Ne point savoir et croire qu’on sait: c’est bien là la cause de toutes les erreurs auxquelles notre pensée est sujette.
Platon
Je sais que vous êtes préoccupé au plus au point par les dérives bancaires du régime capitaliste au sein duquel nous nous débattons comme des poules en train de noyer. Si, si, les poules peuvent se noyer !
Aussi, j’ ai pensé à vous communiquer cette recette qui vous permettra le temps de quelques heures de retrouver une sérénité bienfaitrice.
Ingrédients :
250g de farine
4 oeufs
1/2 litre de lait
1 CS de sucre vanillé
1 pincée de sel
50g de beurre
1 CS de rhum, fleur d’oranger
Recette :
De préférence, faites la pâte quelques heures à l’ avance.
Dans un saladier, délayez la farine, les oeufs, le sucre vanillé, la pincée de sel et le lait avec le fouet.
Vous devez obtenir une pâte sans grumeaux.
Ajoutez le beurre fondu et la cuillère à soupe de rhum.
Laissez reposer.
Dans une poêle très chaude, versez un peu de beurre pour graisser la poêle. Versez une demi-louche de pâte et faites cuire 3 minutes.
Conseils :
La première crêpe sera votre test pour la pâte :
si la crêpe est un peu cartonneuse, sèche, vous rajouterez du beurre ou du lait .
Si la crêpe se déchire vous rajouterez de la farine en la tamisant et en fouettant pour éviter les grumeaux.
Boisson conseillée : cidre brut
- Il ne faut pas écouter tout ce qui se dit.
- De nos jours on entend tout et son contraire.
- Les gens sont paumés.
- On n’ y comprend plus rien.
- Si les anciens revenaient….
- Eh ! Oui….
Silence.
Les voitures passent à 100 dans une portion limitée à 50.
- Et puis, de toute façon même en faisant des efforts, il y en aura toujours pour dire le contraire.
- Chacun croit être plus malin que l’ autre.
- C’ est à celui parlera le dernier.
- Ou le plus fort…
Silence.
Un avion passe bruyamment dans le ciel.
- Au fait vous n’ êtes pas au courant ?
- Non.
- Allons, vous avez celui qui se croyait arrivé, qui roulait des mécaniques dans sa belle voiture. Mais si…
- Ah, oui, ça y est. Oui, oui, je suis au courant, comme quoi ….
- Il fait moins le malin maintenant….
- Oui, ça devait arriver…
- Bon, il faut que j’ y aille, je vais être en retard, à dimanche.
- A dimanche ?
- Mais oui dimanche au repas du club !
- Ah ! Oui, à dimanche.
La pluie commence à tomber doucement, pendant qu’ au loin on peut entendre des cloches sonner. Les cloches de la chapelle du séminaire. Un petit séminaire où on élève des prêtres venus tout droit d’ Afrique parce qu’ on en trouve plus en Europe, malgré des chasses intensives.
C’ est ainsi que faisant partie des gogos, j’ ai décidé de prendre un abonnement à la téléphonie illimitée. ILLIMITEE, ce mot dans mon imaginaire me paraissait plutôt correspondre à une définition du cosmos, de l ‘univers illimité. mais non, maintenant nous pouvons toucher l’ illimité !
Le téléphone devient illimité, il ne vous suffit que de quelques minutes de votre temps pour avoir la possibilité de téléphoner de rester en communication avec sa belle-mère jour et nuit ! Et attention aux multiples avantages.
Et pour obtenir cette technologie il suffit de souscrire à un abonnement, à condition que vous ayez internet, que vous ayez le combiné homologué, la Livebox et à partir de là c’ est un jeu d’ enfant. Qu’ ils disent !
Ils ne disent pas que si l’ on veut conserver son numéro, c’ est à dire supprimer l’ abonnement classique on ne pourra pas joindre les numéros 800 qui se multiplient. La solution à ce problème est de prendre un forfait avec le portable, qui évitent d’ avoir à payer des notes salées, cela coûte en unités de temps, mais pas en argent.
A en croire la promotion c’ est un jeu d’ enfant.
Alors qu’ il m’ a fallu un temps qui m’ a paru illimité pour faire marcher ce foutu téléphone. Sans compter le coût des communications au 3900 que j’ avais intérêt à limiter pour obtenir des renseignement tous plus à côté de la plaque les uns que les autres. Pour l’ un il fallait obligatoirement un convertisseur blanc, sinon ça ne pouvait pas marcher, j’ en trouverais un facilement dans les boutiques France-Télécom.
Êtes-vous déjà aller dans une boutique France-Télécom, on se croirait aux plus beaux jours de l’ Union Soviétique tellement la queue est importante. On peut voir dans cette queue des personnes, la facture à la main ou l’ appareil défectueux, l’ air hagard, le rouge aux joues attendrent leur tour stoïquement, je dirais même plus héroïquement, mais il faut que le téléphone remarche absolument, la vie quotidienne en dépend. Et cette queue est la merci de trois jeunes filles, genre habillées pour sortir en boîte ou pour se rendre à un mariage. Le maquillage est parfait, vêtements T36 sortent à peine de la boutique. Elles tapotent sur l’ ordinateur, comme si elles étaient seules, je me demande d’ ailleurs si elles se sont rendues compte qu’ il y avait du monde autour d’ elle.
Pour un autre, il me suffisait d’ acheter un câble de raccordement, ce dont je me serais douter tout seul, si je n’ avais pas entendu le troisième qui me disait qu’ il n’ y a pas besoin de câble à partir du moment où la Livebox est en marche.
De temps en temps, un homme sort d’ une pièce à l’ arrière de la boutique, des papiers à la main, très affairé, bien au-delà des contingences de ce peuple qui crève de chaleur, parce que le chauffage est mis pour les ” mannequins-vendeuses ” qui ont sûrement froid à force de ne pas bouger de leur siège à roulettes.
Appel de deux ou trois connaissances qui me font part des difficultés qu’ ils ont rencontré mais que maintenant ça marche, ils ne savent trop comment, mais ça marche. Ils m’ encouragent en me disant que je ne suis pas le seul !
Et finalement, c’ est après avoir fait plusieurs magasins d’ informatique que j’ ai rencontré le sauveur qui m’ a indiqué le bon câble et en quelques secondes ça marchait ! Il m’ aura fallu une semaine et un jour dont trois sans téléphone pour aboutir à l’” illimitation ! “
” J’étais furieux de n’avoir pas de souliers ; alors j’ai rencontré un homme qui n’avait pas de pieds, et je me suis trouvé content de mon sort. “
Proverbe Chinois
Thomas Hardy à propos de Tess :
” Je suis de plus en plus convaincu que les êtres sont successivement des personnes différentes selon que tel ou tel trait particulier de leur caractère est mis en évidence par les circonstances. “
Dans sa vision pessimiste Hardy va jusqu’ à imaginer une loi perverse selon laquelle i y a aurait un rapport inverse entre la surface visible de la beauté physique et les états d’ âmes.
Ainsi, c’ est lorsque Tess est d’ une humeur grave et noble qu’ elle le moins belle et inversement c’ est lorsqu’ elle se laisse aller à une simple gaieté prosaïque que sa beauté atteint la perfection.
” Sa moins parfaite beauté correspondait à sa vie intérieure la plus intense. “
Ses réflexions paraissent effectivement relever d’ un certain pessimisme, car pourquoi ne pourrait-on pas être beau quand on est grave ?
- La beauté grave ou la gravité de la beauté ?
- Ses tortures intérieures éclairaient d’ une lumière particulière son doux visage.
- Son visage affichait une irréelle beauté pendant que son corps se tordait de douleur.
A la demande générale, en particulier celle de Don Jerry Can du blog
SANS COMMENTAIRES et bien que ma honte soit totale je présente ici la photo de ma cabane au fond du jardin. ( Pas celle de Laurent Gerra ! )
C’ est une sorte d’ oeuvre d’ art contemporain ayant subi à la fois l’ influence de Dali, de Picasso, quelques traces de Le Corbusier invisibles à l’ oeil nu mais aussi celle du Facteur Cheval !
J’ hésite encore à organiser des visites car je ne dispose pas de parking suffisamment grand.
Je mets tout de même à disposition un plan de la région dans le cas où votre envie de découvrir l’ architecture contemporaine serait la plus forte.
On fait quelquefois des kilomètres pour découvrir des personnages sortant de l’ ordinaire sans prendre conscience qu’ à quelques centaines de mètres de chez soi vivaient des personnes dont la vie fût un véritable sacerdoce, c’ est le cas d’ Anne Dangar que les Australiens redécouvrent près de 50 ans après sa mort.
“J’ ai choisi de faire des poteries très rustiques – aussi près de la terre que possible. Je ne devais pas les envoyer dans les Villes, ni faire des pièces prétentieuses… Le travail pour les Villes, c’ est ce qui est fait avec les terres préparées, très finement broyées – émaillé avec les produits chimiques faits dans les grandes usines, cuit dans les petits fours électriques.”
C’ est ainsi que s’ exprimait Anne Dangar à propos de son oeuvre.
“”Peut-être, j’ ai tort d’ employer les méthodes du passé. Dans nos fours à flamme vive, on ne peut avoir des pièces sans retouche, sans les accidents de cuisson. Le vent a une influence énorme. Avec les fours électriques, on peut presser un bouton et aller tranquillement au lit et satisfaire les directeurs des Galeries très élégantes avec des vases impeccables. Est-ce qu’ il y a une chose vivante qui est impeccable ?”
Anne Dangar est Australienne, d’ origine irlandaise. Elle est née en 1887 de famille anglicane. Son grand-père, recteur d’Université (Enniskilen) avait fui l’ Irlande du temps des persécutions religieuses. Sa grande tante fut effectivement tuée par les Catholiques de cette ville. Elle a une sœur (1880) et un frère (1885), plus âgés qu’ elle.
Sa technique:
Anne Dangar utilise principalement la technique “paysanne” de la poterie en terre vernissée au sulfure de plomb, cuite à la flamme directe. Cette technique est celle, ancestrale, des poteries de la région – Les Chals à Roussillon (38), les Nicholas, potiers à Saint Désirat ou le potier Bert à Roussillon.
C’ est presque par hasard qu’ elle découvre Albert Gleizes Elle prend conscience que là, était sa véritable voie, et elle décide de consacrer sa vie à cet homme dans un véritable élan de foi dont toute sa vie,
Elle quitte alors l’ Australie, son poste important à l’ Ecole d’ Art de Sydney ainsi que son cours privé de 23 élèves. Elle part et arrive à Moly le 18 Mars 1930. Elle venait apprendre la peinture. Mais sachant qu’ elle avait suivi des études de poterie à Paris, Robert Pouyaud qui l’ accueillit à Moly la mit en contact avec les potiers Nicholas de Saint Désirat (Ardèche, à 5 km de Sablons, sur l’ autre rive du Rhône).
C’ est le début d’ une vie de renoncement. Elle avait quitté son pays, sa famille, abandonné sa situation. Elle abandonnera aussi la peinture. Elle se donna à sa vie nouvelle, dure et difficile, dans un dénuement parfois proche de la misère.
Avec l’ Atelier du Rhône de Moly qu’ elle mit en place dès 1931, elle dispensa aussi aux enfants de Serrières et Sablons un enseignement artistique comme peu de villages en France, à cette époque, en ont sans doute bénéficié. Développant à cette occasion des méthodes vraiment novatrices, souvent en écart avec celles traditionnelles de l’ Éducation Nationale. En l’ occurence, elle avait parfaitement intégré les principes du cubisme, et avait bien compris ses relations avec l’ art populaire. Son sens pédagogique fit le reste.
Née en 1887, elle est morte le 4 septembre à Sablons.
Au cours de ma sortie hebdomadaire à vélo, une voiture ralentit à ma hauteur. Le conducteur me fait signe qu’ il veut me demander un renseignement, je m’ arrête, il descend de sa voiture.
C’ est un homme d’ un certain âge, sur son visage se lit une certaine inquiétude, visiblement il est d’ origine méditerranéenne.
Je lui laisse entendre que je suis prêt à l’ écouter. Quelques voitures klaxonnent parce qu’ il est mal garé.
Je dois rappeler à ce stade de l’ anecdote que je vis dans un petit village de l’ Ardèche au bord du Rhône.
- Pardon, Monsieur, pourriez-vous m’ indiquer la direction de la Tunisie ?
Je dois dire à ma grande fierté que je n’ ai laissé paraître aucune surprise sur mon visage transpirant par l’ effort vélocipédiste, et aussi parce qu’ au fond de moi stagne quelques stigmates de responsabilités coloniales que je me refuse à assumer malgré l’ imprégnation inconsciente des générations qui ont suivi ces épisodes malheureux.
Cette anecdote surréaliste, bien réelle fait émerger combien le déracinement des populations est la cause d’ un malaise que ni les déracinés, ni les déracineurs ne maîtrisent plus et dont les conséquences apparaissent aujourd’hui.
Ce Monsieur était de Monastir et bien qu’en France depuis plusieurs années, ses gênes étaient toujours là-bas. L ‘enveloppe uniquement était en France.
Je lui ai indiqué la direction de l’ autoroute A7 pour se rendre à Marseille.
J’ ai regardé s’ éloigner la voiture jusqu’ à ce qu’ elle disparaisse en me demandant quelle serait la suite du voyage de cet homme.