- Du moment où l’on, quitte le terrain solide du vrai, on est lancé dans toutes les monstruosités. Prenez les romans et les drames romantiques, étudiez-les à ce point de vue ; vous y trouverez les raffinements les plus honteux de la débauche, les insanités les plus stupéfiantes de la chair et de l’esprit. Sans doute, ces ordures sont magnifiquement drapées ; ce sont des alcôves abominables dont on a tiré les rideaux de soie, mais je soutiens que ces voiles, ces réticences, ces infamies cachées offrent un péril d’autant plus grand que le lecteur peut rêver à son aise, les élargir, s’y abandonner comme à une récréation délicieuse et permise. Avec les œuvres naturalistes, cette hypocrisie du vice secrètement chatouillé est impossible. Elles épouvantent peut-être ; elles ne corrompent pas. La vérité n’égare personne. Si on l’épargne aux enfants, elle est faite pour les hommes, et quiconque l’approche en tire un profit certain. Ce sont pourtant là des idées bien simples et irréfutables, sur lesquelles tout le monde devrait être d’accord.





C’est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font des esclaves par la violence, c’est à celui qui connaît l’univers , non à ceux qui le défigurent, que nous devons nos respects.
Voltaire ( Douzième lettre sur le Chancelier Bacon ).
Commentaire par berdepas — mai 22, 2009 @ 8:50