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Mon amie

Elle arrive toujours vers 10 h du matin. Est-ce parce qu’inconsciemment je guette son arrivée mais à chaque fois comme averti par des ondes complices, je distingue sa frêle silhouette au détour de l’allée qui mène à mon étalage. Il y a pourtant de nombreux acheteurs sur ce marché du samedi, ceux-ci se faufilent entre les marchands de légumes, jaugent la fraîcheur des produits,comparent les prix, tout cela dans un brouhaha sympathique d’où émergent les appels des vendeurs à la sauvette. Tès vite elle est devant  » mon banc « , sur les marchés l’étalage s’appelle un banc. De ses doux yeux clairs elle me sourit, un sourire calme comme si elle avait patiemment attendu ce jour et que le temps lui avait paru long. Pour moi c’était le cas depuis la première fois où par hasard elle s’était arrêtée, avait regardé mon étalage, interrrogative. J’ai tout de suite ressenti pour elle un sentiment protecteur. Elle avait un charmant accent qui m’avait paru anglais, je fus étonné en apprenant plus tard qu’elle était d’origine espagnole. Elle s’appelait Carmen.

Peu à peu une amitié muette s’est installée. Nous savions que notre rencontre hebdomadaire n’était pas purement commerciale, que cette rencontre était sublimée par une délicieuse vibration musicale et je suis sûr qu’elle aimait cette musique autant que moi.

J’étais heureux de la revoir et triste de la voir s’éloigner et se fondre dans la foule. Il m’arrivait de la suivre au loin dans une autre allée.

Un jour, j’ai senti qu’elle n’allait pas bien, elle avait pleuré, ses traits étaient marqués par la détresse. Ses petites mains tremblaient. J’ai osé ce que je n’avais jaimais fait.

– Voulez-vous que nous parlions ? Je peux me libérer, allons boire un café- J’étais surpris par mon audace mais je voulais tant qu’elle me dise oui. Elle a semblé réfléchir. Elle a esquissé un sourire,découvrant ses yeux rougis.

– Allons-y – dit-elle dans un souffle.

J’étais tremblant, j’allais pouvoir être près d’elle, qui plus est l’écouter, essayer de la réconforter. J’avais tant envie de la protéger.

Nous avons passer un quart d’heure pendant lequel elle m’a confié qu’elle avait des problèmes de couple depuis quelques mois mais que ceux-ci venaient de s’aggraver. Elle paraissait désarmée et inquiète pour l’avenir.

Que lui dire face à un problème si personnel alors que nous nous parlions pour la première fois en tête à tête ?

Elle comprenait. C’était à elle de prendre son destin en main, d’affronter le nouveau virage de sa vie. Je ne pouvais que l’écouter, l’accompagner, mais égoïstement au de moi j’étais heureux d’être entré, un peu dans sa vie, d’avoir partagé un moment intime de la vie de celle qui est devenue mon amie.

Les années ont passées, nous ne voyons plus, je sais qu’elle s’est remariée. J’e l’ai toujours au fond de mon coeur et je suis sûr qu’il en de même pour elle.

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Une réponse "

  1. Bonjour, J’ai lu votre commentaire et je suis émue.Votre rencontre est belle et douce.Parfois on a peur de passer le cap car on ne s’autorise pas par timidité ou autre. Et puis, vous avez osé et vous avez réconforté votre amie, c’est très bien. Vous devriez prendre de ses nouvelles à l’occasion.. merci pour le salon du livre, c’était très bien, je ferai un article car je viens de rentrer de ce week end prolongé, bonne journée amitiés JADE CJM*

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