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Parfois, sans prévenir arrivait le moment de la séance d’accordéon.
Un accordéon diatonique se différenciant de l’accordéon chromatique par le fait que celui-ci comportait des touches rondes alors que l’autre comportait des touches semblables à celles du piano.
Mon père en avait fait l’acquisition malgré les faibles ressources de la famille, mais rien n’avait pu l’en dissuader.Heureusement qu’il ne s’était pas mis en tête de jouer du piano ! Ce qui aurait pu arriver, car d’instinct il pouvait jouer de n’importe quel instrument. C‘est ainsi que nous avons eu droit à la trompette, à la guitare, j’allais oublier l’harmonica, mais aussi les morceaux interprétés à l’aide de cuillères sur de verres de table !
Cependant c’est l’accordéon qui avait sa préférence. C‘était la grande époque d’Yvette Horner, d’ André Verchuren, de Louis Ledrich, de Marcel Azzola.
L’accordéon trônait sur le buffet de la salle à manger, l’époque voulait que malgré l’étroitesse du logement pour la famille nombreuse, il y avait cette pièce qui ne servait que dans les grandes occasions et dans laquelle on exposait tout ce qu’on avait de plus précieux.
Quand il revenait avec l’instrument à bretelles, nous, les enfants savions qu’il était temps de se taire et de l’écouter.
Etait-ce du despotisme, je ne saurais pas le dire encore aujourd’hui, mais il ne supportait pas que l’on fasse autre chose que de l’écouter ! Cela souvent une heure ou plus et vous comprendrez qu’il ne faut plus me parler d’accordéon même cinquante après.
Nous avions droit bien sûr à toutes les valses, tous les tangos de l’époque. Le top étant «Etoiles des neiges » ou « Sous les ponts de Paris » et tant d’autres dont je vous fais grâce.
Je vois encore ses gros doigts de bûcheron parcourir avec légèreté les petites touches brillantes. Puis l’accordéon retournait sur son buffet, bien en vue, jusqu’à la prochaine séance.





