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Quelle route prendre, quand la feuille reste blanche ? Où sont partis ces mots qu’hier je posais avec facilité ? Pourquoi ce mystèrieux blocage ?

Les mots vont et tournent dans ma tête, tels des oiseaux moqueurs et virvoltants, mais incapables de se poser. Je me sens totalement impuissant, sans possibilité de combattre, puisque désarmé devant mon écran vide.

Les quelques mots, rares, que je peux saisir se transforment aussitôt et changent de sens, où se transforment pour dénaturer mon idée. Ma concentration n’y peut rien. Je ferme les yeux, mais cela ne m’empêche pas de les voir s’enfuir en riant de ma faiblesse.

– Qui est-tu, pour vouloir te servir de nous à ton gré ?

– Nous viendrons quand le moment sera venu !

Ils m’interpellent sans ménagement, sur d’eux et de leur pouvoir.

Car, ils savent que j’ai besoin d’eux.

Besoin d’eux, pour écrire. Besoin d’eux pour extirper de mon esprit fragile les maux dont je souffre.

Besoin d’eux pour lire l’autre, pour lire celui qui a écrit.

Besoin d’eux pour respirer l’air qu’ils m’insufflent.

A côté de moi, un livre, semble me dire :  » Regarde mes mots, peut-être, te conviendront-ils ?  »

Par la fenêtre, le ciel bleu et le Rhône semblent me dire :  » Comment, est-il possible, que notre vue, ne t’inspire pas ? « 

Mais à cet instant, la  » vision  » du moindre mot m’entraine dans le doute. « Est-il le bon mot ?  »  » Est-il à sa place ? » « Et puis, il a déjà tellement été utilisé. »  » Qu’apportera-t-il d’autre qui n’a pas déjà été dit ? « 

Mon bouillonement intérieur ne trouve pas de porte de sortie. Je suis prêt à m’avouer vaincu, à renoncer et déjà, je les vois, ces mots, sautant de joie. Encore un, qui a plié, nous sommes les plus forts !

Soit, mais, si je réféchis bien, en fait, je suis le vainqueur, car ils ne se sont pas rendus compte, que, pour écrire ce papier, je les avais utilisé.

Tel est pris qui croyait prendre !

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  1. Ah oui, c’est tout-à-fait cela.
    Vous les avez piégés, ces mots.
    La « page blanche » n’existe pas.

  2. amba TILL dit :

    Les mots sont très sensuels et nous aident à communiquer, parce que, même dans le silence, ils résonnent encore en nous.

  3. Michèle dit :

    Ma curiosité a fait que je suis sur ce nouveau blog !
    Pourquoi au fil du Rhône ? Mon fleuve…mais celui aussi de tous les riverains.
    Devant l’angoisse d’une page blanche….nous pouvons écrire un mot, des mots… »Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant » disait V.Hugo.
    A bientôt.

  4. motpassant dit :

    Bonjour,
    Tout simplement, parce que de mon bureau, j’aperçois le Rhône s’écouler lentement. C’est mon fleuve aussi…
    A bientôt

  5. Michèle dit :

    Re-Bonjour,
    curieuse coïncidence j’ai habité Condrieu de 1948 à 1976 et en parrallèle nous avions une maison à Chavanay, vue sur le nouveau pont !! surveillé la construction de la centrale !!!
    Je ne pourrais plus supporter la pollution ambiante par contre que de racines et de souvenirs « condriots »….

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