


William Goldstein
Il m’arrive, lorsque je retourne chez moi, de visiter la tombe où repose ma grand-mère. Sur cette tombe, dans un médaillon, à peine marqué par le temps, surgit le doux visage d’une jeune femme du début du siècle. Elle me regarde au point que j’ai peine à quitter cet endroit.
Sa beauté, ses yeux bruns, clairs, francs me fascinent, m’hypnotisent. Elle sourit simplement, découvrant de petites dents éclatantes. Sa coiffure d’époque n’atténue pas le modernisme que dégage sa douce personnalité.




Cela se passait dans les années soixante. Je m’occupais alors d’un groupe d’enfants et le directeur, un prêtre, nous avait emmené à Sion.
Sion est un lieu de pélérinage situé à côté de Vittel dans les Vosges.
C’est un endroit posé sur une colline comme il y en a beaucoup dans cette région qui se caractérise par une succession de vallons d’où émergent les villages.
De ce lieu, on peut rejoindre une longue allée, bordée de peupliers menant à un monument érigé à la mémoire de Maurice Barrès.
J’étais très jeune, préoccupé par beaucoup d’autres choses que la poésie, mais tout au long de cette promenade, je fus, petit à petit, imprégné d’une sensation de quiétude.
Ce paysage semblait unique, échappé de l’imagination d’un poète.
Les peupliers, tels des guides complices semblaient accompagner les promeneurs et c’est ainsi que j’ai pu vivre ces moments intenses, isolé des mouvements extérieurs et des bavardages des enfants.
D’un simple regard, on avait l’impression de survoler la plaine.
Puis, on arrivait à la statue ou au buste, je ne me souviens plus très bien. Sur le visage du poète, on pouvait lire le calme de l’endroit.
Que s’est-il passé ce jour là ? Ce n’était pas physique. Ce n’était pas culturel. Mais inconsciemment, je me suis laissé gagner par la beauté du lieu, par le calme que celui-ci diffusait. C’était au début de l’automne, à l’image d’une peinture impressioniste, les petites feuilles des peupliers aux teintes marrons perdaient peu à peu leurs forces.
Ce moment magique n’a duré que quelques minutes, mais très longtemps après, je suis encore sensible aux frisssons que ce lieu m’a procuré.
Un lieu, une configuration ajouté à une prédisposition passagère peuvent être à l’origine d’un bien-être simple et rare.

Terreur au Zimbabwe
Dans la banlieue d’Harare, la capitale du Zimbabwe, un enfant sanglote, seul dans sa maison. Le pays s’est encore enfoncé davantage dans la terreur depuis que le président Robert Mugabe s’est lancé dans une véritable traque aux opposants. Ceux-ci contestent les résultats des élections.
Il y a des indignations à la mode et d’autres qui ne le sont pas ! 






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