Il lui arrive souvent de faire preuve de naïveté, de croire que tout va s’arranger, que les vautours vont disparaîtrent, les exploiteurs se convertirent en de charmants personnages à l’écoute des autres. Il lui arrive souvent de lutter contre un sentiment victimaire.
Il lui est difficile de se situer entre la naïveté et la nécessité d’être assez fort pour affronter les difficultés.
La soif d’être en phase le plonge souvent dans des malentendus qui le ravagent.
L’utopie l’enlace comme une maîtresse envahissante qu’il rejette tout en goûtant ses délices. Il cherche le regard approbateur, prometteur de fusion. Il guette la parole libératrice par laquelle, il avancera dans la joie.
Il veut donner, se donner, espérant un retour qui n’arrive pas ,car il ne discerne pas quand il faut donner et quand il ne faut pas donner. Il se fourvoie, le don n’est pas porteur de retour. Le don doit se faire dans la force et non dans l’inquiétude, la faiblesse.
Le temps, les années se font attendrent, pour lui apporter le recul qui lui permettrait de calmer son coeur, de se libérer, d’ouvrir ses ailes à ceux qu’il aime.
Se rendre accessible, pour lui, est source de conflits intérieurs dont l’issue est toujours le repli sur lui-même, espérant pour une autre fois, un sursaut salutaire.
Son besoin de reconnaissance est un puits sans fond, son corps s’use à force d’exposer son âme sans retenue, quitte à l’entraîner à la dérive.
L’enfermement et les larmes sont ses refuges, mais aussi ses appels. Ses cris restent dans sa gorge et l’étouffent, jusqu’à l’effondrement. Pourtant, il est aimé, respecté, tout est à sa portée, il n’a qu’à se servir. On lui dit que la vie s’ouvre à lui, il lui faut la saisir sans retenue.
Il a ressenti au plus profond de lui dès sa plus tendre enfance des ondes qui affectaient directement sa personnalité et le menaient vers un chemin qu’il ne connaissait pas. Le milieu familial peu propice à l’éclairer, à l’aider à déchiffrer ce mystère a très vite été l’objet de sa part, d’un rejet, espérant ainsi trouver un ailleurs plus propice. Mais, il s’est rendu compte, que l’ailleurs n’était pas le refuge tant espéré.
L’adolescence, le monde merveilleux et cruel de l’adolescence l’a entraîné dans une spirale sans fin, ballottant son pauvre corps, tel un navire dans la tempête.
C’est dans ce tumulte, qu’il a commencé à poser des mots, espérant traduire son mal-être sur du papier. Espérant fixer, arrimer toutes ces pensées. Dans la chambre du foyer il vivait, il a commencé à écrire. Il a essayé de comprendre pourquoi son père avait pris la décision d’éloigner son fils.
Motpassant






