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Oublier le temps d’un dimanche. Se ressourcer. Effacer de sa mémoire, pour quelques heures, les vicissitudes de la vie. Ne pas regarder la télévision. Faire un bon repas en famille.
Se rappeler, le temps d’un dimanche, que nous vivons avec la terre, sur la terre, que notre vie dépend d’elle. Que s’extasier devant une rangée de salades ou de haricots peut nous ramener pour quelques heures à nos origines. Qu’il suffit de regarder la nature pour la comprendre. << C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas >> Victor Hugo
Savoir s’imprégner de la simplicité puissante d’un saule encore jeune, mais si vivant. De la simplicité du spectacle des carpes dans l’eau claire du bassin. Se réjouir simplement des projets de travaux au jardin, pendant ces derniers jours d’août qui se teintent déjà d’une couleur de rentrée. Goûter la simplicité et le calme d’une cueillette de grosses mûres et de petites framboises sucrées mais aussi de tomates cerises. << Le hasard des événements viendra troubler sans cesse la marche lente, mais régulière de la nature, la retarder souvent, l’accélérer quelquefois >> Condorcet. |
août 19, 2007
Un peu de calme…
CHAMIZO

Bio ici
Quand la porte s’est ouverte, j’ai marché pendant dix mètres, et ce fut comme si ces dix ans de prison n’avaient jamais existés.» Dix ans, vraiment et Didier Chamizo avoue qu’il doit parfois se regarder dans un miroir, toucher son propre visage, pour croire que c’est bien lui qui a passé dix années derrière les barreaux. Devant ses éclats de rire, sa rage de peindre, son amour de la vie, on se prend à douter nous aussi. Dix ans, vraiment ? On s’attend à quelqu’un de cassé, d’abîmé par une si longue détention. Et c’est un enfant de 40 ans qui vous accueille, survolté et excité, mais serein comme le sont tous les artistes passionnés par ce qu’ils vivent.
Incarcéré pour sa participation à un trafic d’armes, en 1981, à la prison Saint-Paul de Lyon, puis à la centrale de Val-de-Reuil, Didier Chamizo a été libéré il y a quelques jours. Pendant ces dix années, Chamizo n’a cessé de peindre… sans jamais pouvoir assister à l’accrochage de ses toiles.
Exposition ” Liberté ” au Centre franco-américain de Lyon, à la Fondation Boris-Vian à Prades, expo ” Révolution ” à l’hôtel de ville de Saint-Étienne, à la mairie de Lyon (exposition inaugurée par Michel Noir), puis à celle de Cahors : mois après mois, Chamizo est reconnu.
D’abord par ses codétenus et le personnel pénitentiaire (” La plupart ont compris mon travail et semblaient contents que quelque chose de positif se passe à l’intérieur de la prison “) puis par des amoureux de ce coloriste révolté (lors de l’exposition à la galerie Albert-Ier à Paris en 1990, toutes les toiles sont vendues le soir même du vernissage), enfin par les plus importants peintres français contemporains, comme Ben (qui lui enverra des dessins et des autocollants), Vasarely (qui lui fera parvenir ses vœux) ou Gérard Garouste.




