ICI, LA ET AILLEURS

juillet 31, 2008

23 juillet 2012 ( suite )

Classé dans : Uncategorized — motpassant @ 8:07

SONY DSC

Astrid n’arrivait pas à trouver le sommeil. Elle s’était enfuie sans ses médicaments et ce manque lui donnait des nausées. .

Elle avait froid et recroquevillée dans le lit, pourtant confortable, elle avait des difficultés à envisager sa situation. Elle avait eu beaucoup de chance pour s’enfuir de cette clinique. Son charme avait fait que peu à peu, la surveillance dont elle été l’objet au début de sa détention s’était légèrement relâchée. Elle s’en était rendu compte, mais en aucun cas elle pensait qu’elle aurait pu si facilement s’échapper.

Comme dans les romans d’aventures, elle avait sympathisé avec le garçon qui, toutes les semaines, emportait le linge sale et le plus simplement du monde elle s’était enfermée dans la camionnette au milieu des sacs de linge. Au premier arrêt, elle était sortie de la camionnette et tranquillement elle s’était retrouvée dans la rue.

Elle s’était  alors grisée de cette liberté et pas un instant elle ne s’est préoccupée qu’on allait sûrement la rechercher. Ces moments de griserie la rendait encore plus belle et occultait la détresse qui faisait de sa vie une suite de déceptions. Elle ne pouvait sortir de  cette vie qu’en vivant des situations particulières qu’elle ne maîtrisait pas, mais qui, le pensait-elle la forcerait à prendre des décisions. Et ces décisions, même si elle n’étaient pas rationnelles lui donnaient l’impression d’exister.

Vivre hors de sa propre vie ! Être à la recherche permanente d’une vie de substitution dans laquelle elle pourrait, espérait-t-elle, s’accomplir et trouver sa place parmi les autres. Pour cela, elle n’envisageait d’autres solutions que ce qu’elle ne considérait pas comme le mensonge, mais comme une enveloppe dans laquelle elle se glissait lui procurant ainsi une assurance provisoire lui permettant surtout de donner le change, car c’était inévitable, la réalité resurgissait très vite et il lui fallait alors très vite trouver une nouvelle forme d’expression

Quand elle s’était retrouvée dans la rue de ce petit village provençal, elle avait tout de suite compris qu’il lui fallait s’éloigner et c’est naturellement qu’elle a enfourché ce vélo et s’est engagée sur cette voie ombragée longeant le bord du Rhône. Les gens qu’elle croisait ne voyaient qu’une belle fille blonde, les cheveux aux vents et elle aurait pu aller loin si, passant sur une bosse elle avait perdu le contrôle de sa bicyclette et foncé droit dans le Rhône.

Plusieurs fois dans la nuit, elle avait entendu la porte s’entrouvrir, mais n’avait pas bougé.

Demain, il faudrait sûrement qu’elle donne des explications à Jordan. La solution serait qu’il la laisse repartir comme si de rien n’était, pensa-t-elle naïvement.

Ses maux de tête ne lui permirent pas de fermer l’oeil de la nuit et dès qu’il entendit Jordan s’activer dans la maison, elle s’était décidée à se lever.

- La voilà, bonjour Astrid ! Ca va ?

- Bonjour.

- Bon, j’ai compris ça va pas fort fort ! Allez, j’ai préparé le petit déjeuner sur la terrasse. Vous devez avoir faim, en tout cas, il faut manger ! Café ? Thé , Chocolat ? Comme à l’hôtel !

- J’ai tué mes parents !

- ……

- Oui, j’ai tué mes parents ! Vous ne comprenez pas ce que je vous dis ? J’ai tué mes parents ! Alors maintenant faites ce que vous voulez !

Elle s’assied devant sa tasse et attend. Rien de son bouillonnement intérieur ne se lit sur le visage.

Jordan accuse le coup et ne semble pas avoir perçu cet aveu comme une réalité, mais comme une suite des troubles de personnalité d’Astrid.

- Mangeons.

- Je vous dis que j’ai tué mes parents et vous me dites que je dois manger !

- Oui, Astrid, je vous dis cela. Mangez.

Il est curieux comme parfois il semble que l’on maîtrise davantage une situation que l’on perçoit comme grave qu’une situation plus bénigne. Et Jordan, qui jusque là avait plutôt subi, retrouvait enfin le rôle de celui qui lui convenait. Il allait devoir prendre des décisions en fonction d’un événement concret. Son regard sur Astrid changea et celle-ci s’en aperçut aussitôt. Elle se dit qu’elle aurait du se taire. Il allait lui falloir, une fois de plus utiliser une nouvelle méthode pour remettre la situation à son avantage.

Si rien ne se lit sur le visage D’Astrid, il en est de même sur celui de Jordan. Et le petit déjeuner se déroule sans un mot.

- J’ai un ami médecin qui habite à côté, je vais lui téléphoner. Il vous donnera de quoi vous apaiser et nous pourrons ensuite parler. D’accord ?

- Il n’est pas question que vous fassiez venir un médecin. je vais m’en aller.

Elle se lève, sans le regarder. D’un pas sûr, elle se dirige vers le chemin de terre.

- Astrid ! Je ne vous laisserai pas partir dans cet état !

Jordan se précipite sur elle et lui saisit le bras et la ramène de forces sur la terrasse.

- Vous me faites mal ! Lâchez-moi ! Vous n’avez pas le droit de me garder ici !

Sa voix est calme, mais elle a une résonance métallique inquiétante.

- Vous rendez-vous compte que vous venez de me dire que vous avez tué vos parents. Pourquoi dites-vous ça ?

- J’ai tué mes parents. Je suis malade et je me suis échappé de la clinique où l’on m’a enfermée. Vous êtes satisfait ? Je les ai tué à coups de couteaux !

Jordan, malgré son trouble ne laisse rien paraître et s’assied à côté d’elle.

- Et je dois croire à une histoire pareille ?

- Vous croyez ce que vous voulez ! Maintenant je veux partir !

- Vous m’avez dit que vous aviez une soeur.

- Oui, j’ai une soeur, elle s’appelle Cécile, ça ne vous dit rien. Cécile !

 

……..

juillet 30, 2008

mes volubilis…

Classé dans : Uncategorized — motpassant @ 2:36

source image

J’ai planté, il y a quelques mois des graines de volubilis. Je n’y croyais pas trop, mais 24 cts le sachet chez Lidl, je me suis permis cet achat !

Or, quelques jours après, sortaient des fines tiges et rapidement j’ai du installer des tuteurs. Elle monte très vite et accroche tout ce qu’elle peut.

J’attends avec impatience l’arrivée des fleurs, au mois de septembre si tout va bien.

Mais en regardant sur Wikipédia, quelle n’a pas été ma surprise d’apprendre que les graines de cette fleur magnifique avait des effets hallucinogènes !

Je cite :

- Les graines de certaines volubilis contiennent de l’ergine (aussi appelé LSA), un alcaloïde hallucinogène proche du LSD. Les graines sont généralement réduites en poudre (sans quoi elles ne seraient pas digérées) puis avalées. Alternativement, elles peuvent être mâchées.

Les effets se font sentir lentement (4 heures) et longtemps (environ 6 – 10 heures). Ceux-ci sont précédés d’une heure de nausées

Les trois effets les plus évidents sont une modification de la perception (voir hallucinations), un changement dans la manière de penser, et une douce euphorie.

Comme tout produit psychotrope, il est déconseillé d’en consommer. Le fait d’avoir des antécédents familiaux de schizophrénie ou en souffrir augmente la problématique de la consommation.

Vous rendez-vous compte : “un changement de manière de penser” et ” une douce euphorie”!

Moi, qui ne sait pas comment faire fonctionner mes pensées et surtout moi qui suis très éloigné de l’euphorie !

Aussi, je me suis dit que compte tenu du concept actuel qu’il faut avoir fumé du haschich ou même goûté à toutes sortes de drogue pour être cool, que je pourrais faire commerce de cette substance et ainsi améliorer ma retraite.

Peut-être devrais-je créer un site pour promouvoir ma nouvelle activité ? Ce serait tellement cool !

Qu’en pensez-vous ?

si ça continue comme ça….

Classé dans : Uncategorized — motpassant @ 8:10

C’est les vacances, le temps de la détente et à  cette occasion, j’ai ressenti le désir de faire plaisir !

Je suis certain que de nombreuses personnes seront ravies d’entendre cette mamie en colère !

Alors on dit merci à qui ?

juillet 29, 2008

au jardin…

Classé dans : Uncategorized — motpassant @ 9:47

Je me souviendrais toujours du jardin de mon grand-père dans les Vosges. C’était un jardin en pente que mes souvenirs idéalisent sûrement. J’ai encore en mémoire les senteurs qu’il dégageait, lorsque, âgé d’une dizaine d’années, je restais assis pendant de longues minutes sur la bordure de pierres chauffées par le soleil d’été.

Je me souviens encore de la couleurs de chaque légumes, mais surtout de chaque fleurs. Les vraies couleurs que les peintres de tous temps s’évertuent à reproduire.

Je me souviens en particulier des glaïeuls colorés, aujourd’hui me semble-t-il un peu en désuétude, mais à l’époque une fleur moderne que tous les jardiniers cueillaient avec précautions pour en faire de magnifiques bouquets.

Et puis, je me souviens aussi de la rangée de groseilliers, des groseilles rouges, noires, des groseilles à maquereaux et encore des cassis.

Je me souviens de ces oeillets d’Inde disséminés dans tout le jardin tels des note de couleurs d’impressioniste.

Ces souvenirs, que j’aurais pu ressentir comme une simple nostalgie bien légitime, m’ont permis de comprendre qu’en fait, mon grand-père, si je ne lui nie pas un certain goût de l’esthétique, construisait son jardin de telle manière que chaque plante, que ce soit un légume ou une fleur soit d’une part complémentaire et d’autre part se protège mutuellement. Pour arriver à cela, il faut des années d’expérience, mais si on a quelque peu la fibre écologique et que l’on veut échapper à une certaine facilité nocive en matière d’environnement, chacun peut trouver au fond de son enfance, un oncle, un grand-père ou même un père qui n’avait pas besoin de Nicolas Hulot pour leur dire ce qui était bon pour la terre et ce qui ne l’était pas. Le business écolo et le  business chimique n’existait pas.

Tout ça pour dire, que cette année, j’ai enfin su comment structurer mon jardin de manière à ce que celui-ci gère lui-même ses prédateurs, m’évitant ainsi d’utiliser des produits tous plus miraculeux les uns que les autres.

Trucs :

- Des fleurs tout autour du jardin.

- Laisser monter en terre un légume de l’année précédente. Celui-ci attirera tout les pucerons. Pour ma part, cette année, j’ai laissé un cardon qui en plus produit une magnifique fleurs violette et dont la tige attire tous les pucerons du jardin. Le cardon est régional, mais vous pouvez laisser un plant de fenouil par exemple.

- Utiliser les tailles des plants de tomates pour éloigner tous les papillons blancs qui dévorent tout ce qui à des feuilles comme les choux.

- Pailler les tomates, les courgettes, les aubergines, les cornichons, les melons, etc… avec de la paille ou de la tonte de gazon. Cette méthode permet de limiter les arrosages. Pour exemple, je n’ai arrosé mes tomates qu’une fois lors de la plantation !

- En revanche arroser à volonté les salades !

- Noter les associations bénéfiques que vous constatez au cours de la saison.

Vous me direz : et les escargots et les limaces, on en fait quoi ?

Alors oui, ça reste un problème, mais après tout ne faut-il pas redonner un peu à la nature ce qu’on lui prend ?

Pour limiter les ravages des ces bestioles, il est important que les abords du jardin soient nets ou même que celui-ci soit entouré d’une bordure en ciment suffisamment haute.

Et puis, je dois l’avouer, je procède régulièrement à un génocide d’escargot !

Le seul produit que j’ai utilisé cette année est la bouillie bordelaise pour traiter mes tomates adolescentes, mais une seule fois

juillet 28, 2008

l’homme rat…

Classé dans : histoire — motpassant @ 11:05

 

Source

L’homme hurlait dans la rue :

- J’en ai marre de cette vie ! J’en ai marre !

Il avait dans les mains une  énorme hache qu’il brandissait au-dessus de sa tête.

- J’en ai marre !

Evidemment personne n’osait s’approcher, ce qui pourtant n’évitait pas un attroupement important.

Quand, tout à coup, il abat son outil sur une plaque d’égoût. Celle-ci se brise et tombe dans la bouche. A la seconde même , un rat d’une taille jamais encore rencontrée à ce jour, surgit, prend l’individu à la gorge et l’entraîne dans le trou noir et nauséabond.

Tout le monde se précipite, mais l’homme énervé a disparu !

Le gigantesque rat, depuis un moment suivait, depuis le sous-sol, le parcours du forcené. Il entendait ses cris et surtout avait compris que celui-ci en avait marre. Aussi, se dit-il, puisqu’il en avait marre, il allait l’emmener dans le monde des rats où règne l’harmonie et la paix.

Il s’efforcait de ne pas blesser l’homme, lequel, tellement effrayé, ne bougeait pas, n’essayait pas de se dégager, comme résigné. Ou peut-être avait-il déjà compris qu’il allait entrer dans un monde au sein duquel il s’épanouirait enfin ?

Les premières années furent difficiles, vous vous en doutez. Puis il entra dans sa nouvelle vie de rat. Il se déplaçait maintenant à quatre pattes, des moustaches indispensables dans l’obscurité lui poussèrent et même une queue commençât à se développer, bien utile dans les quelques mésententes qui survenaient de temps à autres.

Mais, depuis sa vie n’était plus que détente et loisir. Il échappait à toutes les obligation humaines qu’il n’avait pu assumer.

Et surtout, il échappait à la parole et à l’écrit, ces fléaux qui faisaient tant de dégâts chez les humains.

Il était persuadé qu’en fait il aurait du naître rat, mais comme cela arrive souvent la nature a des ratés.

Une seule chose l’ennuyait. Il devenait obèse. La nourriture était trop abondante et il ne savait pas se limiter. Plus les humains consommaient, plus les rats profitaient du gaspillage.

Il devait réagir, car il devenait trop gros pour certaines galeries, une fois même, il était resté coincé !

Cet homme-rat, à l’heure actuelle, vit toujours sous nos pieds.

juillet 27, 2008

23 juillet 2012 ( suite )

Classé dans : histoire — motpassant @ 7:56

SONY DSC

Cécile ne comprenait pas les difficultés qu’éprouvait la police dans ses recherches. Elle était en contact quotidien avec le chef de la gendarmerie et elle avait beau chercher, elle ne voyait pas où pouvait se cacher sa soeur. Plus les heures passaient, plus l’idée qu’Astrid aurait pu mettre fin à ses jours s’insinuait et elle insistait pour que l’on fasse des recherches dans ce sens.

Maintes fois, au cours de ses crises, Astrid avait fait allusion au suicide.

Malgré l’acte horrible qu’avait commis sa soeur elle ne pouvait occulter la tendresse qu’elle avait pour elle. Les liens familiaux sont souvent irrationnels, difficiles à briser. L’image de ses parents couverts de sang ne quittait jamais son esprit, mais elle n’arrivait pas à faire directement le lien avec sa soeur. Elle était son aînée de quatre ans, et celle-ci lui avait toujours paru d’une telle fragilité qu’elle ne pouvait l’associer à un acte aussi violent. Elle en était arrivée au point de souffrir davantage pour sa soeur que pour la mort de ses parents.

Elle était professeur d’anglais au lycée voisin, son travail lui plaisait et tous ses collègues témoignaient envers elle d’une solidarité qui lui permettait de tenir. Mais l’annonce de la fuite d’Astrid avait remis en cause le fragile équilibre qu’elle avait réussi à installer et elle craignait  par-dessus tout un autre drame.

Cécile se demandait comment Astrid, sans argent, sans moyen de locomotion pouvait ainsi échapper aux recherches. Il faut dire que, sans être averti, personne ne pouvait se douter que cette jeune fille était malade. Elle avait toujours eu cet air à la fois enfantin et déterminé qui faisaient d’elle une personne à qui on pouvait, dans un premier temps faire confiance et même se confier, même s’il ne fallait pas longtemps pour qu’une faille s’ouvre et provoque l’interrogation chez l’interlocuteur.

Lui revenait en  mémoire l’enterrement de ses parents. La stupeur dans le village. Puis la procédure qui se conclut par le placement en clinique psychiatrique.

Astrid n’a jamais expliqué son geste. Avait-elle transféré ses idées suicidaires en idées meurtrières en tuant ceux qu’elle rendait responsables de son état ? La caractéristique de ces maladies psychiques est que le malade n’est pas conscient de sa maladie. Il l’a intégré comme mode de vie et l’auto-persuasion devient alors un mode de fonctionnement qui l’aide et lui permet d’intégrer à l’intérieur de celui-ci toutes les dérives psychiques qui l’assaillent.

C’est ainsi que le malade ne se perçoit pas comme tel, mais comme quelqu’un doté d’une personnalité particulière avec laquelle il peut évoluer dans la vie. Et s’il y a parfois des doutes ou des interrogations ou encore des réactions extérieures, il  se renforce davantage dans ses convictions, se persuadant d’être incompris et seul au monde. C’est une maladie qui, pour exister a besoin de s’auto-alimenter. Les traitements ne soignent alors que les maux physiques d’un corps attaqué de toutes parts comme s’il recevait des coups en permanence, mais ne soignent aucunement le trouble psychique. Il faut ajouter à cela, l’impuissance de l’entourage qui ne peut entrer dans ce fonctionnement et dont souvent les actions ne font que conforter le malade dans dans sa pathologie. Celui-ci devient alors un manipulateur inconscient et joue de ce désarroi pour s’alimenter tel un chat jouant avec une souris. Plus il parait malheureux, plus il interpelle l’entourage et plus il peut justifier qu’il faut s’occuper de lui et plus il peut ou non protester contre cette attitude.

……..

juillet 25, 2008

dans une parfumerie…

Classé dans : il est des jours... — motpassant @ 2:51

dune

- Bonjour, auriez-vous de l’eau de toilette Dune.

Je prononce “dioune”pour faire anglais. Elle me regarde avec commisération.

- Dune de Dior ?

- Oui c’est ça. – Je ne sais jamais s’il faut prononcer en anglais ou en français. D’autant que je ne parle pas anglais !

Je souris bêtement, mais elle ne le voit pas puisqu’elle ne m’a pas encore regardé.

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué le décalage qu’il peut exister entre le style homme qui entre dans une parfumerie et celui des vendeuses. D’autant qu’en raison de la saison et de la chaleur, certains hommes dont je suis, s’affublent de ces affreux bermudas tellement pratiques. Certains vont même et je n’en suis pas ( veuillez me croire ) jusqu’au ridicule en se chaussant de mocassins dans lesquels ils ont gardé leurs chaussettes ! Il ne faut pas oublier le tee-short qui pend ou la chemise ouverte sur des poils autrefois symbole de virilité !

En face de ce tableau, vous avez la vendeuse en parfumerie. Au premier regard vous comprenez que vous n’avez pas affaire une vendeuse de légumes ou de poissons. Vous avez affaire à une vendeuse d’un degré ” supérieur ” qui vend des produits de luxe auquel vous aspirez, mais dont vos moyens ne vous permettent pas d’y accéder. Aussi, dès votre entrée, vous regarde-t-elle comme si vous vous étiez trompé de boutique.

Et elle, elle n’a pas de bermuda ! C’est la grande classe ! D’abord, elle sent bon ! Normal, vous me direz !

Celle de ce matin, donc sentait bon. Elle portait un chemisier d’un blanc immaculé dont le décolleté laissait entrevoir deux seins bien proportionnés enveloppés dans un soutien-gorge gris !

La classe !

Afin de satisfaire à ma demande, elle se dresse sur la pointe des pieds pour saisir le flacon situé un peu trop haut sur les rayons. Ce geste, malgré la jeunesse de la dame semble pourtant lui demander un effort dont apparemment elle n’est pas coutumière, effort qui a surtout pour effet de déranger sa belle harmonie vestimentaire. Elle doit, d’urgence réintégrer le chemisier blanc dans le pantalon de toile blanche transparente au travers duquel on peut, si l’on regarde évidemment, éviter de deviner la présence d’un string , et je ne sais trop pourquoi remonter la mèche de cheveux qui de toute manière même sans bouger lui recouvre la moitié du visage. Un visage d’où ressort principalement des lèvres rouges et brillantes. Les yeux, en revanche paraissent éteints. Était-ce du à la nuit précédente ? Ou des soucis ? Ou et sûrement à cause de ma présence aussi incongrue qu’un chat dans un aquarium ( ça, c’est de moi ) ?

- C’est pour offrir ?

Ce qui voulait dire, si j’interpréte son état d’esprit :

- Si en plus, il faut que je lui fasse un paquet !

- Non, non, c’est pour moi !

Je réponds, fier de laisser entendre que je ne suis pas aussi rustre qu’elle semble le penser, mais non rien n’y fait

- Ça fait 89 euros. Chèque ou carte bleue ?

Non, décidément les vendeuses en parfumerie ne m’aimeront jamais !

juillet 24, 2008

23 juillet 2012 ( suite )

Classé dans : Uncategorized — motpassant @ 10:07

Jordan avait décidé de rejoindre le port et de la ramener ensuite chez elle. Il avait besoin de faire le point, d’essayer de comprendre ce qu’il lui arrivait.

Il habitait une villa récente que une colline qui donnait sur le Rhône C‘était une maison modeste, mais qu’il avait su meubler et décorer avec goût. Une piscine et un jardin ombragé faisait de cet endroit un lieu où l’on respirait le calme et le repos.

Astrid s’était enfin réveillée. Son sommeil avait été agité. Les traces de sa crise se lisaient sur son visage, mais elle semblait doucement revenir à la réalité. Jordan s’installa à côté d’elle, soulagé d’être rentré chez lui, il allait être plus à l’aise pour gérer cette situation.

Elle se comportait comme si elle était seule. Rien autour, ne semblait avoir prise sur elle.

- Vous allez-mieux ? Vous pouvez me parler ?

- Je n’ai plus rien à dire depuis longtemps.

- Pourtant, j’aimerais comprendre ce qui vous est arrivé.

-Je n’ai pas envie de parler pour le moment, s’il vous plaît, laissez-moi.

Sa voix était suppliante empreinte d’une douleur réelle.

- Pas de problème, mais il faudrait tout de même que je prenne des dispositions pour prévenir votre famille. Personne ne sait où vous êtes.

Sa tête, doucement s’est tournée vers lui :

- S’il vous plaît, laissez-moi du temps ! Je ne veux voir personne.

- Très bien, reposez-vous et nous parlerons plus tard, il le faudra bien.

Quand la nuit est tombée, elle n’avait pas bougé de son fauteuil. Après le repas, Jordan invita de nouveau Astrid à s’exprimer, ce qu’il faisait avec une douceur contrainte.

- Astrid, il faut absolument que je comprenne ce qui se passe. je ne sais pas encore où vous habitez. Je ne sais rien de vous et vous êtes là, chez moi, en état de choc. Vous devez bien vous rendre compte de la situation. Si vous ne voulez pas me parler, dites-moi au moins à quel endroit et je vous ramènerai chez vous.

Jordan lui tenait les mains, elles étaient glacées.

- Savez-vous au moins où nous sommes ?

- Oui, nous sommes chez vous. Mais je ne veux pas partir.

- Mais enfin Astrid, pourquoi ? Vous m’avez dit que vous étiez mariée, il faut au moins téléphoner à votre mari. Vous m’avez dit être en vacances dans la région, dites-moi où c’est.

- Je ne veux pas partir. Je veux rester ici. Je ne veux plus bouger. Plus voir personne !

Des larmes coulent à nouveau, elle se prend la tête dans les mains.

- Je ne veux pas partir !

- Astrid…

- Personne ne m’écoute. Personne ne me comprend. Je souffre depuis tant d’années. Gardez-moi ici ! Vous ne pouvez pas comprendre. Je ne m’en sortirai jamais. Je n’ai plus envie de vivre !

Jordan est obligé de la soutenir pour éviter qu’elle ne tombe au sol. Elle s’accroche à ses bras à lui faire mal.

- Je vais appeler un médecin.

- Non ! Ne faites pas ça !

- Mais que voulez-vous ? Il s’énerve et perd quelque peu son sang -froid.

- Je ne veux pas partir ! Gardez-moi ici !

- Allons nous coucher et nous verrons demain. D’accord ?

Elle se laisse emmener à la chambre en silence.

Le lendemain, Jordan s’était levé de bonne heure et attendait avec inquiétude le réveil d’Astrid. Il ne savait plus comment agir. C’était un garçon qui avait toujours vécu seul. Fils unique, il avait conçu sa vie au fil des années, de manière à ne pas s’impliquer dans la vie des autres, surtout en fait par méconnaissance des relations sociales. Peu à peu il avait isolé son expérience, faisant de celle-ci sa seule référence pour évoluer dans la société. On pouvait ainsi ressentir à son contact une certaine indifférence ou même de l’égoïsme, mais ce n’était en réalité que la perception d’une personnalité qu’il s’était construite patiemment. Malgré tout, sa compagnie n’était pas désagréable et sa façon de vivre n’entraînait pas, dans son entourage de critiques particulières. D’autant que physiquement il était agréable et que des études universitaires brillantes avaient fait de lui quelqu’un d’ouvert.

Cependant, il ne recevait jamais. Peu de gens connaissait sa maison et beaucoup, d’ailleurs ne savaient même pas où il vivait.

C’était encore plus vrai depuis qu’il avait réduit son activité professionnelle de pêcheur. Il avait pris la succession de son père et avait pendant quelques années dirigé une flottille de cinq bateaux ce qui lui avait permis de vivre confortablement et depuis qu’il avait vendu son affaire, il vivait la plupart du temps en retrait sur son bateau ou tranquillement dans sa maison où il passait de longs moments à lire ou même parfois à écrire. Il aimait coucher sur le papier tout ce qu’il ne partageait pas avec ses semblables.

…………

 

 

 

 

juillet 23, 2008

Harfang des neiges…

Classé dans : il est des jours... — motpassant @ 4:38

800px-Schneeeulecele4

J’ai commencé plusieurs billets aujourd’hui. Dont un sur Félix Vallotton dont vous pouvez voir les oeuvres ici et un sur ma visite dans une parfumerie ce matin où je me suis acheté ça , mais finalement j’ai préféré vous présenter cette magnifique chouette !

juillet 22, 2008

constat

Classé dans : Images / Réflexion — motpassant @ 10:11

Source

 Il faut laisser entendre que l’on sait, d’une part par manque de courage et d’autre part par peur de la mise à l’écart.

On aboutit ainsi à une ou deux pensées uniques qui marginalisent ceux qui voudraient prendre un chemin différent.

La pression actuelle sur les individus est telle que reconnaître que l’on ne sait pas ou que l’on ne comprend pas est devenu rédhibitoire.

Ne plus s’aventurer dans la contradiction est devenu une règle car elle provoque aussitôt non pas une discussion, mais une confrontation. Les convictions ne sont plus en soi, mais conçues à l’extérieur et proposées au plus grand nombre. Elles sont souvent empreintes d’une certaine dose de démagogie, ingrédient nécessaire de base dans les relations actuelles.

Articles plus anciens »

Publié sur WordPress.