plans_voleur04.1175240355.jpgplans_voleur05.1175243889.jpgLe voleur de bicyclette 

Texte écrit le 06/12/2006

Il sont italiens.

Depuis quelques jours, dans la maison voisine, deux hommes sont arrivés en silence. Je les ai découvert par hasard, la porte de leur cuisine était ouverte. Ma curiosité d’enfant a attiré leur attention. La pièce était sombre, je ne les distinguais pas complètement mais leur voix chantante et inconnue m’a rassuré.

L’un était grand, maigre, l’autre petit, trapus avec une moustache.

Nous nous sommes observés. Deux cultures se rencontraient. Ces deux hommes entraient dans mon univers, venant d’un pays que je ne connaissais pas.

Je n’imaginais pas que l’on puisse quitter son pays. Ma vie, dans ces montagnes vosgiennes, à la fin des années cinquante était immuablement destinée à se construire dans mon territoire, il ne pouvait en être autrement.

Pourtant ces deux hommes sont partis, seuls, vivrent une nouvelle vie.

Ils n’avaient pas de meuble, un réchaud sur lequel une casserole laissait échapper des senteurs inconnues, reposait sur une caisse en bois.

Leurs regards était chaleureux, leurs sourires rassurants, les gestes avenants. Le dialogue était difficile mais possible grâce à ma soif de découvertes et à leur volonté de tisser des liens.

Ils m’ont offert de la soupe, une soupe italienne dont ils étaient fiers, une soupe odorante dont les effluves sont toujours ancrées dans ma mémoire.

Les conséquences de la guerre, les avaient obligés à quitter leur pays pour survivre.

L’un travaillait la pierre, l’autre le bois.

Pendant quelques années, ils ont fait partie de ma vie. Ils m’ont ouvert l’esprit, et fait comprendre qu’il existait ailleurs d’autres vies, d’autres destins.

L’un s’est marié, l’autre s’est donné la mort.

Que maîtrise-t-on ?

 

 

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  1. Posuto dit :

    Dans la famille, tous sauf moi ont du sang italien dans les veines, qui 50 %, qui un quart, qui 1/8e. Enfin peu importe, ça pourrait être du sang de n’importe quel pays, votre texte est bien émouvant. Mais que maîtrise-t-on ? Pfiou… sa générosité peut-être ?
    RV

  2. la nécessité de témoigner, aussi. Certainement.

  3. On ne maitrise rien, chacun(e) décide ce qu’il (elle) veut de sa vie. Je ne comprends pas toujours les choix mais le respect s’impose en toutes circonstances. Nous avons toutes et tous un passé, un présent et un devenir qui nous occupent. Pour la beauté du verbe, je comprends le soleil des mots et l’importance d’apprendre. C’est une Belle Histoire.Amitiés Biz CJM* Je vous ai mis un autre petit mot sur mon blog de remerciements

  4. Henri Zerdoun dit :

    J’ai vécu en Italie un certain nombre d’annèes… J’adore cette langue..Toutes ses cuisines et Fédérico Féllini, Vittorio de Sica, Elsa Morante ainsi que Ettore Escola et Vittorio Gassman .. Les pâtes, ainsi que les Gnocchis ala pommodore et au parmiggiano…ça suffit pour démontrer mon amourde l’Italie?? Et aussi la Toscane et Venise..Et, je ne parle pas ici de la Sicile et de ses amandiers en fleurs…ça suffit?

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