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Une fois par an, au moment de l’ équinoxe, ma chambre au lever du jour s’ illumine d’ une lumière blanche éblouissante tellement forte qu’ elle ouvre la fenêtre de laquelle s’ échappe un souffle gigantesque qui va recouvrir toute la vallée.
Sans m’ en rendre compte, je me retrouve emporté par ce vent brillant. Mon corps est devenu une boule noire, luisante, d’ où s’ échappent des volutes de fumées brûlantes.
En quelques secondes, mais comment pourrais-je quantifier ce temps, mon nouveau corps se propulse dans l’ univers d’ où je peux observer les planètes dont certaines sont habitées.
Je peux également modifier mon volume, me rendre invisible, tel une particule. je peux ainsi pénétrer à l’ intérieur des humains et pire encore, lire leurs pensées.
Je peux aussi adopter une forme végétale ou m’ enfoncer dans les profondeurs de la mer.
Chacune de mes manifestations provoque chez les humains des moments d’ inquiétude et des rites pour me conjurer se sont installés au fil des siècles.
Je comprends leurs tourments, car je peux aussi détruire toute la végétation comme je peux aussi faire pousser des fruits ou des légumes d’ une taille démesurée.
Selon les régions ou les planètes, les rites sont différents. certains essaient de m’ amadouer, d’ autres consistent à allumer de grands feux, espérant m’ attirer et me brûler.
D ‘autres encore, et c ‘est nouveau font décoller d ‘immenses fusées. Ils tentent de me localiser et de me détruire, mais en vain, car je suis immatériel et n’ importe quel objet peut passer à travers mon corps sans que je n’ éprouve aucune sensation.
Je dois dire, à la décharge de ceux qui m’ affrontent que je fais rarement du bien et ma maladresse est légendaire. je n’ arrive pas à communiquer mon désir d’ aider les hommes et eux n’ arrivent pas à comprendre ma nature. Comment se comprendre quand on ne se connaît pas ? L ‘inconnu amène plus facilement un sentiment de rejet, voire d’ agressivité. Pourtant mon désir de communiquer est réel, et sûrement plus grand que dans ma forme humaine. J’ ai tout de même réussi à entrer en contact avec les élèves d’ un collège du sud de l’ Angleterre. Eux, seuls m’ entendent, ils ne me voient pas, mais perçoivent ma présence matérialisée par un souffle léger et sucré. Leurs questions sont curieusement en décalage avec les préoccupations de leur âge. je peux, avec eux évoquer la naissance de l’ univers, ce que sera l’ avenir de la Terre et des autres planètes.
Mon retour à ma forme humaine se fait lentement. Peu à peu, je réintègre mon corps et porté par un vent léger je me retrouve dans ma chambre. Il m’ arrive après mon retour d’ assister à des rites qui me sont consacrés. Ces rites consistent à organiser des fêtes où le défoulement et la crainte se mêlent au point parfois de tomber dans l’ excès, comme dans certaines planètes où l’ on sacrifie des êtres par le feu. Je voudrais les arrêter, leur dire que cela ne sert à rien, mais je me rends compte que les humains éprouvent le besoin d’ exorciser leurs peurs face à l’ inconnu, face au mystère de leur existence.
Quand le jour se lève, je me réveille doucement, dans le calme. 