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……………..Il l’avait remarqué à la messe. Tous les dimanches ils étaient obligés d’assister à cette messe à laquelle assistait une bonne partie du village. Cette petite commune de montagne, dans les années soixante ressemblait encore à une communauté relativement unie et le dimanche était l’occasion de se retrouver, d’abord à la messe puis pour les hommes de boire un verre dans l’unique bistrot du village.

Il faut bien le dire, cette messe leur donnait l’occasion de côtoyer les jeunes du village, eux qui vivaient dans ce foyer de jeunes travailleurs. C’était l’occasion pour eux d’observer furtivement les filles pas totalement indifférentes aux regards. Ils représentaient la « nouveauté « . Arrivés de divers coins de la France ils étaient avides de se faire une place dans leur nouvelle vie.

La petite église était toujours pleine, c’était le jour de gloire du curé.

Elle se mettait toujours à la même place et il n’avait aucune peine à la remarquer. Grande, les cheveux courts, le teint mat, elle représentait tout ce qui faisait le mystère féminin pour ce garçon de 17 ans. De temps à autre, elle tournait la tête dans sa direction, mais il ne pouvait dire si elle l’avait vu. Il se disait que oui. Pourtant, pendant de longs moments, elle fixait son regard droit devant elle et le découragement le gagnait. Quelquefois il a cru croiser ce regard, essayant de le capter, mais sa timidité l’obligeait à baisser les yeux. Il se disait qu’il était lâche.

Dès la fin de la messe, il s’arrangeait toujours de façon à ce qu’elle passe à côté de lui mais il ne pouvait que la regarder s’éloigner. Il se disait que dimanche prochain il trouverait le courage de l’aborder. Au moins  se débrouiller pour qu’elle le remarque.

Elle habitait à la sortie du village, à la lisière de la forêt. De sa chambre il pouvait voir sa maison. Peu à peu, elle l’envahissait. Il la faisait vivre à ses côtés. Bientôt, il lui fut difficile de distinguer la réalité et son imaginaire. Ses camarades ne se doutaient de rien. Il ne voulait, d’ailleurs pas leur en parler. Il voulait la garder pour lui seul. Il ne voulait pas que cet amour pur puisse être entaché de plaisanteries légères………..

Motpassant

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  1. Tony Pirard dit :

    Parfois.la meilleur chose que nous pouvons faire comme dire en bon brésilien… »deixar tudo como está »(laisser tout comme se trouve).Continuer avec les mêmes amis la même cravate,c’est-à-dire meilleur la qualité que la quantité…!

    Bom dia amigo Daniel e bom domingo..!

    Tony do Brasil

  2. Deux remarques. Un site à découvrir. Comme nous disons si bien chez nous : de bout en bout. Ce petit texte intime : tous les dimanches est une petite nouvelle qui, lue sous les accents d’une musique lancinante, aux accents de jazz, nous introduit en douceur dans un beau rêve d’adolescent. Un bel écho à la vie.

    Pierre R. Chantelois

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