
- Nous pourrions descendre vers le sud, qu’en pensez-vous ?
Elle s’est levée et s’est approchée de moi. Elle a posé sa main sur mon épaule. Une main douce et chaude.
- Ça ne vous gêne pas ? Il faut me le dire tout simplement.
Elle m’obligeait à prendre une décision que je n’avais pas envie de prendre parce que c’est elle qui l’avait formulée. Elle me mettait devant le fait accompli. De chasseur, en quelques instants, j’étais devenu gibier. La finalité du chasseur n’est-elle pas d’ attraper du gibier qui se défend, qui cherche à fuir. Si celui-ci ne se défend plus, mais au contraire, s’offre, le chasseur est désorienté. Et jusqu’à ce jour, j’ai toujours lutté pour conquérir une femme. Comment réagir face une fille qui en si peu de temps semble prendre la direction de ma vie.
- Pourquoi voulez-vous que ça me gêne ? A part peut-être le fait que vous soyez mariée. Je ne sors pas avec les femmes mariées.
Je me crois obligé d’énoncer ce mensonge pour me donner une contenance.
- Qui vous parle de sortir, comme vous dites ! Il s’agit juste de passer quelques heures sur votre bateau. N’est-ce-pas ? Répond-elle en riant. Allez ! j’en ai envie. Pas vous ? Vous avez peur de quoi ? Que je vous drague ?
Pourquoi ne pas me laisser aller ? Pourquoi, alors que l’on dit de moi que je suis un homme à femme, faut-il que je sois envahi de réticences, voire de craintes ?
Combien de fois, face à une femme, je me suis demandé pourquoi celle-ci semait sur son chemin tant d’obstacles qu’il fallait ensuite par ruses ou artifices, surmonter pour arriver à la séduction finale. Et là, j’étais obligé de constater que cette fois, c’est moi qui posait des obstacles qu’elle devrait franchir.
Je dois reprendre l’initiative.
- Mais non ! Bon, voulez-vous que l’on descende vers le sud ? Jusqu’où ? On pourrait descendre jusque Avignon. Nous pourrions y être à 13 heures et nous irons déjeuner chez un ami qui possède un petit restaurant au bord du Rhône. D’accord ?
Ses yeux se plissent de joie. Elle frappe dans ses mains. Un instant, elle me fait penser à une petite fille. Je remarque qu’elle est petite, peut-être 1m60, mais il se dégage de ce petit corps une telle sensualité qu’ on ne ne peut la percevoir que comme une femme assumée.
Elle me saute au coup et m’embrasse avec forces sur les deux joues.
- Quel dommage que je n’ai pas de maillot de bain, j’aurais pu me faire bronzer. Ça vous gêne si je me mets nue pendant que vous faites vos manoeuvres ?
Depuis la barre, je la vois ôter son peignoir et s’allonger sur un matelas. Elle semble ne plus s’occuper de moi.
Le soleil est déjà chaud, mais ça n’a pas l’air de la gêner. Elle est bronzée intégralement.
Les petits pieds en l’ air, la tête dans les mains, on pouvait lire sur son joli minois, un petit sourire énigmatique.
La première partie de son plan avait réussi. La suite ne devrait pas être plus difficile.
A suivre….
… Ça commence bien … au fait un clin d’oeil sur mon blog.