ICI, LA ET AILLEURS

août 28, 2008

Je le crois pas…

Classé dans : Humeurs et réflexions — Mots-clefs :, , — motpassant @ 5:52

- Mais, c’est pas vrai !

- Qu’est-ce qu’il y a encore ?

- C’est pas vrai ! Je le crois pas !

- Bon, qu’est-ce qu’il y a ?

- Ça fait combien fois que je te le dis de ne pas laver mes vêtements de jardin tant que je ne te l’ai pas dit. C’est pas possible une chose pareille ! Je ne les ai portés qu’une fois ! Une fois ! Ils pouvaient bien faire pour aujourd’hui encore ! C’est à croire que tu aimes faire les lessives !

- C’est ça, j’aime faire la lessive. Tu n’as pas vu dans quel état ils étaient ?

- Puisque je te dis qu’ils auraient pu faire pour aujourd’hui encore !

- Bon, bon, ça va, j’ai compris ! A l’avenir tu porteras tes vêtements dégueulasses, c’est tout.

- C’est pas vrai ! Je le crois pas !

août 27, 2008

Le clone ( Rediffusion de l’été )

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 2:43
Je suis décidé. Depuis longtemps, j’y pensais mais je n’osais pas, d’une part à cause du coût et d’autre part à cause du “qu’en dira-t-on”. Je sais, je suis bien libre de faire ce que je veux, mais dans les petits villages, tout se sait très vite. C’était la semaine dernière, le temps était gris. Je me suis dit que sur Google on trouvait tout ( comme à la Samaritaine, enfin paraît-il, je n’y suis jamais allé ), j’ai donc tapé ” clone “. En moins d’une seconde ( beaucoup moins ) une page entière de clônes s’est affichée.
Jamais je n’aurais cru que c’était si courant. Serais-je une fois de plus passé à côté de quelque chose? Je pensais faire preuve d’originalité, c’est raté !
Trois pages. Il y avait trois pages de sociétés qui proposaient toute une gamme de clônes des deux sexes et de tous âges. Il suffisait de remplir un questionnaire assez long, mais il faut bien ça pour expliquer nos désirs. Car ce n’est pas simple d’acheter un clone. Au premier abord on peut penser qu’il suffit d’une photo et d’un bout de peau ( pas morte, bien sûr ), mais non.
Il ne suffit pas de cloner le corps, il faut cloner aussi l’esprit et là c’est une autre histoire. Imaginez votre clone parfait en tout point, il ne manque rien, tout est à sa place sauf que vous vous rendez compte au bout de quelques minutes que ses paroles sont celles de votre pire ennemi. Il ne faudrait pas longtemps pour qu’une bagarre s’ensuive et allez savoir qui sera le vainqueur ?
Les brebis, les vaches, les cochons, etc… que l’on a déjà clone ne parlent pas. Peut-être a-t-on essayé de voir leur comportement par rapport à l’original, mais sans plus. Tandis que le longe d’un homme c’est une toute autre affaire.
Mais bon, je me dis que ces revendeurs sont des professionnels,et qu’il faut leur faire confiance. Je clique donc sur la première ligne.
La page qui s’ouvre ressemble à celle de la Fnac ou d’ Amazon. Sauf qu’à la place des livres, il y a des clichés d’hommes, de femmes, d’enfants. Pour plus de réalisme, ceux-ci sont animés. Malgré tout je ressens un certain malaise en voyant ces silhouettes bouger, comme pour mieux se faire remarquer.
On m’explique la marche à suivre :
” Veuillez remplir le questionnaire, tous les champs signalés sont obligatoires.”
” Cliquez sur continuez “
” Veuillez fournir vos coordonnées bancaires “
Enfin la démarche classique quand on veut acheter quelque chose sur internet. On me demande d’abord de préciser quel clone je désire choisir :
à) Un clone humain ou
b) Un clone logiciel ou
c) Un clone informatique ou
d) Un clone mathématique.
Je ne savais pas qu’il y avait autant de sortes de clônes, mais j’ai compris que dans mon cas, il fallait que je commande un clone humain. Cela m’a pris tout l’après-midi, car il a fallu réunir tous les renseignements médicaux. Enfin je suis arrivé au dernier clic.
On pouvait choisir avec ou sans livraison, dans le dernier cas il fallait aller le chercher à la gare la plus proche. J’ai opté pour la livraison à domicile. Il y avait trois semaines de délais, je pensais qu’il fallait plus de temps pour me reproduire, mais apparemment non. Les machines à cloner devaient être très perfectionnées et non moi qui était trop simple à reproduire…
La veille un mail est arrivé m’avertissant que je serais livré dans la matinée. Ils auraient pu me prévenir plus tôt. La tension monte, la mienne aussi.
Deux hommes sont à bord de la voiture qui se gare devant chez moi. Je me dirige vers eux.
Dés le premier regard, je comprend que je suis perdu. Il y a devant moi comme un miroir. Je me vois comme dans un miroir. Si je bouge la tête, la sienne bouge aussi, s’il avance, j’avançe, s’il parle, je parle et tout cela inversement.
Je transpire, ma respiration s’accélére. Je me tourne vers le ” livreur “:
- Je n’ai pas commandé un “double de moi “, c’est un clone que je voulais.
- Mais Monsieur qu’est-ce qu’un clone, sinon votre double ? J’ai les documents de livraison, regardez, il y a le double de votre commande.
Je me saisis du papier, effectivement, il s’agit des bonnes références.
- Vous auriez du mieux vous renseigner avant de commander, on n’achète pas un clone comme ça ! Quand vous achetez une voiture, vous vous renseignez et bien pour un clone c’est pareil, Monsieur. Bon, je dois y aller, j’ai d’autres livraisons à faire ! Vous signez là !
Complètement hébété, j’appose ma signature et je reste seul, enfin seul, non je ne suis plus seul, il y a mon miroir, là en face de moi. Je n’ai même pas besoin de lui parler, de lui indiquer le chemin de la maison. J’ai acheté une ombre vivante !
A ce stade, il faut que je précise pourquoi j’ai fait cet achat. J’avais vu à la télé ( quand on voit quelque chose à la télé….. ) un reportage aux États-Unis ( j’aurais du me méfier ) sur un couple qui avait acheté un clone pour les remplacer dans diverses tâches ( non, non pas toutes, je vous vois venir ! ) et donc ce couple était tout à fait satisfait. La caméra suivait le clone au bureau, au jardin, au supermarché pendant que son propriétaire se reposait au bord de sa piscine en buvant un cocktail coloré.
C’était ce que je voulais. Je voulais quelqu’un à mon image certes, mais en tant que deuxième personne, comme ” une roue de secours “. Je voulais quelqu’un qui écrirait cet article pendant que je ferais du vélo par exemple. Ou bien quelqu’un qui pourrait recevoir des ” amis ” à ma place, ou encore participer à ces repas de famille qui n’en finissent pas et qui me font grossir. Quelqu’un qui, à ma place, irait à la banque parler avec ce blanc-bec de banquier. Enfin en gros un clone qui soit un clone et non un miroir. J’avais du me tromper en remplissant le questionnaire.
Je suis retourné sur le site et effectivement, tête en l’air que je suis, j’ai coché la mauvaise case sur la nature du clone.
La question était la suivante :
- Voulez-vous un clone humain pour :
a ) vous regardez tel que vous êtes.
b) en faire votre animal de compagnie.
c) vous remplacer auprès de votre femme.
d) vous accompagner dans votre vie quotidienne.
Je voulais cocher la case( d ) j’ai coché la case ( a ) et me voilà avec mon image en face de moi à chaque seconde du jour et de la nuit. Partout, aux toilettes, à la salle de bains. Il mange les mêmes choses que moi. Dit les mêmes paroles. A les mêmes pensées. Je ne peux plus m’en défaire. Les voisins commencent à jaser. Ils disent que depuis quelque temps je ne suis plus le même. Forcément, je ne sais plus si je suis moi ou si je suis l’autre.
Quand on est ” seul ” on s’arrange avec son image, on peut tricher, on peut maquiller sa vérité. On y arrive souvent, enfin du moins on le croit. Et puis on finit par s’oublier avec les années, on s’accepte, on passe un marché avec soi-même. De toutes façons le regard des autres même si parfois celui-ci pose problèmes, on s’en fiche un peu.
Tandis que là, j’ai en face de moi, en chair et en os, mon propre personnage. Je suis confronté à ma propre conscience, à chacun de mes propres gestes, à chacune de mes propres pensées. Je ne trouve plus de repos, même les yeux fermés. Il y a une expression qui dit : avoir sa conscience pour soi d’accord mais cette expression est ponctuelle, correspond à un moment donné. Mais vivre avec celle-ci en permanence dans un miroir c’est une autre affaire.
J’ai téléphoné à la société, mais elle ne peut rien faire pour moi. On ne change pas un clone comme on change un appareil ménager. La dame me dit que je vais m’habituer. Mais c’est facile à dire.
” Il ” n’est là que depuis deux jours, et je suis déjà à bout. Mon agacement se transforme en énervement, mais évidemment je m énerve contre moi-même. On supporte l’énervement d’un autre envers soi-même mais il est plus difficile d’être la cible de son propre énervement. Je sais qu’il va en être de même quand je vais me mettre en colère.
Pendant ce temps, ” l’autre ” est là, innocent. Il fait ce pour quoi il a été conçu. Il ne peut rien faire d’autre. Je ne peux rien” lui “expliquer. Son rôle est de me représenter à mon image, et “il” le fait très bien.
Il va falloir que je vive jusqu’au dernier jour de ma vie en perpétuelle confrontation avec moi-même. Je ne peux pas ” le ” supprimer sans me supprimer.
Plusieurs mois se sont écoulés. Finalement la dame avait raison. Au fil des jours, j’ai éliminé tout ce qui encombrait ma vie. J’ai appris à définir un ordre d’importance parmi les aléas de la vie. Celle-ci est devenue plus simple mais plus dense. J’ai pu ainsi me regarder sans gêne, faisant peu à peu disparaître ” l’autre “.
J’ai fait le tour du monde des religions. J’ai rencontré de nombreux sages en Inde, au Tibet. Je suis devenu l’ami du Dalaï-Lama. Je m’habille comme lui. En sandales, je donne des conférences ” Comment s’accepter par la méditation “. Je songe à ouvrir un blog pour communiquer mon message de Paix.
Parfois ” l’autre ” me regarde et me fait un clin d’oeil.

août 26, 2008

mes volubilis…

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 2:03

Pas facile à prendre avec le soleil et surtout avec mon modeste appareil ( c’est bientôt mon anniversaire ! )

Elle ne vivent que le temps d’exposition au soleil.

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août 25, 2008

Un jour de fin août

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 2:01

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août 23, 2008

limerick

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 5:57

Bien que Limerick soit le nom d’une ville d’Irlande, le limerick, sorte d’épigramme en cinq vers, a vu le jour ne Angleterre, grâce à des recueils anonymes publiés en 1821. Typique de l’esprit de non-sens, magnifiquement lisible à la même époque dans les textes de Lewis Carrol, il connaît son âge d’or au XIX ème siècle.

Je m’y suis donc essayé :

 

Toute la journée, dans son jardin, Sylvère

La bêche à la main tourne la terre

Tandis que son chien, gros bâtard à poils roux

Assis sur son séant guette le matou,

Mais celui-ci, échaudé ne passe pas la barrière

 

De l’autre côté de la rue, vivait Marie,

On l’appelait la Marie, elle n’était pas en anaérobie

Quand du haut de son balcon,

Elle sonnait du clairon.

A tous ceux qui ne la connaissaient pas, elle criait : << Vive l’anarchie ! >>

 

Les poireaux aiment les fraises.

Vous ne le saviez pas ? Je vais vous mettre à l’aise.

Non il ne s’agit pas de manger les poireaux avec des fraises, mais

De les planter les uns à côté des autres et désormais

Vos soupes seront meilleures. Non, ne croyez pas que ce sont des fadaises

 

Chaque fois qu’il s’asseyait, le grand-père disait : << Aïe ! Aïe ! >>

Et chaque fois qu’il se relevait, il disait : << Allez, au travail ! >>

Mais très vite son genou

Devenu fragile comme un joujou,

Ne voulait plus se plier et très vite le vieil homme rentrait au bercail.

 

J’ai très bien connu le père Michel

Il était si gros qu’il n’aurait pu monter à l’échelle.

Aussi, il envoyait son apprenti,

Chercher les peaux sous l’appenti.

Des peaux de quoi ? Mais de lapins ! Ma belle !

 

La soutane du curé, sous le vent,

Se soulevait. Mais impitoyablement

Les rafales se succédaient. Il lui fallait tenir

Aussi son chapeau. Qu’allait-il advenir,

De l’intimité de ce saint homme ? Vite le couvent !

août 22, 2008

23 juillet 2012 ( 14 )

Classé dans : histoire — Mots-clefs :, , — motpassant @ 8:58

SONY DSC La nuit était tombée lorsque Jordan se réveilla. Le bateau était silencieux. Aucune lumière.

Il était solidement attaché à la couchette de la cabine avant.

Astrid était allongée dans le carré. Elle avait de plus en plus de difficulté à se concentrer. Le manque  de traitement lui provoquait des maux de têtes violents ainsi qu’ une perte de repères dans ses mouvements. Si elle fermait les yeux, tout tournait autour d’ elle.

Elle essayait de réfléchir à ce qu’ elle allait faire et bien qu’ elle ait une idée, elle n’ arrivait pas à la finaliser.

Elle savait que la police la retrouverait rapidement, il ne s’ était passé qu’ à peine quarante-huit heures depuis son évasion et elle se doutait qu’ inévitablement elle serait repérée d’ une manière ou d’une autre.

- Astrid !

Elle se leva lentement pour éviter les vertiges et se dirigea vers la cabine de Jordan.

- Alors, on fait moins le malin ! Tu vas rester là tant que je le voudrais ! Tu ne te doutes pas pourquoi tu es attaché sur ce lit ? Réfléchis un peu ! Tu vas payer pour ce que tu as fait à ma soeur  ! Est-ce que tu peux te douter un instant de l’amour que j’éprouve pour ma soeur ? Non ? Ca ne m’étonne pas, tu n’es qu’un égoïste ! Ma soeur est tout pour moi, c’est elle qui m’a relié à la vie, cette vie dans laquelle je n’ai jamais pu entrer ! Elle était mon oxygène ! Elle était moi ! J’étais elle ! Et toi tu as détruit ma soeur, tu l’as défiguré ! Tu vas payer pour ça, tu comprends !

Elle lui parlait à quelques centimètres du visage et il se rendait compte qu’elle perdait la raison. Son visage était marbré de tâches blanches.

- Je vais faire venir Cécile et on te fera subir ce qu’elle a vécu ! Ca te va !

Jordan se rendait compte qu’il était trop tard pour discuter et qu’il fallait qu’il se sorte tout seul de cette situation.

- Tu as raison, appelle Cécile.

- Bien sûr que j’ai raison, mais ne te réjouis pas trop !

Le bateau était amarré à Viviers dans l’Ardèche. C’était un petit port de plaisance d’une quarantaine de bateaux et celui de Jordan était connu. Il aimait beaucoup cette région située pas très loin des Gorges de l’Ardèche, au sud de Montélimar. il y avait effectué de nombreuses randonnées à pied et à moto. Il se dit qu’inévitablement un de ses amis du port voudrait le saluer et cela le rassura. Il suffirait d’attendre.

- Allez-y, appeler votre soeur et qu’on en finisse.

- Taisez-vous et n’essayez pas de vous libérer ou je vous casse une jambe ou peut-être même les deux !

- Vous ne savez plus ce que vous faites.

- Ne vous occupez pas de ce que je fais !

Cécile venait de se coucher quand elle entendit le téléphone.

- Cécile  ?

Elle reconnut immédiatement la voix de sa soeur.

-Astrid ! Où es-tu ? Astrid, mon petit, dit-moi où tu-es ! Tout le monde te recherche !

- Laisse-moi parler ! Je vais très bien. Je veux que tu viennes me rejoindre.

- Où es-tu?

- Viens me rejoindre, je suis sur un bateau.

- Sur un bateau ?

- Oui ! Viens tout de suite ! Amène-moi des calmants, j’ai mal à la tête. Viens Cécile, j’ai besoin de toi !

- J’arrive. Dis-moi où je dois aller !

Cécile s’était installé à Uzès peu de temps après la mort des ses parents. Elle avait acheté un appartement dans le centre-ville. Pour rejoindre Astrid, elle devait faire environ 90 km et il faudrait au moins une heure pour rejoindre sa soeur. Devait-elle prévenir la police ? Elle hésitait. Elle voulait revoir sa soeur avant, mais elle se dit qu’il serait plus sage de prévenir le chef de la gendarmerie avec qui elle avait de très bons rapports et dont elle pensait pouvoir obtenir un délai avant d’intervenir. Celui-ci lui accorda une heure.

Grâce à l’autoroute, elle arriva très vite et se rendit au port. Elle dut traverser le ponton pour arriver au bateau de Jordan. Elle n’entendait rien. Ne voyait rien de particulier.

-Astrid ! C’est moi Cécile !

Elle attendit encore un moment avant d’apercevoir Astrid.

- Cécile ?

- C’est moi ! Viens vite !

- Oh, Cécile, j’ai si peur. J’ai mal. Je suis mal.

- Explique-moi ce que tu fais ici.

Elle ne voulait pas lui dire tout de suite que la police allait arriver. Astrid tremblait dans ses bras.

- Raconte-moi, ma petite, je suis là maintenant, tu ne risques plus rien. Je vais te donner les calmants que j’ai trouvé à la maison, ça te soulagera.

- Il est là, Cécile. Je l’ai retrouvé ! Il est dans le bateau !

- De qui tu parles ? Calme-toi. Repose-toi contre moi.

- Puisque je te dis que je l’ai retrouvé ! Il est là, je l’ai attaché ! Tu vas pouvoir te venger. On va lui faire subir ce qu’il t’a fait subir !

- Astrid, je ne comprends rien ! De qui tu parles ?

- De Jordan ! Jordan ! Tu te souviens de Jordan ? Il est là, je l’ai attaché pour toi ! On va se venger! Viens !

A suivre…

août 21, 2008

T’es parti ?

Classé dans : Humeurs et réflexions — Mots-clefs :, , , — motpassant @ 11:22

- Tiens, bonjour ! Comment allez-vous ?

- Très bien, merci et vous ?

- Oh, je rentre de vacances, j’ai repris le boulot hier, c’est dur, mais c’est comme ça. Et vous ?

- Et moi quoi ?

- Ben, vous êtes partis ?

- Oh, non, je pars rarement. Je préfère rester à la maison.

Interrogation.

- Même pas quelques jours ?

- Ben, non.

- Ah, bon.

Qu’est-ce que je fais ? Je me justifie ? Je passe pour un vieux con qui ne veut pas bouger de chez lui ? Je lui dis que je ne peux pas laisser mon jardin, plein de haricots et de tomates ? Je lui dis que je déteste les bouchons ? Que je n’aime plus rouler ? Que ma voiture n’est pas récente ? Que je n’ai plus les moyens de partir ? Que je viens de prendre un chat et que je ne veux pas le laisser ? Que j’héberge une vieille tante ?

Je suis entré, sans m’y attendre dans la catégorie de ceux qui ne partent pas.

août 20, 2008

un amour

Classé dans : fragment — Mots-clefs :, , — motpassant @ 3:18

57

La silhouette brune au teint mat se prépare dans sa salle de bain. Elle est consciente de sa beauté.

Simplement vêtue d’un long peignoir blanc ouvert, elle marche doucement vers le lit où repose l’homme qu’elle aime.

Il  a les yeux mi-clos, fatigués et creusés. Ses cheveux noirs rejetés en arrière découvrent un large front blanc et un visage amaigri au teint blanc, presque gris.

Le puissant soleil d’été tente de s’infiltrer au travers de l’épais rideau d’un vert tendre rassurant.

La jeune femme ôte son peignoir et s’installe au-dessus son compagnon avec beaucoup de précautions.

- Je ne te fais pas mal ?

- Non.

- Je t’aime, mon amour.

Il tente d’esquisser un sourire comme si déjà ses muscles ne répondaient plus à ses sollicitations.

Le buste de la femme est bien droit. Elle lit dans son regard. Il demande qu’elle lui prenne les mains et qu’elle les pose sur ses seins. Elle sent les mains froides l’entourer et sent même une légère pression.

- Merci.

- Ne dit rien. Laisse-toi faire.

Elle l’absorbe. Elle veut par ce geste lui redonner la vie qui le quitte. Son magnifique corps déborde d’amour et de sensualité. Ses longues mains parcourent le torse creusé de cet homme qu’elle admire tant et dont elle n’accepte pas le départ.

Elle se redresse et le prend en elle. Ses yeux se ferment. Se rattachent aux souvenirs de leurs étreintes. Il n’a plus la force de l’accompagner, mais elle sait qu’il est en communion. Ses mouvement sont doux et assurés.

Il était si beau. Il s’étaient rencontrés très jeunes et leur amour avait résisté au temps. Comment accepter que cette maladie les sépare ? Leurs corps ne faisaient qu’un depuis tant d’années.

- Je ne t’abandonnerai pas.

- Je sais …

août 19, 2008

L’info et le net…

Classé dans : Humeurs et réflexions — Mots-clefs :, , , — motpassant @ 3:33

 Le net n’est qu’un relais de l’information traditionnelle.

Il faut objectivement le constater.

Les blogs sont remplis d’articles inspirés et trouvés dans la presse traditionnelle. Et même celle-ci se copie et utilise les mêmes sources en les analysant selon sa sensibilité et son lectorat.

A part des créations littéraires, des blogs photos, que sont les blogs, sinon des relais ? Combien de copié-collé ?

Même les quelques blogs qui se sont créés du genre de Rue 89, Médiapart, Bellaciao, etc… que font-ils ? Que font leurs journalistes à part se reporter dans les grands quotidiens ou hebdomadaires pour ajuster à leurs sauces les différents sujets ?

Il faut noter par ailleurs que tous ces médias soi-disant ” indépendants” ou “nouveaux” sont tous de gauche.

Il n’y a aucune inventivité en matière d’info sur le net et le croire s’est se tromper lourdement.

Prenez l’exemple d’aujourd’hui concernant la perte de dix soldats français. Dès l’info parue dans les médias traditionnels cette info a fait l’objet de billets identiques à la source en y rajoutant tout simplement sa tendance politique.

En matière d’informations le net est n’est en fait qu’un grand défouloir et si l’on veut s’informer sérieusement il faut se reporter a la presse traditionnelle. Il y a suffisamment de choix.

Ça me rappelle les radios libres dans les années 80.

août 16, 2008

les clichés…

Classé dans : Uncategorized — motpassant @ 3:29

En littérature, il faut éviter les clichés !

Exemple :

Avoir une faim de loup

Une fièvre de cheval

La couleur argentée de la lune

Sonner le glas

Une confiance aveugle

Tremper ses lèvres

Rire aux éclats

Le ressac incessant

Une amitié indéfectible

Pourtant dans tous les livres que j’ai lu,je ne lis que des clichés à l’image de ceux cités ci-dessus.

Qu’est-ce qui fait qu’une expression devient un cliché ?

Est-ce la volonté de renier ce qui a été écrit et qu’il faut sans cesse réinventer l’écriture ?

J’ai à côté de moi ” Germinal ” p. 265, il écrit :

<< Le lendemain, le temps fut superbe, un ciel clair de gelée, une de ces belles journées d’hiver, où la terre dure sonne comme un cristal sous les pieds. >>

Cette phrase n’est-elle faite que de clichés ?

Faut-il pour écrire se poser en permanence la question du style ?

Pour ma part, je suis persuadé que l’expression écrite est une merveilleuse thérapie et que plus on la travaille, plus on se découvre. Une des grandes désespérance de notre époque de soi-disant communication est que le dialogue direct est devenu pratiquement inexistant. Même dans l’enseignement, le dialogue est relégué au profit du sacro-saint programme qu’il faut respecter. Le nombre d’élèves par classe, sa diversité participent aussi à freiner ce dialogue.

Le déficit de l’expression verbale et écrite est  cause de de rejet.

Il suffit de peu de choses pour provoquer une communication et ainsi changer le regard des uns sur les autres.

Et, c’est la raison pour laquelle je me demande s’il est si vital, quand on veut écrire de s’imposer des critères qui freinent la créativité et surtout l’expression.

Je m’interroge parfois sur la pertinence des études des spécialistes de l’analyse des textes écrits par des auteurs qui ont dépassés le temps et dont beaucoup se souviennent de leurs livres avec reconnaissance. Je m’interroge de la même façon sur les digressions des auto-proclamés spécialistes de la peinture. 

 

Malgré tout, j’en profite pour indiquer le lien du site ” Études littéraires ” qui me fait rêver et sur lequel je passerais des journées entières.

Anastrophe : Renversement de l’ordre habituel des mots dans une phrase.

“D’amour mourir me font, belle marquise, vos beaux yeux (Molière)”

Anaphore : Répétition d’un mot ou d’un groupe de mots au début de plusieurs phrase successives, pour insister sur une idée, produire un effet de symétrie.

“Marcher à jeun, marcher vaincu, marcher malade (Hugo)”

Circonlocution : Façon de parler qui exprime la pensée de manière indirecte ou imprécise et qui témoigne d’une difficulté à dire.

“Oui. Je parle bien quand j’ai quelque chose à dire. Non pas que j’arrive précisément à dire ce que je veux dire. Malgré moi, je dis tout autre chose. Mais cela je le dis bien.”

Hyperbate : Figure consistant à intervertir l’ordre habituel des mots qui occasionne un allongement de la phrase.

“Le long d’un clair ruisseau buvait une colombe (La Fontaine).”

Périssologie : Procédé de style consistant à répéter plusieurs fois sous diverses formes la même idée, sur laquelle on veut insister.

“Puis-je me permettre de prier Monsieur de bien vouloir m’autoriser à reprendre mes travaux (Vian)”

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