Désolé je n’ai pas le nom du peintre, mais cette peinture glanée sur un blog m’a beaucoup plu.

L’hiver est arrivé très tôt. La neige en une nuit a recouvert le village. Mon père doit tous les matins, dégager le chemin jusqu’à la route. Nous sommes habitués, mon frère et moi à partir à l’école quand le jour n’est pas encore levé, quand le ciel brille encore des ses étoiles, quand la lune jette encore une lumière douce se reflétant sur la neige immaculée.

Notre sac au dos nous marchons côte à côte, mon petit frère aime que le prenne par la main, il me dit que cela le réchauffe. La route est longue jusqu’à l’école mais cette marche quotidienne avait l’avantage de nous rapprocher, de nous souder, de se sentir comme une composante d’une famille unie, où régnait la douceur et la tendresse.

Je vais avoir quatorze ans et je dois travailler à la maison tous les soirs sous la surveillance de ma mère. Celle-ci issue d’une famille de paysans pauvres n’est jamais allée à l’école et ses enfants l’emplissent de fierté.

Il ne se passe pas un soir sans que je ne perçoive sa présence derrière moi. Toutes ces feuilles, ces cahiers provoquent chez elle, je le sens, un certain regret. Cependant je m’arrange toujours pour l’associer à mon travail et alors ses yeux se mettent à briller, sa voix change, ses gestes deviennent plus mesurés. J’apprécie tout particulièrement ces moments de complicité.

Ce soir mon devoir consiste à rédiger un texte libre sur Emile Zola. Nous n’avons pas de livres à la maison, le budget familial ne le permet pas et quand bien même je suis sûr qu’il ne viendrait pas à l’idée de mes parents d’en faire l’acquisition. Heureusement il y a une bibliothèque à l’école où toutes les semaines je vais louer un livre. C’est un moment de joie, de fébrilité quand dés mon retour à la maison je m’installe près du fourneau. Mon père a fabriqué une caisse afin de stocker un peu de bois, c’est sur cette caisse, les joues rougies par la proximité du foyer que je me plonge dans la lecture, accompagnant tout au long des pages, m’invitant dans leurs vies les personnages de mes livres.

Mon texte terminé, j’ai proposé à maman de le lui lire. Elle m’a écouté en silence, un silence étonné que sa fille puisse écrire de si jolies choses. J’avais pourtant choisi Germinal mais sa fierté effaçait les traces de charbon sur le visage d’Etienne Lantier et pleurait presque quand celui-ci fracassait le crâne De Chaval.

Ainsi se passait les soirées dans notre famille.

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  1. Beau tableau, beau commentaire, beau texte..3 en 1 BiZ CJM*

  2. Ardalia dit :

    A l’image, ai pensé Hugo:
    « …Oh, que de soirs d’hiver radieux et charmants
    Passés à raisonner langue, histoire et grammaire
    Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
    Tout près… »
    Au texte, ai pensé à ma mère, si fière aussi, de la science de sa fille, et si contente des invitations à jouer d’elle… Merci.

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