ICI, LA ET AILLEURS

juin 30, 2007

Découverte…

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En me promenant sur les blogs il m’arrive souvent de découvrir des textes ou des images sortant de l’ordinaire. C’est le cas aujourd’hui où j’ai trouvé sur ce blog les oeuvres d’un artiste de Djakarta,  Dhanank Pambayun un indonésien de 27 ans qui est designer-illustrateur, il utilise aussi bien le numérique que le crayon pour ses créations. Son style unique mêle collages, graphismes, photos et effets visuels.. A la vue de telles réalisations, mais bien sûr cela relève du goût de chacun, on peut se rendre compte  qu’internet est une permanente de découvertes et qu’il est souhaitable que chacun puisse profiter de ce moyen de communication. 

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Avoir accès en quelques clicks au monde entier est une opportunité de s’ouvrir, de se cultiver.

Il y a peu de temps encore j’avais beaucoup d’a priori, pour ne pas dire de la méfiance, parce que je pensais que ce média isolait plus qu’il ne rassemblait à, l’image de cette citation qui date pourtant de 1963:

L’un des grands problèmes des sociétés urbaines est la difficulté croissante de communication de personne à personne alors que les moyens de communications de masses se développent continuellement. Comment éviter qu’une communication de similitude entre des individus plus “pensés” que “pensants”, modelés par la propagande et la publicité, se substitue à une communication d’échange véritable entre deux êtres fondamentalement différents ? Comment éviter que l’excès d’information n’aboutisse à une saturation empêchant, àla longue, tout effort créateur ?

Paul-Henry CHOMBART DE LAUWE         (Des hommes et des villes. Paris, Payot, 1963, p. 7)

J’aurais pu simplement mettre le lien, mais je ne résiste pas à les reproduire.

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Mais au fil des mois, j’ai découvert que l’on pouvait faire d’internet un prolongement de soi-même, un lien auquel d’autres peuvent se rattacher tout simplement.

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juin 29, 2007

L’autre…

Classé dans : Non classé — motpassant @ 2:27

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Je viens de lire un billet paru sur ce site qui m’a beaucoup touché car il exprime avec talent l’énigme que nous représentons les uns pour les autres. Qui sommes-nous ? Que voyons nous dans le regard de notre interlocuteur ? Quelles sont les motivations d’un rapprochement entre deux personnes ? Un pessimiste pourrait avancer que celui-ci n’est basé que sur la recherche de sa propre connaissance.Un optimiste pourrait avancer au contraire qu’il est basé sur la confiance réciproque.Il y existe bien sûr des positions intermédiaires mais que comprenons-nous des paroles de l’autre ? Nous entendons ses paroles à travers le prisme de notre propre histoire qui n’est forcément pas la même que celle de notre vis-à-vis. Ces paroles sont alors transformées pour correspondre à une perception reposant sur l’imaginaire, sur un a priori inévitable.

Je me suis souvent rendu compte qu’en fait, la communication était plus facile lors de contact dont je savais par avance qu’il serait bref. Le fait de savoir qu’il n’impliquera pas d’engagement de ma part me libère alors et me permet alors de recevoir directement des mots dont, dans une situation différente, j’aurais eu tendance à déformer pour les ajuster à ma perception.

Rares sont les occasions de recueillir des égards dans notre société et quand cela arrive il se déclenche toujours une petite alerte qui nous interroge sur l’origine de ces égards. C’est évidemment une vision pessimiste mais elle est peut-être considérée comme légitime.

Franz Kafka essaie une explication, j’extrais celle-ci du site nommé ci-dessus :

“Nous sommes pareils à des enfants perdus dans la forêt. Quand tu es devant moi et que tu me regardes, que sais-tu de mes douleurs et que sais-je des tiennes? Et si je tombais devant toi, si je pleurais et te parlais, en saurais-tu davantage sur moi que sur l’enfer, quand on te dis qu’il brûle et donne des frissons.

Le monde moderne a fait que nous sommes assiégés en permanence par une multitude de ” propositions ” de comportement brouillant ainsi les messages vitaux dont nous avons besoin pour évoluer, pour nous comprendre. Peu à peu la communication passe par des codes matériels alors que notre besoin doit passer par l’humain. Cette situation entraîne alors de plus en plus de déséquilibres psychiques.

“Toutes les idées, même les plus sublimes, ne sont pas à inventer, mais se trouvent inscrites dans le vocabulaire consacré par l’usage. […] Le plus difficile au monde est de dire en y pensant ce que tout le monde dit sans y penser.” > Alain, Histoire de mes pensées, Gallimard, 1936, p. 77.

Pourtant la communication est vitale pour l’homme et souvent, par faiblesse ou par intérêt, celui-ci renie ses propres mots pour en entendre d’autres qui lui donneront l’impression d’exister parmi ses semblables. La quiétude se trouve sûrement dans une relation ancienne quand les barrières sont tombées, quand les regards peuvent se confronter sans préjugé, sans pudeur.

 

Motpassant

juin 28, 2007

La liberté de la presse…

Classé dans : Non classé — motpassant @ 3:13

Le journal Libération a publié ce matin un article consacré  à je cite : « les atteintes à l’indépendance des rédactions se sont multipliées ces derniers temps et n’épargnent aucune rédaction » citant trois cas, sans d’ailleurs en trouver d’autres, l’article du JDD qui a tellement été censuré qu’il n’y a même plus besoin de citer son contenu, tout le monde étant au courant, un article de Matin-Plus, qui à mon avis a voulu se faire de la pub à bon compte et enfin le plus sérieux l’éviction du directeur de la rédaction de Paris Match.

Un Forum de journalistes s’est donc constitué et en appelle au Président de la République !  Démarche curieuse quand on sait que ces journalistes reproche au même président d’être responsable de cette ” censure “. Quelle drôle d’idée de quémander la liberté de la presse, si vraiment elle est menacée alors qu’ils le disent clairement et nul doute que les Français seront à leurs côtés.

Ils reprochent aussi la proximité du président avec les patrons de presse, mais cela est-il nouveau ? Ces patrons de presse n’étaient-ils pas en place avant l’élection ? Cette pseudo censure n’aurait démarrée qu’après le 6 mai ?

Quel prétexte magnifique pour essayer de perturber le travail de la nouvelle équipe gouvernementale. Une émission arrêtée et on crie aussitôt au scandale, toutes les émissions sont amenées à être remplacées un jour ou l’autre même si on peut comprendre la déception de son animateur. Sommes nous au Vénézuéla ?

Je reproduis ici la réaction d’un lecteur de Libé qui se nomme giljustice :    « La presse du président!

La “poutinisation” de la presse française et en route! Je veux dire que tout ce qui est gênant pour le micro président doit être supprimé. Pour preuve entre autres la suppression d’ arrêt sur images, quelle ne fut ma surprise de voir la tranche du soit disant journaliste Calvi à la place de cette dernière émission. A coté de” c dans l’air” l’émission de Calvi la Pravda était du pipi de chat, cet homme n’a aucune déontologie»

Et celle d’un autre lecteur, Roger : 
« Journaliste en danger de mort

Quelle dérision. Les journalistes français ne sont pas capables de résister aux pressions. Pourtant, ils ne perdraient au pire que leur train de vie. Pendant ce temps dans d’autres pays, de nombreux journalistes risquent leur vie. Où sont les vrais journalistes en France ?  »

La première fait allusion à Poutine et ce n’est pas la première fois que je relève cette référence tout à fait irrationnelle, ce lecteur a bien de la chance de vivre en France et de pouvoir……s’exprimer où il veut, comme il veut et quand il veut !

La deuxième réaction beaucoup plus mesurée montre bien la réalité française et souligne les réelles difficultés des journalistes à travailler dans certains pays.

La réalité est que les problèmes de la presse sont avant tout  économiques, les journaux se vendent de moins en moins, internet ayant faussé les schémas classiques d’informations, entraînant effectivement des pressions diverses sur des journalistes soucieux  de l’avenir de leur journal, mais aussi de leur propre avenir.

Vouloir transformer ces difficultés sur le plan politique ne résoudra sûrement pas cette crise, mais contribuera certainement à accentuer la défiance que de nombreux lecteurs ont vis- à -vis de ces journalistes.

Notre société est tellement sécurisante, tellement encadrée que toutes les occasions sont bonnes pour se faire peur à bon compte. Il serait bon de regarder ce qui se passe dans certains pays afin de retrouver un peu de bon sens.

Motpassant

juin 27, 2007

C’est à cette époque….

Classé dans : Non classé — motpassant @ 3:31

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……………..C’est à cette époque, que je me mis à lire. Dans la bibliothèque du centre, je pouvais trouver toutes sortes de littératures. Le toucher des livres, l’odeur, les mots me grisaient et le commencement d’une lecture m’emplissait de bien-être. J’y trouvais le repos, l’évasion. J’y trouvais également une certaine compensation au fait que je n’avais pas fait d’études.

L’école n’avait pas su me communiquer le goût de l’étude ou peut-être étais-je trop perturbé par l’ambiance familiale, mais je n’y ai trouvé au cours de ces quelques années que l’ennui. Je ne souhaitais que la fin des classes pour m’échapper avec mes camarades, mes parents ne s’occupant pas de mes devoirs.

J’avais un oncle, dans le village, qui sans me le dire, m’avait abonné au magasine ” Sélection du Reader Digest “. C’est ce magasine, composé d’extrait de livres ou de revues, parsemée d’anecdotes, qui peu à peu, m’a donné envie de lire et surtout m’a ouvert au monde. Cette revue avait sur moi, le pouvoir ” magique” de me transporter vers des contrées lointaines. Cet oncle me permettait, à son contact, de sortir de l’atmosphère familiale. Il était ouvert à tout et il arrivait toujours avec un conseil, “Il faut boire un jus de citron, tous les matins,” disait-il, ce qui était pour nous le comble de la nouveauté, dans ces années soixante !

Il avait été torturé dans les camps, pendant la guerre, les nazis lui avaient fait subir des expériences médicales. Il n’avait que 17 ans. Comme beaucoup, seul un miracle, l’a laissé vivant à la sortie de la guerre. Il ne pouvait plus avoir d’enfants et notre famille nombreuse, je suppose, lui permettait de compenser son manque. Il était fossoyeur ce qui me fascinait, on ne pouvait imaginer cet homme à l’allure distinguée en train de creuser une tombe, il y avait un réel décalage entre l’homme et la fonction.

Pourtant, il exerçait ce métier, sans réticence, avec aisance et il m’est arrivé, plusieurs fois de le rejoindre sur une tombe dont il dégageait les os avec une telle aisance et un tel détachement que cette image est restée à jamais gravée dans ma mémoire. Maintenant, disparu, victime de ses tortures, il me manque. J’aurais voulu être plus âgé, pour mieux le percevoir.

 

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Au foyer, la bibliothèque, qui servait de bureau également au prêtre était une grande pièce en désordre. De nombreux livres s’éparpillaient sur une jolie table de ferme. Au mur, un tableau, un tableau de Georges de la Tour, imprégnait la pièce, par ses ombres et lumières. En fait, ce tableau était en cours d’expertise depuis des années, mais il est vrai que le style intimiste dont les thèmes étaient souvent religieux, faisait penser à ce peintre lorrain du 17 ième siècle. Le prêtre passait la plupart du temps à son bureau, essayant de trouver de généreux donateurs, afin de faire vivre sa communauté. C’était un homme très fort, rougeaud, impressionnant, entrant parfois dans des colères soudaines. Il lui arrivait souvent de fustiger ses paroissiens, en chaire, lors de la messe du dimanche, à laquelle nous étions obligés d’assister. Il portait la soutane traditionnelle et le chapeau. Issu, d’un milieu bourgeois, il vivait, chichement dans une seule pièce.

Il publiait, tous les mois un bulletin paroissial à ses frais et parfois il me permettait de participer à sa rédaction.

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Une grande étagère occupait tout un pan de mur, elle était surchargée de livres divers, beaucoup sur la religion, mais aussi de nombreux romans, récupérés par-ci, par là. J’y avais trouvé refuge. Il ne se passait pas un jour sans que je ne fouille, espérant trouver le livre qui m’emmènerait loin, par delà ces montagnes vosgiennes. Le premier livre qui me fit vibrer fut le livre de John Knitell, Via Mala. C’était un livre de poche assez usagé, qui relatait l’histoire d’une famille de scieurs de bois dans le canton des Grisons en Suisse aux environs de 1930, histoire tragique dans laquelle le père tyrannique est finalement éliminé par ses enfants. Cette histoire, évidemment, se rapprochait, par certains côtés du parcours de tous les jeunes gens du foyer. En 500 pages, cet auteur décrit jour après jour, l’enfer que cet homme alcoolique fait subir à sa famille et surtout à son fils aîné. J’étais l’aîné dans ma propre famille et cette narration bien des années après me faire toujours frémir. Un film a été fait d’après le livre, mais il n’exprime pas autant l’intensité dramatique des personnages que dans le livre. ……….

Motpassant

juin 26, 2007

Espoir….

Classé dans : Non classé — motpassant @ 12:13

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Souvenirs d’une époque où la force de vivre ne pouvait s’alimenter autrement que par l’espoir d’un ailleurs…….

………..Puis les années passent. Le paysage vosgien m’apporte parfois le calme et le repos. Les grands sapins oscillent doucement, tels des mâts de bateaux. L’hiver, ils se couvrent de givre, semblent souffrir, à l’image des biches hardies qui viennent boire à la rivière. Cette vallée isolée se peuple alors de nombreux skieurs, apportant la ” civilisation “. Notre maison accueille les vacanciers, c’est ce qui nous fait vivre. Une partie des jeunes gens est chargée du service et c’est pour eux, un grand honneur. Ils viennent tous de l’Assistance Publique soit directement, parce qu’ils étaient orphelins soit sous la responsabilité de celle-ci.

Il y a Kevin, le petit Kevin, les yeux clairs, les cheveux en bataille. Il ne voit ses parents qu’une fois par an, pourtant, ceux-ci sont en permanence dans son esprit, l’absence a créé, chez ce jeune garçon, une sublimation compensatrice. Et puis, il y a tous les autres, ballottés de foyers en foyers, de familles en familles, cherchant en permanence des repères. J’ai eu, pendant trois ans, la responsabilité de ce groupe d’enfants, d’âge scolaire. A peine plus âgé qu’eux, ayant abouti dans cette maison dans les mêmes conditions qu’eux, je ressentais au plus profond de moi, cette quête de tendresse, d’amour, dans leurs yeux souvent tristes. Ce fut pour moi, malgré le travail que représentait la gestion de la vie quotidienne de ces enfants, une période d’épanouissement, de calme.

Où es-tu, petit Yvon, qu’es-tu devenu, toi dont le corps, souvent se révoltait. Tes colères exprimaient toutes tes demandes et je souffrais de ne pas suffire. Toi aussi, tu vénérais des parents qui t’avaient abandonné. Mais tu parlais de ta famille, comme si elle était là, présente, autour de toi. Tu n’étais dans cette maison, qu’en attendant. Tu attendais le futur, comme on attend une bouée de sauvetage. Tu voulais rejoindre le rivage. L’as-tu fait ? Je l’espère de tout coeur.

Et puis, il y avait les adolescents, dont je faisais partie. Une bande hétéroclite, bruyante. Quand on fait du bruit, on n’entend pas ce qui se passe dans la tête. Ils avaient tous un emploi, dans la ville voisine, l’époque était au plein emploi. Grâce à cela, la vie de ces jeunes gens prenait forme et déjà on pouvait distinguer ceux qui allaient s’en sortir et ceux qui irrémédiablement, ne pouvaient sortir de leur mal-être. Ces derniers, ne pouvaient, ne savaient pas comment prendre le train en marche, ils restaient sur le quai, spectateurs de leur propre malchance.

Je pense à toi, Michel, à l’heure actuelle, à la rue. Pourtant, tu étais éveillé, ouvert. Nous t’avons entouré. Tu étais sportif, la possibilité de devenir footballeur professionnel, t’as été offerte, mais tu l’as rejetée, préférant la spirale qui t’aspirait.

Pourtant, tu as rencontré une femme dynamique, qui t’as soutenu, pendant des années. Tu as eu deux enfants. Mais il y avait sûrement quelque chose de cassé en toi, qui faisait que tu n’intégrais pas les marques de soutien, que tu as pu avoir. Que deviens-tu ? J’ai appris que tu étais SDF. Toute volonté a dû t’abandonner, à l’image des jours où tu ne voulais pas te lever, malgré mes demandes. Trouvais-tu l’oubli, dans ce sommeil ? Sûrement.

Et toi, Franck, dont le courage forçait mon admiration. Tu étais là. Ta présence me suffisait. Toi, tu n’as pas sombré, bien au contraire………

Motpassant

juin 25, 2007

Blog de…gauche ou blog de…droite

Classé dans : Non classé — motpassant @ 3:22

Les blogs ont-ils connu la gauche au pouvoir ? Ou les blogs sont-ils de gauche ? Voilà la question, qui vous le conviendrez est d’une extrême importance, je dirais même plus vital ! Avant 2002, les blogs existaient-ils ? Après des recherches intenses, j’ai pu constater qu’évidemment, c’est aux Etas-Unis où, l’on trouve les premiers blogs à la fin des années 1990. Les premiers blogs francophones voient le jour au Canada en 1995 et il faut attendre 1999 pour Blogger et 2002 pour Skyblog.Donc, après avoir fait ces constatations, lesquelles me direz-vous ne peuvent être faites que par quelqu’un qui n’a rien d’autre à faire, j’en déduis que les blogs n’ont pas connu la gauche au pouvoir.Et alors me direz-vous encore quelle importance ?

Il est vrai que cette constatation n’en a pas beaucoup mis à part que j’ai constaté que la grosse majorité des blogs est de gauche. Si, si, je ne peux évidemment pas les compter, mais pencher vous sur la question vous verrez que les blogs de droite sont l’exception parmi la multitude des blogs qui ont une sensibilité de gauche.

A ce stade, je me demande si cela vaut le coup de continuer ma réflexion, mais après tout, tant que j’y suis, autant aller jusqu’au bout et vous livrer la question que je me suis posé brutalement ce matin, cette question est : si la gauche était au pouvoir, est-ce qu’il y aurait à l’inverse plus de blog de droite que de gauche ?

En fait, pour la première fois les blogs ont permis à une population ne se sentant pas représentée par la classe politique dirigeante de s’exprimer et compenser ainsi cette frustration. Et cette nouvelle « liberté » a probablement accentué l’impression de rejet de la majorité en place, d’autant plus que ce média a permis de donner des avis sur tous les sujets sans en avoir forcément la maîtrise. Ce rejet pouvant ainsi se manifester, tranquillement de chez soi, sans avoir besoin d’adhérer à un parti, sans se déplacer et ce en tout anonymat.

Alors on pourrait se dire que ce phénomène est finalement positif, qu’il apporte sa contribution au débat, sauf que, d’après moi bien sûr et je ne détiens pas la vérité, il ne s’agit en aucune façon d’un débat. Il suffit, dans la plupart des cas, de mettre un commentaire en opposition avec l’auteur pour provoquer des réactions qui sont tout sauf un dialogue. Si bien que chacun reste campé sur ses positions, persuadé de la qualité de sa vision de la société, du bien-fondé de ses perceptions et gare à celui qui n’est pas sur la même ligne. D’autant plus que les mots d’un blog ne sont pas les mots de « la vraie vie », leur interprétation est source de malentendu. La notion d’écoute qui peut exister entre deux personnes face à face n’existe pas.

Ne faut-il donc pas parler de politique sur les blogs ? J’étais commerçant et la règle chez les commerçants était de ne jamais parler de politique au risque de perdre des clients. Or il se trouve que j’ai perdu des lecteurs de mon blog à cause de mes opinions politiques et ce à mon grand désarroi. Des gens intéressants, cultivés, dotés d’un bon sens de l’humour sont devenus soudain des adversaires féroces en face desquels il n’était plus possible d’argumenter sans rajouter encore à la situation. Et la sanction suprême était alors la suppression de la blog-roll ! Il n’y a qu’à aller sur Agoravox, plate-forme à grande ambition, je suis ironique en disant cela, pour se rendre compte de l’indigence des commentaires.

J’en reviens donc à mes blogs de gauche ou de droite et j’en viens à attendre impatiemment l’alternance pour voir si, alors, les blogs de droite seront aussi virulents que les blogs de gauche. Pour être honnête, je ne me fais pas d’illusion, à moins d’un miracle, le même phénomène se reproduira, mais en sens inverse.

Je dois dire pour être objectif que les quelques blogs qui s’affichent de droite ne sont pas en reste pour stigmatiser la gauche, mais ils sont très minoritaires.

Je ne suis pas sûr que mes digressions soient d’une grande hauteur d’esprit, mieux vaut les prendre au second degré. Mais cependant je dois dire que le contenu de certains blogs, au cours des derniers mois m’a profondément choqué. Car, à quoi sert un blog si on ne peut échanger, les blogs sont fait pour être lu et donc pour provoquer des réactions parfois contraires à ce qu’on a écrit, il faut donc l’accepter.

Motpassant

juin 24, 2007

Le blog de Pierre Rabhi

Classé dans : Non classé — motpassant @ 4:12

Une marguerite cultivar « Pink whirls » (Osteospermum). (résolution réelle 3072×2304)

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Une marguerite cultivar « Pink whirls » (Osteospermum).
 

Ce texte extrait du blog de Pierre Rabhi exprime avec précision et talent la manière dont je tente, souvent avec insuccès de gérer ma vie. Il est des hommes comme lui qui en quelques lignes savent reproduire des sentiments profonds. Je vais de temps en temps sur son blog et je suis admiratif de la sagesse de cet homme. Alors je sais que d’aucun diront que ce discours est angélique, que la réalité quotidienne implique de se battre pour atteindre un certain niveau de vie. Nombreux sont ceux qui, en raison de leur lutte quotidienne ne peuvent que subir leur condition mais c’est pourtant souvent au sein de cette population que l’on trouve la sagesse et le bon sens. Car, réfléchir à sa condition d’être humain, à sa présence sur la planète est en fait une richesse.

Toute ma vie professionnelle s’est faite dans le bio, dont j’ai été un pionnier dans le pain et les rencontres que j’ai eu l’occasion de faire ont toujours été enrichissantes parce que j’ajoutais un produit à grande valeur symbolique dans leur quotidien. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler dans ce blog, je n’y reviens pas mais je sais que je fais toujours partie de la vie de mes clients. Quel que soit le domaine où l’on travaille, il faut être conscient que l’on fait partie d’un tout, que chacun apporte sa pierre à l’édifice. Pour cela il faut rétablir le dialogue au sein des entreprises, à travers les générations et cela ne peut se faire que par la volonté de chacun et ne sera surtout pas apporté par la politique. Être fier de son travail, est-ce utopique ?

Pardon pour la longueur du billet.

<<Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant qu’elles vont changer la société. La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion. Chacun doit travailler en profondeur pour parvenir à un certain niveau de responsabilité et de conscience et surtout à cette dimension sacrée qui nous fait regarder la vie comme un don magnifique à préserver. Il s’agit d’un état d’une nature simple : J’appartiens au mystère de la vie et rien ne me sépare de rien. Je suis relié, conscient et heureux de l’être.

C’est là que se pose la question fondamentale : qu’est-ce que vivre ? Nous avons choisi la frénésie comme mode d’existence et nous inventons des machines pour nous la rendre supportable. Le temps-argent, le temps-production, le temps sportif où l’on est prêt à faire exploser son cœur et ses poumons pour un centième de seconde… tout cela est bien étrange. Tandis que nous nous battons avec le temps qui passe, celui qu’il faut gagner, nos véhicules, nos avions, nos ordinateurs nous font oublier que ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons. Nos cadences cardiaques et respiratoires devraient nous rappeler à chaque seconde que nous sommes réglés sur le rythme de l’univers.

L’intelligence collective existe-t-elle vraiment ? Je l’ignore mais je tiens pour ma part à me relier sur ce qui me parait moins déterminé par la subjectivité et la peur, à savoir l’intelligence universelle. Cette intelligence qui ne semble pas chargée des tourments de l’humanité, cette intelligence qui régit à la fois le macrocosme et le microcosme et que je pressens dans la moindre petite graine de plante, comme dans les grands processus et manifestations de la vie. Face à l’immensité de ce mystère, j’ai tendance à croire que notre raison d’être est l’enchantement. La finalité humaine n’est pas de produire pour consommer, de consommer pour produire ou de tourner comme le rouage d’une machine infernale jusqu’à l’usure totale. C’est pourtant à cela que nous réduit cette stupide civilisation où l’argent prime sur tout mais ne peut offrir que le plaisir. Des milliards d’euros sont impuissants à nous donner la joie, ce bien immatériel que nous recherchons tous, consciemment ou non, car il représente le bien suprême, à savoir la pleine satisfaction d’exister.

Si nous arrivions à cet enchantement, nous créerions une symphonie et une vibration générales. Croyants ou non, bouddhistes, chrétiens, musulmans, juifs et autres, nous y trouverions tous notre compte et nous aurions aboli les clivages pour l’unité suprême à laquelle l’intelligence nous invite. Prétendre que l’on génère l’enchantement serait vaniteux. En revanche, il faut se mettre dans une attitude de réceptivité, recevoir les dons et les beautés de la vie avec humilité, gratitude et jubilation. Ne serait-ce pas là la plénitude de la vie ?>>

Motpassant

juin 23, 2007

Rock’n Roll

Classé dans : Non classé — motpassant @ 12:03

La Fondation Cartier propose du 22 juin au 28 octobre une exposition consacrée au début du rock’n Roll ” 39-59″. C’est l’occasion pour moi comme pour beaucoup de revivre une période empreinte  d’insouciance et de gaité. Ce genre de musique que les anciens de l’époque voyait comme une musique de ” blousons noirs ” a conservé toute sa magie, tout son dynamisme, malgré les années.

L’exemple de Buddy Holly est la symbolique même de l’importance de ce mouvement. En une période de 18 mois, il est mort dans un accident d’avion, il a su imposer sa musique et devenir une référence incontournable pour ses successeurs comme les Beatles ou les Rolling Stones. On lui prête cette citation : “Si quelqu’un vous demande quel genre de musique vous jouez, dîtes lui “pop”. Ne lui dîtes pas “rock’n roll” ou personne ne vous laissera entrer dans votre hôtel.”

Bill Halley par ses démonstrations spectaculaires au piano fait partie de ces personnages excentriques. Il a commencé à chanter en 1948 mais fut connu dans les années 50-54. Sa chanson la plus connue est ” Rock Around the Clock “. Il est mort en 1981.

Chuck Berry est mon préféré, peut-être est-ce parce j’ai eu l’occasion de le voir deux fois en France, mais surtout parce qu’il représente une période bien particulière de ma vie dans les années soixante. Il est considéré comme l’inventeur du Rock’n Roll aux aux côtés de Little Richard, Fats Domino, Jerry Lee Lewis et Elvis Presley. Ses attitudes sur scène furent reprises par de nombreux groupes. Il a eu une vie pour le moins sulfureuse mais à 80 ans il gère tranquillement sa fortune. Pour ma part je ne peux entendre sa voix sans frissonner, tous ses morceaux de musique furent des succès à l’image de ” Carole ” ” Menphis Tennesse ” Rock and Roll Music ” ” Sweet Lttle Sixteen ” ou ” Johnny B. Goode “.

Il y avait aussi Little Richard, plus tourné vers le blues à la voix déchirante. Alors qu’en 1957 il avait tout arrêté, les Rolling Stones l’ont persuadé de chanter à nouveau ce qu’il fait encore à ce jour.

Et encore Fats Domino, figure majeure du rythm’n’blues et du rock. Les Beatles lui rendent un hommage avec leur titre « Lady Madonna » qui évoque le style boogie-woogie du pianiste. En 1987, il reçoit un Grammy Awards pour le récompenser de l’ensemble de sa carrière. Il a maintenant 79 ans.

Et puis bien sûr Elvis Presley. Il reste celui qui en a fait la grande musique populaire de la deuxième moitié du 20ème siècle, l’idole de plusieurs générations de musiciens et de mélomanes. Ses interprétations sont restées des modèles du genre et peu de gens, surtout parmi ceux qui le discréditent, peuvent prétendre lui arriver à la cheville, malgré les moments ridicules de sa carrière. En 1956 il sort  : « Heartbreak Hotel », « Hound Dog », « Blue Suede Shoes » (de Carl Perkins), « Don’t Be Cruel » (d’Otis Blackwell) ou le slow « Love Me Tender » (tiré de son premier film, un western du même nom) sont des pierres angulaires du rock, qui seront repris un nombre incalculable de fois. En 1960 à son retour du servive militaire qu’il effectue en Allemagne, il éprouve des difficultés à reprendre le cours de sa carrière, d’autres courants musicaux ont vus le le jour, la jeunesse a d’autres préoccupations mais il persiste dans ce qu’il sait faire le mieux et entre 1965 et 1975 il renoue avec le succès. From Memphis In Memphis », qui reste peut-être son meilleur album, et obtient un succès planétaire avec les 45 tours « Suspicious Minds » et « In The Ghetto ». On le découvre aussi poignant quand il dénonce le racisme et l’exclusion que quand il chante l’amour. Et, fort de ce nouveau prestige, il acquiert à jamais son surnom : The King. Le 16 août 1977, alors qu’une nouvelle révolution, le punk, est en train d’agiter le rock, on apprend une nouvelle prévisible : le Roi est mort, d’une probable overdose de médicaments.

 Motpassant

juin 22, 2007

Une vie

Classé dans : Non classé — motpassant @ 4:42

Au fil de mes billets vous avez dû remarquer que je fais souvent allusion à l’âge. C’est un défaut dont on me fait parfois le reproche. Les lieux communs ne manquent pas pour évoquer l’image de la vieillesse et j’ai du mal à me faufiler parmi ceux-ci pour exprimer la grande tendresse et la plus profonde émotion que représente pour moi ce stade de la vie. Et c’est dans la plus grande naïveté consentante que j’essaie d’imaginer comment peut-on accumuler autant de sentiments, autant de rencontres, autant d’interrogations.

Alors, je sais bien que les choses arrivent progressivement, que le temps sournoisement accompli son oeuvre et que l’on doit assimiler jour après jour les surprises de la vie. Je sais tout cela, mais la rencontre d’une personne âgée provoque toujours chez moi une certaine avidité de savoir, de connaître le chemin emprunté, de puiser égoïstement des ressources pour mon avenir et tout cela avec une émotion telle qu’il m’arrive de ne pas retenir mes larmes.

Souvent s’installe des moments de silence, peut-être est-ce parce qu’il est vain de prononcer des paroles qui ont sûrement été souvent prononcées ou est-ce de la pudeur, ou est-ce un retrait volontaire. Il faut souvent insister pour découvrir telle ou telle période, comme un livre dont les pages auraient été collées. Mais aussi parfois les yeux s’éclairent et la parole se répand sur l’auditoire comme une vague venue du fond de l’océan. Puis le silence revient parce que souvent l’émotion est trop forte, pudiquement on change de sujet, mais on sait que malgré tout on a fait revivre un épisode pourtant enfoui depuis longtemps parmi tant d’autres.

Quand l’âge est venu de profiter des jours, qu’il n’y a plus d’obstacles, quand il n’y a plus qu’à vivre son destin alors on se fait à l’idée que la mort n’est pas loin, mais elle n’entame pas la volonté de vivre au contraire car, on a accepté l’inéluctable.

Motpassant

juin 21, 2007

Je ne m’y fais pas !

Classé dans : Non classé — motpassant @ 11:34

 Smic à 1500 euros, généralisation des 35 heures, ce sont des idées qui ne sont pas crédibles pas cohérentes avec le projet socialiste. Voilà ce qu’a déclaré Ségolène Royal.

La suite de l’article est dans la même ligne.

Cependant je voulais relever cela, non pas pour ajouter à la polémique, mais pour stigmatiser le fait qu’un personnage politique s’arroge le droit de mentir à des millions de français. Dans ce cas c’est d’autant plus grave que ce message s’adresse à une partie de la population qui souffre d’un manque de pouvoir d’achat et qui mettait tous ses espoirs en la parole de la candidate.

Une fois de plus la preuve est faite que le cynisme s’est immiscé dans les esprits et que rien ne peut stopper l’ambition d’une personne qui prétend recueillir le suffrage des mêmes personnes qu’elle trompe délibérément.

Mais ce qui me surprend le plus c’est que malgré ces révélations des millions de personnes continueront à suivre les yeux fermés, continueront à croire aux promesses, continueront à se laisser berner. Comment cela est-il possible ? Par quelle alchimie une population devient soudain amnésique ?

Elle a parlé de morale dans sa campagne, au cours du débat avec Sarkozy alors qu’elle savait qu’elle mentait,

Quand sera venu le temps où les gens descendront dans la rue pour dire aux politiques que l’on ne doit pas les prendre pour des imbéciles.

Mentir n’est-ce pas une chose grave ? On apprend aux enfants à ne pas mentir.

J’en suis vraiment à me demander si cette femme est consciente de ce qu’elle fait ou si, plus grave, elle fait preuve d’arrogance, de mépris vis-à-vis de ses compatriotes.

Je dois être un grand naïf et probablement que je ne devrais pas m’étonner de cette situation, je devrais me dire que le monde d’aujourd’hui est comme ça, qu’il faut faire avec mais je n’y arrive pas. La subjectivité est de mise, les comportements sont fluctuants et tout cela au détriment de la sincérité ou du moins de la recherche de l’écoute de l’autre.

Faut-il se taire et laisser faire ?

Et à la suite de ces réflexions comment peut-on encore faire confiance à ce que l’on nous promet. Par nature je serais tenté d’espérer, mais par expérience je doute beaucoup sur la sincérité d’une part et sur la réussite des mesures d’autre part. Cependant je n’ai pas la solution, alors peut-être une fois de plus faut-il attendre en courbant les épaules pour que cela ne nous retombe pas dessus.

Motpassant

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