Définition de Wikipédia : « La précarité se définit comme une très forte incertitude quant aux chances de conserver ou récupérer une situation acceptable dans un avenir proche. C’est une notion fortement subjective et relative, puisqu’elle est définie par rapport à ce qu’on peut considérer comme une « situation acceptable », par rapport à une société donnée. La précarité est perçue et définie différemment d’une culture à l’autre. Les facteurs influençant la perception d’une situation de précarité sont étudiés dans de nombreux domaines en sciences sociales. »« En France, un arrêté de 1992 a défini 5 catégories de personnes en situation de précarité : chômeurs, bénéficiaires du RMI, titulaires d’un contrat emploi solidarité, personnes sans domicile fixe, jeunes âgés de 16 à 25 ans exclus du milieu scolaire et engagés dans un processus d’insertion professionnelle. »

La précarité est définie par rapport à ce qu’on peut considérer  » une situation acceptable « , par rapport à une société donnée. Cette phrase illustre bien cette situation que chacun redoute.  » Que chacun redoute « .

Si l’on se réfère à la période de l’après-guerre jusqu’à nos jours, on est obligé de faire le constat que la précarité a augmenté au fur et à mesure du développement industriel. Loin d’avoir apporté la quiétude qu’aurait dû générer une économie de marché, et alors qu’elle ne concernait qu’une faible partie de la population elle s’est répandue sur l’ensemble des salariés, toutes catégories confondues, touchant même les commerçants, artisans et bien sûr les retraités.

Le développement des technologies laisse sur le bord de la route de plus en plus de monde, sans possibilité de faire marche arrière.

C‘est ainsi que l’on retrouve dans la rue, des personnes issues de toutes les catégories.

La précarité est, si j’ose dire, devenue un statut au sein duquel les personnes concernées tentent de se frayer un chemin parmi toutes les structures, les aides diverses sensées les aider. Et ce contexte est créateur, à son tour, de ruptures, de jalousies, les uns fustigeant les «  profiteurs « les autres les «  fainéants « .

Cette société devenue technologique, non contente de créer cette précarité a également détruit le tissu social, les liens entre les hommes se sont distendus, le chacun pour soi est devenu la règle. La rivalité, la lutte pour rester sur la route entraîne la population dans une sorte d’égoïsme non consenti, un égoïsme permettant de ne pas regarder à côté, un égoïsme devenu «  culturel « .

Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 4 novembre 2003.

PROPOSITION DE LOI

Contre la précarité de l’emploi.

La précarité de l’emploi, est dans la nature du capitalisme. Il lui faut disposer comme bon lui semble des forces de travail, les utiliser, les rejeter et maintenir un volant de chômeurs permettant de peser en permanence sur les salaires et les conditions de travail. Tout au long du XIXe siècle, ce principe est mis en œuvre de manière totalement débridée. C’est l’époque des journaliers à 16 heures par jour lorsqu’ils trouvent à s’employer et réduits à la misère quand ils sont rejetés.

La précarité ne fait-elle pas partie de la destinée de l’homme ? Peut-on considérer que la société doit le prendre en charge ? L’entreprise a-t-elle l’obligation d’apporter aux hommes la sécurité financière ? Ces questions, volontairement provocatrices peuvent-elles être justifiées ?Il est évident que non.

<< Le recours aux formes d’emploi les plus précaires ne cesse d’augmenter. De 100 000 intérimaires en 1967 on en est à 1 500 000 ( 2006 ) . Si on totalise intérimaires, CDD, CES, emplois jeunes, contrats de qualification, d’adaptation, temps partiels subis, etc… ce sont 4 000 000 de personnes qui sont touchées et, si on y ajoute celles qui sont totalement privées d’emploi, 7 000 000 de personnes sont directement touchées par l’absence d’emploi ou le sous-emploi. Chez les jeunes de moins de 25 ans, la précarité est devenue la règle, en particulier pour les moins qualifiés.>>

L’entreprise ne peut se concevoir sans salariés. L’homme est-il capable de se réaliser seul, de valoriser son savoir, ses capacités ? Peut-on rêver d’une société au sein de laquelle chacun apporterait sa pierre, mais ne dépendrait pas d’elle.C‘est une utopie sur laquelle je reviens souvent, mais hélas, c’est réellement une utopie, et ce n’est pas les quelques tentatives dans le monde* qui apporteront des solutions. La société ne peut fonctionner que sur une base relationnelle et non sur l’économie. Noëlle Burgi a écrit cet article au sujet du désir qui intervient dans l’accomplissement de sa profession :

( 1 )

« pourquoi le désir n’a-t-il pas toujours suffisamment de force pour engager ces populations-là sur des itinéraires orientés susceptibles de les conduire vers une « autoréalisation individuelle », au sens d’Axel Honneth «

 Axel Honneth qui écrit ceci, à propos de la reconnaissance :

 »les individus ne se constituent en personnes que lorsqu’ils apprennent à s’envisager eux-mêmes, à partir du point de vue d’un ‘autrui’ approbateur ou encourageant, comme des êtres dotés de qualités et de capacités positives. L’étendue de telles qualités, et donc le degré de cette relation positive à soi-même, s’accroît avec chaque nouvelle forme de reconnaissance que l’individu peut s’appliquer à lui-même en tant que sujet ».

Le désir est intimement lié à la reconnaissance de l’autre. Quand on a cassé ces deux composantes de la vie on perd pied, on entre dans le doute, on perd toute motivation et commence alors, paradoxalement grâce aux aides diverses, une descente qui demande beaucoup d’efforts et de soutiens pour remonter la pente. Le fléau actuel est l’absence de reconnaissance. L’homme n’est plus considéré en tant qu’acteur, au sein d’une entreprise, mais comme un objet. Le regard de l’entreprise sur le salarié est le même regard que l’on porte sur un objet.

Cette reconnaissance a également du mal à se retrouver dans le milieu familial, la pression est si forte que l’on pare au plus pressé, laissant de côté des valeurs pourtant indispensables à un bon équilibre.

Paradoxalement, là où le capitalisme n’a pas encore pu s’appliquer dans toute sa rigueur cette reconnaissance demeure comme dans les pays en voie de développement.

Le capitalisme a tout écrasé sur son passage et il sera bien difficile de faire machine arrière, sinon impossible.

Les différentes politiques appliquées dans le monde ne permettent pas de dire que l’une est meilleure que l’autre.

Sites relatifs à la précarité :

( 1 ) Equilibre précaire

( 2 )( 3 )

( 4 )

( 5 )

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  1. patriiarch dit :

    La précarité est beaucoup issue du manque de formation et d’éducation des enfants. Elle commence à l’école et continue dans les milieux où les parents ne peuvent aidés, pas nécessairement par manque de moyens, mais par manque d’instruction. Certains parents ne peuvent même pas aider leurs enfants en primaire. J’ai entendu, tout à l’heure qu’il y avait 8% (je crois) d’enfants de souche française ayant fait des études secondaires au chômage, alors qu’ils sont plus de 25% chez les enfants d’émigrés. (Dixit Hortefeux) Et pourquoi ?
    Il faut donc que l’école redevienne celle de la République. Que ces jeunes soient aidés dès la primaire.

  2. leunamme dit :

    Tout est fait pour développer au maximum la précarité. Des employés en situation de précarité ne se révoltent pas par peur du lendemain. A l’heure où l’on parle de plus en plus d’adapter l’éducation et l’université au monde de l’entreprise, il y a grand lieu d’être inquiet.

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