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septembre 15, 2007

Faut-il être maso ?

Classé dans : 6. Réflexions et autres gamberges — motpassant @ 3:13

Faut-il être maso pour tenir un blog ?

En ce samedi matin ensoleillé, je me pose soudain la question.

Evidemment, la teneur d’un blog dépend de la personnalité de celui ou celle qui le tiens. Allez, encore une vérité de La Palisse.

Inconsciemment ne recherche-t-on pas l’acquiescement du lecteur ? Ne recherche-t-on pas une confirmation de ses sentiments ?

Je ne conçois pas de publier un billet sans penser à ceux qui vont le lire et à ce qu’ils vont en penser. Et à partir de ce constat ne dois-je publier que des billets que je voudrais consensuels ?

Il est humain, après tout, de rechercher des convergences parmi ceux qui passent sur le blog.

Mais quels sont les sujets qui sont susceptibles de rassembler ces convergences ?

Par exemple, si  je crée un blog qui présente des jolis oiseaux, ça ne peut être que convergent ! De même pour de jolis poissons !

De même pour des poésies.

Ou encore un peintre et ses œuvres, on aime ou on n’aime pas, mais ce n’est pas un sujet de polémiques.

Tous ces sujets amènent des commentaires complices, sympathiques.

Mais si je m’essaie à proposer des billets relatifs à la société, je m’expose à des désaccords, à des visions différentes, donc je prends le risque de remettre en cause mes convictions, si je suis tant soit peu à l’écoute des avis extérieurs.

Et c’est là qu’il faut avoir le talent de s’exprimer le plus clairement. Rassurez-vous, je ne m’arroge pas ce talent ! Pour preuve le billet sur Laporte qui n’a été perçu que par le prisme de la politique politicienne.

Les faits de société et en particulier le fait politique sont des motifs de billets qui à contrario ne sont pas des sujets de consensus. Pourtant, les blogs pourraient être le cadre de débats intéressants. Le développement du net en est le témoin.

Mais à mon grand désarroi, la plupart du temps le visiteur, à la lecture d’un billet avec lequel il se trouve en désaccord se laisse aller facilement à la critique sans même prendre le temps d’analyser ce qu’il a lu. Sa conviction prend le pas et coupe toute interaction entre les deux avis. C‘est en quelque sorte un dialogue de sourd.

Vous allez me dire, quoi de plus normal ! C‘est vrai, je n’ai pas l’ambition de détenir la vérité !

Mais ce que j’ai écrit et qu’il lit ne peut être complètement stupide. Alors pourquoi ce commentateur n’argumente-t-il pas  au lieu de simples critiques.

Un blog appelé «  Equilibre précaire «  vient d’être créé. C‘est une initiative intéressante que de raconter le quotidien des salariés ou des chômeurs qui ont des difficultés.

Mais ne faudrait-il pas parallèlement à cela mettre en place des débats pour réfléchir à une vision concrète des problèmes.

Relater les difficultés d’un salarié est utile mais ne faudrait-il pas réfléchir à ce que l’on peut proposer comme solutions. D’autant plus que ces problèmes, sur le plan politique se résume en terme de droite ou de gauche. Ces clivages sont dépassés.

S’imaginer que la gauche au pouvoir résoudrait les problèmes est une erreur, elle ne ferait pas mieux que la droite.

Les idées doivent remonter du peuple. Et celui-ci doit réfléchir. Proposer.

Ne plus attendre que le bonheur vienne d’en haut. Il n’arrivera jamais.

Le dialogue social n’existe plus. Voilà un terrain de réflexions. Comment reconsidérer la place du salarié dans l’entreprise ?

Le rôle des décideurs ? Le rôle des exécutants ? Les responsabilités réelles ? La participation au projet d’entreprise ?

Voilà des thèmes sur lesquels, je suis prêt à dialoguer.

Et il faut resituer ce dialogue au niveau local. Repartir de la base.

Il a été démontré à diverses reprises que des manifestations faisaient reculer les politiques.

Pourquoi ne pas adopter la même attitude, non pas pour protester, mais pour proposer.

Le C.P.E. a été retiré. Et alors ! Et après ?

Le problème de l’emploi des jeunes perdure. Alors pourquoi, toutes les organisations étudiantes ne se posent-elles pas en terme de propositions concrètes. Elles seraient écoutées. Et qui mieux qu’elles est à même de comprendre la jeunesse ?

Je sais que mon discours sera inaudible pour beaucoup. Mais est-il plus constructif de critiquer sans cesse le gouvernement ou est-ce plus constructif d’être une force de proposition ?

J’ai souvent l’occasion de constater qu’il est plus facile de crier : Sarkozy ! Sarkozy ! En sautant comme un cabri. Mais à quoi cela sert-il ? A rien !

Faut-il baisser les bras ? Se dire qu’on ne peut rien faire parce que la droite est au pouvoir ?

C‘est la solution de facilité et pendant ce temps, rien ne se passe.

Une fine tranche d’emmenthal

Classé dans : 7. Souvenirs, souvenirs — motpassant @ 2:50

Le petit garçon doit avoir une dizaine d’années.

Il entre dans la petite épicerie de son village.

L’épicière coupe un morceau d’emmenthal à l’aide d’un grand couteau. Elle repose le gros couteau et se saisit d’un plus petit et se coupe une tranche très fine du fromage.

Le petit garçon la regarde.

Il voit le morceau de fromage très fin disparaître entre les lèvres rouges de l’épicière.

Il salive.

Il lui en veut.

Puis il oublie.

Et la même scène se répète chaque fois qu’il entre dans la petite épicerie.

La tranche fine, presque transparente.

Les trous du fromage.

Il attendra encore des années avant de pouvoir déguster une tranche fine d’emmenthal.

GIUSEPPE ARCIMBOLDO

Classé dans : peintres — motpassant @ 7:17

Le maniérisme désigne un art qui chercha à définir son autonomie, à se détacher de la réalité première en mettant en relief l’Idée de l’artiste, à transposer dans la matière le concept artistique. C’est un art dédié à la connaissance du sujet plutôt que celle de l’objet. C’est à cette forme d’art que se destinait tout d’abord Arcimboldo.
Giuseppe Arcimboldo est le nom le plus couramment attribué à cet artiste, à qui il arrivait aussi de signer Arcimboldi ou Arcimboldus ; on lui connaît également différents prénoms : Joseph, Josepho, Josephus…Parfois satiriques, peut-être métaphysiques mais toujours très décoratifs, ses tableaux à la fois ludiques et étranges, ont été considérés comme de véritables curiosités, bien que reconnus fort tard, à la faveur de la redécouverte par les surréalistes du jeu de mots visuel.

Né à Milan vers 1527, il serait issu d’une noble famille mais d’une branche de moins bonne réputation, son grand-père étant un enfant naturel. Il cherchera à retrouver une noblesse à travers une filiation réelle ou imaginaire avec Charlemagne, mais y parviendra pourtant grâce à son œuvre irréelle qui enchantera la cour des Habsbourg.
Si Arcimboldo n’a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il est repris au XIXe siècle par les caricaturistes, notamment pour les figures de Napoléon Ier, de Napoléon III et des souverains belges, Léopold Ier et Léopold II.
Il est redécouvert au XXe siècle par les surréalistes adeptes du jeu de mots visuel.

Qui n’a pas découvert au détour d’une visite des copies de ses oeuvres sous formes de puzzle ou de tapisseries, ou même de calendrier.Il s’est laissé entraîner dans une sorte de fantasmagorie, mais avec une telle minutie, une telle précision qui démontrent qu’il maîtrisait parfaitement sa démarche. On n’a jamais su comment il en est venu à produire de telles oeuvres. Peindre une toile qui pouvait paraître monstrueuse l’a-t-il motivé ? Est-ce de la provocation ? Ou tout simplement la rencontre avec un vieillard difforme ?

Retiré à Milan, il est promu au rang de comte palatin en 1591 et y meurt en 1593.

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