A la manière ( bien modestement ) de Charles Juliet
Et un jour pour marquer ce que je lui dois, il faudra que j’ essaie de dire ou plutôt de parler de ce j’ aime dans le village où je vis depuis peu, mais dont je commence à saisir l’ âme.
L’ étendue de village fait qu’ il se se divise en quartier, chacun d’ eux s’ étant approprié une partie de ce quai des bords du Rhône, son principal atout.
Il ne faut pas se fier à l’ apparence grise des grosses bâtisses qui bordent la nationale, il ne faut pas non plus se fier aux tristes portes d’ entrée noircies par la circulation, mais il suffit de se savoir que derrière ces demeures se cachent des terrasses, des jardins potager ou tout simplement une pelouse sur laquelle les enfants peuvent jouer en toute sécurité.
La vie intérieure de ce village se construit donc quotidiennement à l’insu du voyageur qui a installé son camping-car sur le quai, bien que, dès les beaux jours, quelques anciens installent sur le mince trottoir une chaise d’ où ils observent la circulation, à l’ affût du moindre événement soit futile soit-il.
Il faut également dire combien j’ apprécie ces petits coins de pêche à la friture où se rassemblent, quelque soit le temps, des passionnés de tous âges, nullement dérangés, sinon indifférents au passage des immenses péniches qui avancent en ronronnant sûres de leur puissance.
Parfois, par-dessus la colline et par beau temps, le souffle du brûleur d’ une montgolfière résonne et interroge durant quelques secondes, jusqu’ à ce qu’on distingue dans le soleil cette grosse boule colorée.
Je pourrais également dire combien j’ apprécie les traditionnels combats de joutes, combats brefs et violents, précédés du silence des nombreux spectateurs parmi lesquels on distingue le connaisseur du néophyte qui ferme les yeux au moment où les deux lances frappent le taquet et que, comme dans un ralenti de cinéma, le vaincu bascule dans l’ eau.
Mais je voudrais revenir à la maison où je vis. C ‘est une maison du début du siècle à l’ architecture orientale, pas très fonctionnelle, mais dont le vécu rassure. Comme les autres maisons, la vie se déroule à l’ arrière, l’ entrée ne concerne que les visiteurs. Bien à l’ abri des bruits et des regards, les oiseaux se laissent aller à leurs jeux aériens, il en est de même pour les merles malicieux bien à l’ écart des pies agressives pour peu qu’ elles aperçoivent un chat, lequel passe de jardin en jardin au grand dam des jardiniers.







