ICI, LA ET AILLEURS

octobre 31, 2007

C’est pas ma faute !

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 3:40

Depuis quelques années, l’expression ” responsable mais pas coupable ” est utilisée régulièrement en particulier dans la presse, par des personnes ayant pour la plupart des responsabilités importantes. On dirait que plus les postes sont importants, moins la responsabilité est reconnue. Celle-ci se dilue le plus souvent dans un organigramme au sein duquel en général le bas de l’échelle est le plus pénalisé en cas de recherche de responsabilité.
                A quel moment s’arrête sa responsabilité et où commence celle des autres ? Dans toutes les grandes affaires médiatiques, on peut voir, sur les marches des Palais de Justice les personnes concernées, toujours  ” souriantes “, ” heureuses ” de se retrouver devant un tribunal.

Ce n’est pas de ma faute !

C‘est pas ma faute ! J’ai pas fais exprès !

Ultime recours de l’enfant avant la sanction qu’il croit mériter. La faute surgit brutalement dans le monde de l’enfant. Elle s’impose soudain, surgie de nulle part dans sa vie, il ne comprend pas ce qui lui arrive. Pour lui, la découverte de la vie se fait à travers le jeu, donc avec plaisir  et quand tout à coup survient la faute, l’erreur, sa défense instinctive repose sur le déni de celle-ci.

C‘est pas ma faute ! L’instinct premier est de ne pas de reconnaître sa faute, car la faute entraîne le plus souvent la sanction, cependant l’enfant peut aussi accepter sa faute et tenter de la réparer.

Cette démarche que l’on pourrait croire liée tout particulièrement à l’enfance perdure en fait chez l’adulte, avec cette particularité que l’excuse de l’innocence enfantine n’existe plus. Il n’est plus question d’assumer et évidemment encore moins de réparer. La règle en général est de rejeter la faute sur l’autre. Et ceci faisant fi de tout amour propre. Surtout ne rien reconnaître !

A-t-on déjà vu une personne impliquée dans un événement dire : – Oui, c’est moi, ne cherchez pas ailleurs, j’aurais dû faire ceci ou cela – Chaque catastrophe, chaque événement tragique doit faire l’objet de longs mois d’enquête pour définir des responsabilités.

Derrière ces responsabilités il y a pourtant des hommes.

« Les hommes pris au trébuchet de leurs fautes n’aiment pas faire à la clémence une offrande de leurs remords. »

[ La Fanfarlo (1847) ]

Charles Baudelaire

« Combien de crimes commis simplement parce que leur auteur ne pouvait supporter d’être en faute! »

[ La Chute (1956) ]

Albert Camus

Nombreux sont ceux qui sont experts pour créer l’imbroglio dans lequel les différentes responsabilités se dilueront au point de disparaitrent.

Le milieu politique se prête volontiers à ce jeu, l’affaire Clearstream en est l’illustration.

C‘est également ce qui se passe en ce moment avec l’affaire de l’Arche de Zoé.

L’irresponsabilité est devenue la règle.

« Celui qui a commis la faute doit en porter la peine. »

octobre 30, 2007

L’écriture

Classé dans : Réflexions typographiques: dessin | style | usage | sc — motpassant @ 5:05

Il est devenu rare, de nos jours, de recevoir une lettre manuscrite. Il s’agit la plupart de temps de textes issus d’un traitement de textes qui plus est, souvent informel où même la signature est reproduite.

Toute la littérature classique a été écrite à la main et même à la plume et je me pose la question de savoir si un écrivain pose ses mots différemment sur une feuille ou sur un écran.

Je serais bien en peine de répondre à une telle question, mais il me semble que je serais rassuré si cela était le cas.

Tenir un stylo ou une plume et reproduire des mots sur une feuille blanche n’implique-t-il pas un prolongement direct des pensées de l’écrivain ?

J’ai cherché à connaître l’écriture de quelques écrivains et je vous propose celles-ci :

François Mauriac

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Georges Simenon

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Françoise Sagan

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Ernest Hemingway

Toujours en me promenant je suis tombé sur ce texte de Robert Burton :

Robert BURTON: Anatomie de la mélancolie

Il est tout à fait vrai que nombreux sont ceux que tient la maladie incurable d’écrire et il n’y a point de fin à multiplier les livres, comme le disait déjà le vieux sage; à notre époque écrivassière et tout particulièrement alors que le nombre de livres est innombrable, comme l’a dit un homme de valeur, et quand les presses sont oppressées, à une époque où il suffit que tout un chacun soit d’humeur à se gratter pour vouloir s’afficher et désirer célébrité et honneurs (nous écrivons tous, doctes et ignares), celui-là écrira quoi qu’il en soit et y parviendra, peu importent ses sources. Ensorcelés par le désir d’être célèbres, même au plus fort de la maladie, au risque de perdre la santé et d’être à peine capables de tenir une plume, ils doivent dire quelque chose, le sortir d’eux-mêmes, et se faire un nom, quitte à écraser et à ruiner beaucoup d’autres personnes. Ils veulent être comptés parmi les écrivains, être salués comme écrivains, être acceptés et tenus pour polymathes et polyhistors, se voir attribuer par la foule ignorante l’appellation vaine d’artiste, obtenir un royaume en papier… »

Et sur ce texte de René DEPESTRE :

Non-assistance à poètes en danger.

L’orgasme idéal

Pour accéder à l’orgasme idéal

tournez d’abord votre rêve d’amour à gauche

ensuite tournez-le à droite sous des cocotiers

et de nouveau à gauche en plein désert

enfin, après une heure de surplace magique

mettez tout droit le cap sur le soleil levant.

octobre 29, 2007

L’amnésie

Classé dans : 6. Réflexions et autres gamberges — motpassant @ 11:47

L’époque est-elle propice à l’amnésie ? Est-ce l’évolution logique ou naturelle de la société ? Le regard, la perception sont-ils faussés ou au contraire font-ils preuve d’un implacable réalisme ?

Toutes ces questions s’imposent à moi au fil des jours. Vouloir y répondre ne m’évitera pas d’être victime d’une insidieuse subjectivité en même temps qu’une « aventure » risquée.

Retranscrire par l’écrit le déroulement au quotidien de ses perceptions de l’actualité non au niveau de l’événement mais au niveau de l’expression des individus qui participent à cette actualité est une chose périlleuse pour qui recherche l’absolu.

L’amnésie me paraît, de nos jours, la principale cause d’un malaise latent responsable de jugements erronés dont on ne peut rendre entièrement coupables ceux qui les énoncent.

L’amnésie est le remède miracle qui permet à une société d’avancer, qui permet de repousser au plus profond de chacun ce qui pourrait la stopper et la forcer à s’interroger.

Surtout ne pas s’arrêter en chemin, ne pas se retourner au risque de voir surgir les fantômes du passé.

Pour cela l’esprit humain utilise ses ressources inépuisables, ses circuits tortueux, ses déviations pour éviter tous les obstacles.

La première ressource est celle qui consiste à «  survoler « l’événement.

La deuxième consiste à se noyer dans la masse.

Une autre est d’entendre et comprendre ce que l’on veut entendre et comprendre.

Une autre est de se conforter dans une certitude surgie par hasard, mais à laquelle on se raccroche à défaut de mieux comme le naufragé à une planche de bois.

Alors comment imager ce discours ?

Les exemples ne manquent pas !

Il faut savoir que cette amnésie oblige à nager en surface, elle empêche la plongée vers des eaux plus pures.

Que reste-t-il en surface ?

L’écume, c’est à dire la facilité, la raillerie, l’envie. Le misérabilisme. Le rejet. La démagogie !

Plonger en eaux profondes permettrait au contraire l’analyse, l’écoute, la découverte, l’étonnement. On pourrait y découvrir des vestiges du passé, source d’interrogations.

Pour être concret, je vais vous dire en avant-première ce qui va préoccuper les Français cette semaine se sera l’énervement de Sarkozy en direct.

Pourtant les exemples d’énervement en direct sont nombreux, un des plus célèbres étant celui de Mitterrand à propos d’un fait bien plus grave c’est à dire les écoutes téléphoniques, avec un journaliste belge.

La une des journaux, ce qui les fera vendre sera ce non-événement d’une banalité affligeante, mais idéal pour entretenir un état d’esprit délétère dans le pays. Il en a été de même pour le divorce où ceux qui s’étaient donné pour but de ne pas en parler, en parlait quand même pour dire qu’ils ne voulaient pas en parler !

Surtout rester en surface !Ne pas approfondir, ne pas courir le risque de se découvrir.

Ps : autre exemple, les commentaires sur le budget de l’Elysée. Surtout rester en surface.

octobre 28, 2007

Ma musique du dimanche

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 1:21

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Une petite musique pour adoucir le sujet précédent. 

Le père Patrick Desbois

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 1:06

 

Il est des sujets si délicats, si difficiles à aborder qu’ils se terrent dans la mémoire de personnes qui à la fois victimes et acteurs de ces faits préfèrent devant l’horreur se tairent à jamais.

J’ai découvert, il y a plusieurs mois, le travail du père Patrick Desbois qui consacre sa vie à recenser les fosses communes où les nazis ont enterré les Juifs qu’ils ont assassinés en masse en Ukraine.

Le travail du Père Patrick Desbois est financé par la Fondation pour la mémoire de la Shoah, il vient de publier un livre « Porteur de mémoire « Chez Michel Lafon.

Extraits d’un article du Monde du 16/05/2005 :

« Afin de lutter contre l’oubli de ces débuts de la Shoah, celle d’avant les camps de la mort, le Père Patrick Desbois a entrepris depuis 2004, sous l’égide des cardinaux de France et du Congrès juif mondial, un travail de fourmi en Ukraine : il tente d’y répertorier les fosses où ont étés enfouis les corps des victimes, et d’enregistrer les témoignages des derniers survivants. Il ainsi dénombré plus de 500 fosses dans la seule partie occidentale de l’Ukraine. «

« Au printemps 1941, peu avant le lancement de l’opération Barbarossa destinée à l’anéantissement de l’Etat soviétique, sont mis sur pied, dans le plus grand secret, des commandos chargés d’assassiner les commissaires politiques communistes et les juifs. Quatre Einsatzgruppen, ou “groupes d’action spéciale”, comptant chacun entre 500 et 1 000 hommes, et subdivisés en kommandos, sont ainsi rattachés aux armées allemandes engagées sur le front oriental. »

« Placés sous l’autorité de Reinhard Heydrich, patron de la RSHA (Office suprême de la sûreté du Reich), les kommandos étaient placés sous l’autorité d’officiers de haut grade. Plusieurs d’entre eux étaient des intellectuels de haut rang, tels Otto Ohlendorf et Heinz Jost, docteurs en droit, ou Franz Six, ancien professeur de sciences politiques des universités de Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad) et de Berlin. »

« Les membres des Einsatzgruppen étaient recrutés dans différents corps des forces allemandes, SS, membres de la Gestapo, police ou soldats de la Wehrmacht. Selon les historiens, ils étaient tous volontaires pour s’engager dans ces “troupes d’élite”, qui suivaient l’avancée de l’armée allemande à l’est. »

Plus d’un million de Juifs furent assassinés de sang-froid, méthodiquement. Des milliers furent enterrés vivants, les fosses « bougeaient » pendant trois jours.

Pour accomplir leur « tâche « les bourreaux réquisitionnaient 100 ou 150 enfants chaque jour pour les « aider « .

Les garçons pour rafler le Juifs, les filles pour la cuisine et le « confort ».

Les exécutions commençaient tôt le matin et finissaient tard le soir. Chaque homme devait accomplir sa part de tuerie, du chauffeur au cuisinier en passant par le médecin.

Parfois le chef d’une équipe revendiquait à lui seul le « privilège « de tuer, et il consacrait sa journée à cela, s’arrêtant pour déjeuner à midi pour reprendre ensuite.

Les détails sont trop horribles pour que je les reproduise ici, je vous propose les liens suivants : 1-2-3-4

octobre 27, 2007

Les bons sentiments

Classé dans : 6. Réflexions et autres gamberges — motpassant @ 4:17

Le temps passe, je me promène doucement le long des blogs du samedi.


Je n’ai pas le courage de réagir, de donner un avis qui n’intéressera personne. Après tout un blog est d’abord un lieu d’expression personnelle et l’auteur y exprime des sentiments tout aussi personnels et je ne vois pas pourquoi je m’immiscerais dans sa vie. Pourtant, sur certains blogs, on ne peut ignorer la légère touche de provocation savamment distillée pour ne pas se dévoiler tout à fait, mais suffisamment pour que le lecteur discerne au travers des mots un message subliminal.

Ce qui n’est pas le cas de certains qui tels des taureaux dans l’arène foncent tête baissée et gare au lecteur qui ne s’écarte pas assez vite.


Mais, je sens que je m’égare car, ce dont je voulais parler aujourd’hui porte sur un sujet qui me tracasse depuis hier et qui concerne l’affaire des enfants du Soudan.

Ca me tracasse parce que je ne sais pas comment aborder ce sujet et malgré tout j’ai envie d’en parler. Cette affaire met en exergue plusieurs facteurs délicats.


Vouloir sauver des enfants relève d’une légitimité que personne n’osera contester.

Vouloir pour cela créer une structure permettant ce sauvetage est également louable.

Enfin, vouloir satisfaire le désir d’enfant d’un couple dans l’impossibilité d’en concevoir ne peut qu’être ressenti comme une grande et belle action.


Sous réserve de plus d’informations, tous les acteurs de ce scénario sont des gens sincères.

J’utilise le mot scénario sciemment, parce que j’ai l’impression et ce serait peut-être le seul reproche que l’on puisse faire aux dirigeants de cette association, c’est qu’ils ont bâti un édifice sur de l’émotion. Et dans ce cadre là, ils n’ont pas perçu les dérives que cela pouvait entraîner.


Le premier point, le plus dramatique est d’avoir voulu transférer des enfants. La situation dramatique de ceux-ci est évidente mais, ne pas tenir compte des modes de vie de ces peuples est une erreur grave. Les enfants orphelins, au contraire de chez nous, ne sont jamais abandonnés, ils sont toujours recueillis par la famille et s’il n’y a plus de famille ils le sont par la famille voisine.

Si on veut aider ces enfants, il faut le faire sur place. Des ONG sont là depuis longtemps. Il n’était nullement besoin de créer une structure de plus, il suffisait de se rendre au Soudan et se proposer comme volontaire.

Les 400 000 euros générés par cette aventure n’auraient-ils pas été utilisés plus utilement par les ONG ?


Le troisième point est le plus délicat. Il se trouve que les accueillants, malgré ce qui a été dit, étaient pour la plupart des couples désirant bien sûr apporter du bonheur à un enfant mais que d’autres avaient pour objectif, peut-être utopique, de pouvoir, au final, adopter. Le désir d’enfant est tellement fort qu’il entame une certaine perception de la réalité.


Et puis le dernier point que je voudrais définir est celui de notre arrogance occidentale.

Se dire que l’on va faire le bonheur d’un enfant parce qu’on le transpose dans notre modèle de vie me paraît le comble de l’irrespect de la dignité humaine.

Quelle que soit leur situation, les peuples de ces régions ont droit à leur intégrité. Ce sont des femmes, des enfants, des hommes normaux. Ni plus ni moins que nous.

Curieuse idée que d’aller se «  servir «  sous couvert d’aide humanitaire.

octobre 26, 2007

Classé dans : poéme — motpassant @ 2:48

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Photos Thorsten Jankowski

Rainer Maria RILKE (1875-1926)

Vues des Anges, les cimes…

Vues des Anges, les cimes des arbres peut-être

sont des racines, buvant les cieux ;

et dans le sol, les profondes racines d’un hêtre

leur semblent des faîtes silencieux.

Pour eux, la terre, n’est-elle point transparente

en face d’un ciel, plein comme un corps ?

Cette terre ardente, où se lamente

auprès des sources l’oubli des morts.

octobre 25, 2007

Au supermarché

Classé dans : 6. Réflexions et autres gamberges — motpassant @ 1:23

Samedi matin, au supermarché.

Une file à chaque caisse.

Dans une file, deux jeunes gens poussent un chariot rempli de baguettes de pain. Il y en a au moins cinquante.

Dans la file voisine quelqu’un les interpelle :

- Qu’allez-vous faire de tout ce pain ?

- On l’achète pour la semaine.

- Mais vous avez une boulangerie dans votre village.

– Oui, mais il est trop cher. On préfère l’acheter ici.

- Qu’est-ce que vous en faites ? Vous le congelez ?

- Oui- répondent-ils, légèrement mal à l’aise.

Les deux jeunes gens rejoignent le parking et se dirigent vers un 4×4 flambant neuf.

Leur village est distant de 25 km.

Petite saynète de la vie quotidienne de nos jours où les paradoxes se côtoient en toute simplicité. Où l’absurde devient naturel et se mêle à la candeur.


octobre 24, 2007

Le cratère vert

Classé dans : Non classé — motpassant @ 10:24

En plein cœur de l’archipel indonésien, l’île de Java, riche de ses 36 volcans, fait partie de l’une des régions les plus volcaniques et sismiques du monde. En 1883, le volcan Krakatoa, situé sur une île entre Sumatra et Java, disparut dans une explosion 7000 fois plus puissante que celle provoquée par la bombe atomique d’Hiroshima, et qui fit plus de 40′000 morts. Un nouveau cratère en a émergé. Les javanais l’ont baptisé « Anak Krakatoa » (l’enfant de Krakatoa).

A l’extrême Est de Java, face à l’île de Bali, perché à plus de 2′380 mètres sur les hauts plateaux javanais, le volcan Kawa Ijen – qui veut dire « cratère vert » en indonésien en raison de son magnifique lac de couleur émeraude – crache du fond de ses entrailles une richesse à l’odeur de soufre!

Reportage de Régis Colombo

J’ai regardé ce reportage, hier sur Arte, et une fois de plus la notion de survie pour la plus grande majorité des hommes m’a mis mal à l’aise et me permet de relativiser les petits malheurs de notre monde occidental.

Je vous présente les photos extraites de ce site et grâce au lien, vous pourrez lire le reportage, c’est impressionnant.

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octobre 23, 2007

Guy Môquet

Classé dans : Humeurs et réflexions — motpassant @ 10:27

J’arrive après la bataille, mais la lecture ou plutôt la non-lecture de la lettre de Guy Môquet m’amène à me poser plusieurs questions.

Bien que, personnellement, je sois favorable à sa lecture, je comprends tout à fait que cela puisse poser des problèmes de perception de la part des élèves, des enseignants, des gens qui ont connu cette époque. Ma première réflexion concerne notre façon de vivre.

Nous vivons, et ce en particulier grâce en Europe dans un pays où chaque individu est assuré de la sécurité. Nous vivons en paix, c’est- à- dire que notre intégrité physique n’est pas remise en cause.

Ce point, par son évidence, peut paraître banal, mais il est essentiel si l’on veut comprendre le comportement humain. L’être humain évoluant dans un milieu sécurisé comme le nôtre place ses priorités différemment de celui dont la vie est en danger à chaque instant. Non seulement la sienne, mais celle des autres. Il entre alors dans un cycle de survie qui l’entraîne à accomplir des actions qui peuvent être héroïques ou au contraire lâches.

Sa démarche psychologique repose alors sur des convictions profondes qui englobent l’homme mais aussi le pays.

La notion de pays, de territoire devient alors une priorité qu’il faut préserver, qu’il faut défendre. Et pour cela, nombreux ont été les hommes qui se sont révélés des héros. Ils sont allés chercher au plus profond d’eux-mêmes une motivation, une force qui de nos jours n’est plus stimulée parce que nous vivons dans une région en paix.

Quelles sont les occasions, de nos jours, d’accomplir un acte héroïque ?

Transposer les actes de Guy Môquet à nos jours ne veut rien dire. C‘est le contexte qui a fait Guy Môquet.

Comme de nos jours c’est le contexte qui fait ce que nous sommes.

Cette journée était l’occasion d’expliquer que l’homme réagit en fonction du contexte dans lequel il vit.

D’expliquer que ce contexte peut changer. D’expliquer que la sécurité est un combat de tous les jours.

D’expliquer que des millions de personnes dans le monde vivent dans l’insécurité et doivent, à chaque instant, faire appel à leur instinct de survie.

Avoir banalisé cette journée pour des raisons bassement politicienne est une démonstration frappante du contexte dans lequel nous vivons.

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