ne veut pas manger.

Il a dormi toute la journée.

Je l’ai raccompagné au train.

Je lui demande si je peux l’appeler. Il me précise qu’il a maintenant un autre nom et qu’il ne vaut mieux pas.

Le képi blanc sur la tête, il est monté dans le train sans se retourner.

J’ai pleuré longtemps dans ma voiture.

2007

Je ne sais pas où il vit.

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