Je tenais tout particulièrement, sur ce site, à parler de l’écrivain roumain Constantin Virgil Gheorghiu.
Celui-ci est né le 15 Septembre 1916 en Moldavie, il est mort à Paris en 1992. Ce roman extrêmement sombre est marqué par un profond désespoir. La menace de la robotisation de la société y est dénoncée tant dans les totalitarismes hitlériens que dans la démocratie simpliste à l’américaine, sans parler du communisme soviétique, qui n’apparaît qu’en arrière-plan. La politique par catégories et idées toutes faites n’est pas une menace passée, aussi ce livre garde-t-il toute son urgente actualité.
Si Constantin Virgil Gheorghiu a écrit plus de quarante romans et récits, il demeure avant tout l’homme d’un livre, universellement connu, la Vingt-Cinquième Heure. C’est au lendemain de la guerre, en 1949, que le jeune poète, né le 15 septembre 1916 à RGzboieni, en Moldavie (Roumanie), publie ce roman qui dénonce la «déshumanisation du monde moderne»
Le roman raconte l’épopée de Iohann Moritz, paysan roumain de Moldavie, qui traverse la Seconde Guerre mondiale comme victime inconsciente de la société arrivée à la 25e heure, quand les individus ne sont plus considérés en tant que tels, mais traités comme membres de catégories ; Iohann Moritz est successivement balotté comme un fêtu de paille entre les Juifs, les Roumains, les Hongrois, les Allemands, et les Américains, chacun le considérant comme élément d’une catégorie à laquelle finalement il n’appartient pas, incapable d’exercer sa liberté d’homme en face d’une société déshumanisée.
Un passé trouble Trois ans après la parution de la Vingt-Cinquième Heure, à l’occasion de la sortie d’un autre livre, la Seconde Chance, un scandale éclate: avant de quitter la Roumanie, Virgil Gheorghiu avait écrit un ouvrage, non traduit en français, qui conspuait «le Juif malfaisant» et faisait l’éloge du soldat hitlérien. Le philosophe Gabriel Marcel, qui avait écrit la préface de la Vingt-Cinquième Heure, exige qu’on la retire des éditions à venir. Gheorghiu quitte la France pour l’Argentine, le temps de se faire oublier. Jamais il ne désavouera clairement ses écrits antisémites. Pourtant, Gheorghiu écrit, dans Mémoires, le Témoin de la Vingt-Cinquième Heure (œuvre parue en 1986), à propos des pogroms commis en Roumanie par les Gardes de fer fascistes: «J’ai honte de moi. Honte parce que je suis roumain, comme les criminels de la Garde de fer.» Le témoin de la Vingt-Cinquième heure, «celle qui arrive trop tard», confesse également, dans ce dernier livre, “c’est mon œuvre capitale, selon laquelle je serai jugé, dans la postérité, par les hommes, et, au Jugement dernier, par Dieu ” Le 23 mai 1963, Virgil Gheorghiu est ordonné prêtre de l’Église orthodoxe roumaine de Paris. En juin 1966, le patriarche de Roumanie accorde au prêtre écrivain la croix de patriarchie roumaine, pour ses activités liturgiques et littéraires. En 1966, son best-seller est adapté au cinéma par Henri Verneuil. La 25e heure (1949)
Virgil Gheorghiu a écrit ses derniers livres directement en français.
Voici quelques livres de Virgil Gheorghiu :
La seconde chance (1952)
L’homme qui voyagea seul (1954)
Le Peuple des Immortels (1955)
Les Sacrifiés du Danube (1957)
Saint Jean Bouche d’Or (1957)
Les Mendiants de miracles (1958)
La Cravache (1960)
Perahim (1961)
La Maison de Petrodava (1961)
La Vie de Mahomet (1963)
Les Immortels D’Agapia (1964)
La jeunesse du Docteur Luther (1965)
De la 25e Heure à l’Heure éternelle (1965)
Le Meurtre de Kyralessa (1966)
La Tunique de Peau (1966)
La Condottiera (1967)





